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Fondé en région parisienne en 2014 autour de Jérôme Thellier, BORN FROM LIE s'est d'abord construit une identité à la croisée du Heavy Metal mélodique, du Hard Rock et d'accents plus agressifs.
Le groupe publie un premier album éponyme en 2014, suivi par "The promised land" en 2016, puis de "The new world order Part I" en 2018. Au fil de ces sorties, l'écriture gagne en ambition, les arrangements se densifient et les thématiques s'assombrissent progressivement.
Après la sortie du troisième opus, l'aventure s'interrompt lorsque Jérôme Thellier et Pascal se consacrent au projet JIRFIYA avec la chanteuse Ingrid Denis.
Après la fin de cette parenthèse et plusieurs années de silence, Jérôme décide finalement de relancer BORN FROM LIE afin de concrétiser une vision plus personnelle et plus sombre de son univers musical.
Il en résulte l'album "Into madness", qui sort le 6 novembre 2026. Les compositions et les textes sont signés Jérôme Thellier, avec des arrangements de cordes réalisés par Coline Verger et Quentin Fauré.
Ce nouvel opus est enregistré, mixé et masterisé par Andrew Guillotin. Le line-up présent sur le disque repose autour de Jérôme Thellier, accompagné des invités Jesse Haddad (Batterie), Coline Verger (Violon) et Quentin Fauré (Violoncelle).
Musicalement, "Into madness" démarre sur un pavé de 11'29. Cela démontre l'ambition du combo. Le morceau avance comme une lente descente dans les zones les plus sombres de l'esprit humain, alternant passages calmes à d'autres plus nerveux, chant clair et limpide à du plus caverneux, ambiances variées... une belle pièce, que dis-je, une fresque parfaitement construite, à la fois sombre et lumineuse, aux poussées métalliques et arrangements de cordes qui renforcent son aspect cinématographique. Et malgré la longueur de ce titre, on ne s'ennuie jamais.
Le style gagne ensuite en impact avec "With impunity", plus direct et nerveux, avant quelques passages plus sombres, amplifiés par les nappes de violons prenantes, tristes et sombres.
Puis "Doors of hell" se présente, développant une tension perceptible, portée par un travail mélodique particulièrement soigné. Les changements d'ambiances y sont prépondérants. Les aspects musicaux changeants, passant du agressif au plus hargneux, et toujours des guitares omniprésentes alignants leurs gammes agressives.
L'équilibre entre agressivité et sens de la mélodie reste l'une des grandes forces des compos de cet album, notamment sur "Battlefield", où l'intensité des émotions est à son sommet, avant "Our darkest hour" s'impose comme l'un des moments les plus cinglants. Le titre aborde la guerre sous un angle peu fréquent, en se concentrant sur les mères qui voient partir leurs enfants... Cette dimension émotionnelle apporte une profondeur supplémentaire à une composition déjà solide.
L'univers de BORN FROM LIE est à la fois sombre, cinglant et triste, aussi bien dans les thèmes abordés que dans la musique proposée. Mais il dégage aussi une lueur... Cet univers est parfaitement retranscrit. Poignant. Touchant...
La suite maintient le niveau avec "Just a child", qui démarre en douceur, façon ballade, dans une émotion poignante à filer le frisson, avant de continuer dans sa seconde moitiée dans une énergie plus démonstrative.
"Merchandise of flesh dévoile un visage plus aéré mais tout aussi poignant, avant un "If I fall" qui clôt l'ensemble avec une intensité maîtrisée, laissant derrière lui une impression de résignation mêlée d'espoir.
Cet album est particulièrement touchant dans son approche, sans doute l'œuvre la plus personnelle et la plus mature de Jérôme Thellier. L'album privilégie les atmosphères, les montées en tension et une approche narrative qui colle au thème central : donner une voix aux oubliés, aux opprimés et à ceux que personne n'écoute.
Là où certains albums mélodiques contemporains tombent dans la facilité ou l'excès de sucre, "Into madness choisit une voie plus exigeante. Sa richesse demande plusieurs écoutes et certaines compositions auraient gagné à être légèrement resserrées, mais cette ambition fait aussi sa personnalité.
Plus qu'un simple retour nostalgique, BORN FROM LIE signe ici un album sincère, sombre et habité, qui donne le sentiment d'entendre enfin Jérôme Thellier parvenir au son qu'il recherchait depuis plusieurs années.
Un comeback convaincant, porté par une véritable vision artistique plutôt que par la simple envie de raviver un nom du passé.
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