France Metal Museum : Hard-Rock et Metal français

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Pochette CAPHARNAÜM
"Capharnaüm"
1982
(Baccara International)



Discographie

Capharnaüm (K7 1980)
Hard Rock (SP 1981)
Capharnaüm (LP 1982)

Si grâce à son premier 45 tours paru en avril 1981, CAPHARNAÜM a pu décrocher des passages radio (dont RMC) et obtenir de bons retours dans la presse spécialisée, le groupe n'en oublie pas pour autant de se produire régulièrement sur scène avec en point d'orgue la première partie du groupe BIJOU dans le Gers en septembre 1981.

L'année 1982 voit les auscitains continuer à arpenter les scènes, avec notamment la première partie de Little Bob, leur permettant de roder leurs compositions en vue de l'enregistrement d'un premier album qui débute en décembre.

Toujours constitué des frères Caussade, Jean-Dominique (chant, guitare) et Patrice (guitare), accompagnés du bassiste Jean-Pierre Despax et du batteur Gérard Vitrat, le quatuor sort son premier long format éponyme en mai 1983 via le label Baccara International.

Le titre d'ouverture de l'album n'est pas inconnu des fans puisqu'il s'agit de "We shall wait till you die" déjà paru en 1981 sur le 45 tours.

Mais les gars en ont fait une nouvelle version et la différence est particulièrement flagrante au niveau du chant qui, s'il rappelait Steven Tyler (Aerosmith) sur le 45 tours, s'avère plus propre et aigu sur cette nouvelle version où l'on pense plus à Klaus Meine (Scorpions).

Je n'avais pas forcément été emballé par ce titre en 1981 (la face B du 45 tours me semblant plus convaincante) et je ne le suis pas plus un an plus tard d'autant plus que la mise en son dessert carrément le groupe.

En effet, la voix de Jean-Dominique Caussade est mise très en avant au détriment de la musique et en particulier de ses parties de guitares et de celles de son frangin (éléments pourtant essentiels dans le Hard Rock) bien trop en retrait dans le mix.

Le même constat est de mise pour la section rythmique pour laquelle la mise en son ne rend pas justice aux parties de batterie subtiles de Gérard Vitrat, tandis que la basse est beaucoup plus audible, ce qui permet certes de profiter au mieux du jeu élaboré de Jean-Pierre Despax mais créé un réel déséquilibre.

Le titre suivant "My love paint in black" ne fait que confirmer ces carences sonores !

En effet, le solo de guitare introductif voit le volume monté d'un cran mais quand les autres musiciens entrent dans la danse, les mêmes constats que sur le morceau introductif prévalent et réduisent nettement l'impact de ce second titre.

Et c'est très dommageable, car cette composition est tout bonnement excellente avec un riff et un refrain efficaces, une basse flamboyante et des roulements de batterie superbes qui confirment toute la qualité des gersois.

Le postulat est clair, il va falloir s'affranchir des défauts sonores d'une production maladroite (pour ne pas dire catastrophique) afin de profiter au mieux de cet album.

Mais le jeu en vaut la chandelle, car outre les deux titres déjà cités, ce premier opus recèle d'excellents morceaux de Hard Rock tel qu'il se pratiquait à l'époque.

L'influence de Scorpions est particulièrement prégnante et ce n'est pas le 3ème titre, la power ballade "Take a last chance", qui saurait me faire mentir avec ses jolis arpèges en son clair pour accompagner la magnifique voix de Jean Dominique.

Un art de la ballade made in Hanovre que l'on retrouve en face B sur "The queen of your lies" où les gersois incluent un break Reggae qui rappelle immanquablement le "Is there anybody there" des teutons sur l'album "Lovedrive".

Une couleur Reggae que l'on retrouve de manière plus exacerbée sur le titre "Simple teenager" où il convient de savourer la créativité de Jean-Pierre et de Gérard dont la batterie et la basse, en s'écartant des schémas conventionnels, sont un pur régal auditif.

Mais qu'on ne se méprenne pas, les auscitains savent aussi faire parler la poudre et des morceaux tels que "New times roll" et "Rock'n'roll day" aux tempi élevés et à l'énergie quasi Punk qui ne laisseront pas indifférents les purs Hard Rockers.

Là encore, l'influence Schenker / Meine est présente (on pense à ces petites speederies présentes sur leurs premiers albums) avec ce contraste jouissif et saisissant mariant sans vergogne la voix mélodieuse de Jean Dominique et l'âpreté de la musique.

Ces deux morceaux sont clairement taillés pour la scène avec une énergie débordante et des refrains simplistes, mais le quartet ne se contente jamais du strict minimum et sait à chaque fois proposer des arrangements tarabiscotés (souvent en provenance de la section rythmique) qui rendent ses compositions intéressantes.

Ainsi un titre comme "The loving square" qui s'inscrit dans la lignée des 2 morceaux précédemment cités en terme d'énergie, se voit magnifié par des parties de basse et de batterie superbes, mais se pare aussi d'une couleur Rock'n'roll presque Rockabilly (sentiment renforcé par un solo de guitare à l'avenant).

Le combo sait aussi varier les tempi au sein d'un même morceau comme c'est le cas sur "Better sell my soul" un titre mid tempo sur les couplets, qui s'énerve sur les refrains pour un jeu de montagnes russes plutôt efficace.

L'album s'achève en apothéose sur un "Teenage fightings" du plus bel effet qui démarre pied au plancher, dans le plus pur style d'un Motörhead sous amphétamines, avec un Gérard en feu derrière sa batterie qui prend les commandes de la composition et varie à l'envi les tempi.

Le refrain est redoutable tant musicalement que vocalement, le solo dépote sévère avant un break final du plus bel effet qui monte crescendo en intensité, dans un style qui rappelle qui vous vous doutez pour ce qui constitue mon morceau préféré de l'album.

Au final, vous l'aurez compris, pour apprécier cet album à sa juste valeur, il vous faudra en premier lieu faire fi d'une mise en son pas à la hauteur, mais une fois cette difficulté intégrée vous pourrez profiter d'un excellent album de Hard Rock tel qu'il se pratiquait en France dans les 80's.

Bien sur l'influence de Scorpions est flagrante, mais il faut plutôt y voir un gage de qualité tant les Allemands marchaient sur l'eau en 1982.

Un autre point positif de cet album réside dans l'excellent niveau des musiciens, avec en particulier le chant de Jean Dominique Caussade et la subtilité de la section rythmique qui reste constante tout au long de l'album.

En conclusion, j'affirmerai que tout fan de Hard Rock français des années 80 se doit de posséder ce disque dans sa collection, quand bien même il est très difficile de le trouver à un prix abordable.

Et à ce sujet, si un label avait la bonne idée de se pencher sur une belle réédition remasterisée et, plus idéalement encore, remixée (tant le bât blesse sur ce point précis), ce serait là le meilleur moyen de rendre justice à CAPHARNAÜM qui le mérite amplement.

En plus avec la démo K7 (parue en 1980) et le 45 tours, il y a moyen de réaliser un joli packaging.

L'idée est lancée, y'a plus qu'à...
Chronique par Lolo36
Mars 2024

01 - We shall wait 'til you die
02 - My love paint in black
03 - Take a last chance
04 - New times roll
05 - Rock 'n' Roll day
06 - Simple teenager
07 - The loving square
08 - The queen of your lies
09 - Bitter sell my soul
10 - Teenage fightings

Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles ICI Cliquez pour ajouter les paroles

Musiciens : Jean Dominique Caussade (Chant/Guitare), Patrice Caussade (Guitare), Jean-Pierre Despax (Basse), Gérard Vitrat (Batterie)


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