DARKTRIBE – The modern age (2015)



CHRONIQUES


Pochette du "The modern age" (2015) de DARKTRIBE

DARKTRIBE

"The modern age"

2015

(Scarlet Records)

Discographie

Natural defender (2009)
Mysticeti Victoria (2012)
The modern age (2015)
Voici l'homme (2020)
Forgotten reveries (2025)

Formé à Nice en 2009, le quatuor DARKTRIBE est de ces groupes français qui ont abordé le Power Metal mélodique avec une ambition clairement européenne plutôt qu'hexagonale.

Le groupe publie son premier EP "Natural defender en 2009 avant de franchir un cap avec "Mysticeti victoria" en 2012 sur le label Massacre Records. Ce premier album, mixé et masterisé aux Finnvox Studios par Mikko Karmila et Mika Jussila, installe les bases d'un style influencé par Stratovarius, Sonata Arctica ou encore les formations scandinaves du début des années 2000.

Trois ans plus tard, DARKTRIBE revient avec "The modern age", qui sort le 24 juillet 2015, cette fois chez Scarlet Records. L'album est enregistré au ArtMusic Studio par Sebb Camhi, puis mixé et masterisé aux Hansen Studios de Ribe au Danemark par Jacob Hansen.

La pochette et le design sont signés HJules. Le groupe est alors composé d'Anthony Agnello (chant), Loïc Manuello (guitares), Bruno Caprani (basse) et Julien Agnello (batterie).

Là où "Mysticeti victoria" souffrait parfois d'un certain manque de personnalité, "The modern age" montre un groupe plus sûr de lui.

Et cela démarre de façon peu académique avec la surprenant introduction électro "Humanizer", qui prépare l'arrivée de "Red house of sorrow", débutant dans un Metal moderne, mais continuant dans un Power Metal mélodique puissant et prenant, où l'on découvre une production particulièrement massive. Le son de Jacob Hansen apporte de l'épaisseur.

La bande évoque immanquablement les Finlandais de Stratovarius, et c'est encore plus vrai sur "My last odyssey", qui nous embarque dans son tempo rapide, ses mélodies prenantes et ses claviers aériens, avant un "The modern age" plus travaillé et moins direct, mais qui s'appuie sur des claviers omniprésents, et un refrain mélodique accrocheur.

DARKTRIBE déroule son Power Metal mélodique richement travaillé, dans une dynamique qui rappelle autant les Scandinaves que certains représentants allemands du genre. Les influences restent évidentes, mais la bande parvient à les intégrer sans donner l'impression d'un simple exercice de copie.

L'un des points forts de l'album réside dans la progression du chant d'Anthony Agnello, qui s'améliore au fil des opus. Plus maîtrisé, plus expressif, il porte avec conviction des compositions exigeantes comme "A last will", qui apporte ses variations d'intensité et son refrain mémorable, tout en s'écartant du style Power Metal.

Plus calme et mélancolique, "Holy water day" déballe ce qui est la ballade de l'album, avant un "No train to earth" qui assume pleinement son côté euphorique, au risque de frôler parfois le cliché Power Metal et évoquant les citrouilles de Helloween. Ces quelques moments plus convenus n'entament cependant pas la solidité de l'ensemble.

La fin d'album déballe ses plus longues compositions : "Wild call", qui développe davantage les ambitions du groupe, avec des arrangements plus riches et un aspect direct moins prégnant. Les architectures se font plus complexes et les compos sont, de ce fait, moins abordables, avec un léger aspect Prog naissant.

C'est d'ailleurs étonnant, car nous percevons ce mélange des genres dans lequel le groupe semble osciller, à l'image de "Rainwar", qui dévoile des couplets riches et travaillés, couplés à des aspects plus Power Speed Metal intrinsèquement Stratovarius dans le style... ce qui n'est pas déplaisant d'ailleurs !

Continuant son avancée, "Anthem for a planet" retrouve une approche plus directe tandis que "Darkside of imagination" conclut le disque sur une approche dans un parfait mélange des genres avec en sus un aspect orchestral pas désagréable.

Sans révolutionner le Power Metal mélodique, "The modern age" réussit ce qui compte le plus : transformer un groupe prometteur en formation crédible à l'échelle européenne.

Plus mature, mieux produit et doté d'un songwriting nettement plus maîtrisé que son prédécesseur, l'album évite de peu certains travers du genre grâce à une interprétation irréprochable et à plusieurs refrains réellement marquants.

Un disque qui ne réinvente rien, certes, mais qui démontre qu'en 2015 la France peut encore rivaliser avec les références scandinaves sur leur propre terrain.

Chronique par Duby

  • 01 - Humanizer (1:09)
  • 02 - Red house of sorrow (4:46)
  • 03 - My last odyssey (4:26)
  • 04 - The modern age (4:56)
  • 05 - A last will (5:28)
  • 06 - No train to earth (4:07)
  • 07 - Holy water day (3:08)
  • 08 - Wild call (6:02)
  • 09 - Rainwar (6:15)
  • 10 - Anthem for a planet (4:33)
  • 11 - Darkside of imagination (5:13)

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Musiciens : Anthony Agnello (Chant), Loïc Manuello (Guitares), Bruno Caprani (Basse), Julien Agnello (Batterie)
Écoute du 'The modern age' (2015) de DARKTRIBE :

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