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Tyto Alba est la strigiforme la plus répandue au monde, peinte sur plus de quarante oeuvres de Jérôme Bosch, dont le triptyque de "La tentation de Saint-Antoine".
Au moyen-âge, cette "Dame Blanche" était synonyme d'hérésie et était clouée sur les portes des granges où elle avait trouvé refuge.
Malgré son beau masque facial blanc en forme de coeur, la chouette effraie, considérée comme oiseau funèbre, était le messager de la mort.
A contrario, EFFRAIE envoie un beau message aux amateurs de Black Metal atmosphérique, avec "Enfant pâle", leur première réalisation sort le 16 Octobre 2026 de façon indépendante en CD digipack et en version numérique sur la plateforme Bandcamp.
EFFRAIE a fait son nid à Charleville-Mézières dans les Ardennes, autour de Tonitruum et de Sersis. Tonitruum, de son vrai nom Hugo Durbecq, use également de sa voix dans le groupe de Black Metal finlandais Otortem, sous le nom deHypnos et crée Pan, son one-man-band en 2021. Quant à Sersis, le guitariste, le mystère reste entier, évoluant sous le masque de l'animal fétiche du groupe.
Pour cet album, le duo est assisté de Mike Efialtis à la basse, et de Maikon Queiroz, le batteur brésilien ayant collaboré avec des groupes comme Ampicore, Paranoid Fantasy et The Velvet Lies.
Le mixage et le mastering ont été confiés à l'italien Alessandro Comerio, plus connu sous le nom d'Algol et évoluant également comme bassiste dans Forgotten Tomb.
EFFRAIE a une atmosphère nocturne à l'image de cette pochette sobre signée de la main de Tonitruum et de "La forêt de l'ombre" : une chouette stylisée faite de fumée et de feu, fonçant vers le spectateur et juste éclairée par la lumière sélénite.
Les Ardennais font de la chouette la personnification des conflits entre l'homme et la faune sauvage, imaginant un monde ravagé par nos exactions, où la nature reprend le dessus et impose sa propre loi. Pour se faire, "Enfant pâle" prend une tournure presque cinématographique avec les sept titres liés entre eux.
Sur fond orageux, "Exorde" est une introduction plutôt envoûtante, s'intensifiant au fur et à mesure, où la batterie claque comme le tonnerre et la guitare agit comme le vent dans les feuilles.
Le texte parlé annonce l'atmosphère de "Enfant pâle". Les cordes se mettent en place, vite rejointes par les fûts, pour partir sur ce titre très tôt épique. Le chant de Tonitruum se fait tout de suite profond et dramatique, parfois poussé à l'extrême, mais il est remarquable qu'une symbiose est créée, avec un bel équilibre entre le chant et la partition.
Une stridulation de guitare et un roulement de batterie et "Commotion" démarre. Ce morceau est très énergique, mais aussi inquiétant par le jeu des guitares. Le chant laisse sa part à une longue partie parlée et instrumentale planante.
Arrive "Prédation"... L'intensité repart crescendo avec cette voix criée, presque désespérée, enchaînant immédiatement sur un rythme rapide pendant lequel la batterie tachycarde pendant la première partie. Cette chasse de presque cinq minutes est une succession de rythmes, passant de la célérité et du chant crié au mid-tempo, au chant parlé plus apaisant, pour reprendre de plus belle avec la configuration du début.
Sans transition, l'air tranquille de guitare de l'instrumental "Consolation", rejoint discrètement par la caisse claire, est un apaisement de l'esprit, alors que bizarrement, "Interlude" de près d'une minute, repart dans une belle force, annonçant "Enfant pâle II" entamé par un rythme presque lancinant et un chant quasiment soufflé. Les guitares tourbillonnent et Tonitruum continue de sa voix profonde.
Pour achever cet album, il lui fallait ce long morceau, d'une telle intensité, qui nous donne l'envie de l'écouter à foison.
Intensité... Oui, c'est bien le mot qui définit "Enfant pâle". Que ce soit dans la composition, dans le jeu et dans la voix. EFFRAIE nous fait vivre trente-sept minutes absolument magnifiques. Pour un premier album de cette haute qualité, Tonitruum et Sersis permettent à EFFRAIE de réussir son premier envol de la plus belle des manières !
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