Réseaux Sociaux
France Metal Museum sur :
|
CHRONIQUES
|
|
FATAL
"L'émissaire"
1998
(Autoproduction)
Discographie
L'émissaire (1998)
Loin de moi... en moi... (1998)
Dual experience (1999)
Ze great escape (2001)
Eskhaton (2003)
Barbarism (2007)
Apocalypsis (2025)
|
FATAL ! Du Havre ? Vous allez penser que votre serviteur a craqué pour venir chroniquer en ces pages une production musicale de "l'humoriste" Michael Youn !!!
Mais que nenni, bien avant la parodie rappée faisant rimer la puissance du port du Havre avec la culture de la betterave, des vrais havrais, et pas des moindres, ont fait parler la poudre sous le pseudonyme de FATAL dès 1997.
Car nous parlons tout de même ici d'un certain André Lemesle, l'un des pionniers du Hard extrême en France, et de son compère Vincent Provost, tous deux ayant évolué au sein du cultissime NOMED.
Paru en 1998, "L'émissaire" est un EP de trois titres autoproduit et tiré à 500 exemplaires, dont la noirceur de la pochette reflète complètement le contenu et l'inspiration de paroles très sombres et sans concession sur la nature humaine.
Le livret ne contient pas les textes des morceaux, mais chaque titre est associé à une citation littéraire qui a vraisemblablement inspiré les paroliers et permettent de mieux appréhender l'ambiance très obscure qui prévaut sur ce format court.
Ainsi "L'émissaire" et "Horloge fatale" ont été influencés par l'écrivain portugais Fernando Pessoa, tandis que "Qu'est-ce que notre vie ?" s'abreuve aux écrits de Sir Walter Raleigh, deux auteurs qui n'ont pas laissés indifférents leurs contemporains et dont les fins de vies, bien que différentes, ont été toutes deux tragiques.
En termes de line-up, outre André (guitares) et Vincent (basse), le groupe est constitué du guitariste John Moutier (qui contribuera lui aussi à l'aventure NOMED), du batteur Cyrille Désannaux, tandis que le chant est assuré par Fred Bailliez.
Mais intéressons-nous à présent au contenu musical de cet objet tout de noir orné !
Après une introduction d'obédience psychédélique, qui me rappelle les Beatles du fait d'une sonorité proche d'une cithare, "L'émissaire" déboule avec de grosses guitares massives bien Thrashy. La voix de Fred possède un petit côté Hardcore qui la rend particulièrement savoureuse à mes oreilles. Dans sa construction, cette composition me rappelle le Metallica de l'album "Ride the lightning" mais les fulgurances de la deuxième partie du morceau rappellent plus sûrement le Slayer de la même époque, avec une voix à l'avenant et un Cyrille impérial derrière ses fûts. Une bien belle entrée en matière !
"Qu'est-ce que notre vie ?", en voilà une question très philosophique, qui mérite bien une douce introduction au violoncelle pour vous mettre dans un état de méditation. Un bien bel arrangement, qui là encore peux rappeler le combo du duo Ulrich / Hetfield. Mais bien vite les guitares saturées entrent en scène, pour un titre qui semble sonner plus foncièrement Heavy du fait d'un tempo plus lent. Ce n'est que passager car une accélération bien sentie sur le refrain vient remettre de l'ordre dans la maison. Et que dire du solo qui s'avère tout bonnement excellent dans le style, porté à présent par une rythmique Thrash avec des guitares bien massives. Une nouvelle césure se produit avec le retour des violoncelles et l'apparition du piano sur un pont plus aérien et solennel du plus bel effet. Celui-ci s'avère en fait le plus beau des prétextes pour lancer une montée en crescendo, qui achève le morceau pied au plancher sur un riff à la Scott Ian qui démontre que les six cordistes havrais ont de sacré mains droites. Au final nous avons affaire ici à un titre très intéressant partagé entre Thrash des familles et arrangements beaucoup plus subtils.
"Horloge fatale" débute par une intro en guitares jumelles, qui rappelle encore plus que les deux titres précédents, l'influence de Metallica avant qu'une nouvelle fois de grosses rythmiques Thrash ne viennent supporter les couplets dans un style très influencé par Anthrax. Tout cela pourrait sembler un brin répétitif, mais l'habileté des havrais réside dans des arrangements plutôt originaux, prompts à rompre le caractère un brin répétitif de leurs riffs. Ils prennent ici la forme de cuivres judicieusement utilisés qui donnent un côté Ska très original par rapport au reste du EP. Néanmoins, l'influence du Metallica des 80's reste très prégnante, en particulier du fait de parties en lead guitares excellentes, collant parfaitement au style tant sur les gimmicks disséminés tout au long du morceau, que sur les magnifiques soli. Pour couronner le tout, ajoutez à cette composition un refrain imparable et vous tenez selon moi le meilleur titre du EP.
Avec cette première parution officielle, FATAL propose une jolie carte de visite présentant un Thrash assez traditionnel aux influences 80's prononcées. Néanmoins, les havrais arrivent à se démarquer grâce à des arrangements subtils qui étendent la palette sonore de leur musique (Hardcore, Ska) avec succès.
"L'émissaire" constitue donc une entrée en matière discographique réussie pour FATAL, et si le style du groupe évoluera vers un Metal beaucoup plus extrême par la suite, il est toujours intéressant de (re)découvrir les débuts d'un groupe qui fêtera quand même en 2027 ses 30 ans d'activités.
|
|
Chronique par Lolo36
Juillet 2026
|
01 - L'émissaire
02 - Qu'est-ce que notre vie ?
03 - L'horloge fatale
Paroles :
Indisponibles. Ajoutez les paroles
ICI
Musiciens
: Fred Bailliez (Chant), André Lemesle (Guitare), John Moutier (Guitare), Vincent Provost (Basse), Cyrille Désannaux (Batterie)
▲ HAUT ▲
|
|