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CHRONIQUES |
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FAUXX
"Anteroom"
2025 (M&O Music)

Discographie
NH3(il) (2018)
StatistiC Ego (2021)
Anteroom (2025) |
L'humanité devient schizophrène : d'un côté, la beauté et la bonté, de l'autre, le côté sale et vil. Si ces deux adjectifs désignant le marché dans "Le dernier baril" de Tagada Jones sont utilisés ici, ce n'est pas fortuit.
D'abord, parce que FAUXX, dans ce deuxième album "Anteroom", s'interroge quant aux émotions contraires de l'Humanité à travers un Metal Indus froid et sombre, et puis, parce que ce duo est composé d'un certain Jean-Baptiste Tronel, dit Job, derrière les fûts et batteur du célèbre groupe de Metal Alternatif Tagada Jones ainsi que de Joachim Blanchet, batteur de Hoa Queen, aux claviers et au chant.
L'hoa queen (la reine de nuit), est une fleur du Vietnam qui ne fleurit qu'une seule nuit avant de fâner au petit matin. Cette beauté fugace convient parfaitement à l'univers de ce groupe alliant Trip-Hop, Blues poussiéreux et ambiances sombres en évoquant le destin tragique de femmes.
Ainsi, les bretons Job et Joachim sortent de leur chemin battu en créant FAUXX. Après un premier EP "NH3(il)" en 2018, ils sortent l'album "StatistiC Ego" en 2021. Le duo ouvre alors pour Shaarghot, Horskh et pour les plus nostalgiques des années New Wave, Front 242. Leur Metal Indus, à la croisée du Dark Synth et de l'Experimental leur a permis d'ouvrir la journée du vendredi sur la Mainstage du Hellfest 2022.
C'est dans la même lignée des deux précédents opus que sort le 21 Novembre 2025 "Anteroom" (antichambre) en français, chez "M&O Music" (Corporal Punishment, Obsydian, Satra, Loco Muerte...). L'artwork, présentant un éparpillement de ratiches et de cartouches dans une lueur froide, est signé d'un jeune créateur Glen Struillou. Quant aux photos du groupe, elles sont réalisées par le spécialiste de la photo de concert noir et blanc, Jacques Rolland.
Ici, pas d'intro gnagna, l'écoute démarre immédiatement avec "Hyperwar" : quelques battements de toms, quelques accords répétitifs à l'intensité croissante et c'est parti pour un rythme presque militaire. La voix criée est étonnante de puissance. Un petit moment de faux(X) apaisement avec un court texte parlé, et on repart avec une ambiance malsaine.
"Dig" change de ton avec une rythmique dynamique donnée par la batterie et un clavier très Electro. Le chant est tantôt scandé, tantôt soufflé, parlé ou crié. Alors que "Sun of despair" commence par des sirènes électroniques, la voix se fait inquiétante, et le chant martial, appuyé par une batterie répétitive agissant comme une crise de tachycardie. Le titre se caractérise par une série de changements d'ambiances avec un chant organique pour la deuxième partie, pendant laquelle les toms claquent comme des détonations.
"The revealer" est un savoureux mélange de violence Electro et de Death, grâce à la présence de Diego Janson de Karras. On sent une petite influence du groupe Shaarghot. La musique à un son bien crade et l'ambiance poisseuse et délétère, tout comme dans le morceau suivant "Burnt velvet retinas" où le chant et la batterie prennent l'ascendant sur le reste.
De par sa lenteur d'exécution, "Latch on" est un titre flippant, rendant l'auditeur paranoïaque. Cet item est musclé, bodybuildé même, avec sa partie parlée et son chant poussif. Le rythme s'accélère quelque peu pour la transition avec "Demiurge data" où là, par contre, les sons électroniques sont mis en avant, toujours sublimés par cette voix profonde et forte.
Et que dire de cette reprise plus que punchy "Here comes the war" des rockeurs anglais de New Model Army, apparaissant sur l'album "The love of hopeless causes" sorti en 1993. Si en règle générale, la bande de Justin Sullivan utilise des sons Folk, comme dans "Vagabonds", ceux-ci sont ici relayés par des sons synthétiques. Cependant, le titre est immédiatement reconnaissable et le chant de Joachim a de belles similitudes avec celle du frontman britannique.
Et pour finir, le duo jette ses dernières forces dans "Poison life" avec cette explosion de tensions électroniques, chant et batterie.
Ainsi s'achève notre pérégrination dans cette humanité déshumanisée, perverse et nocive. Job et Joachim sont précisément là... Où on ne les attend pas. "Anteroom" est un album à l'éther froid, sombre et inquiétant. Les deux J nous retranscrivent de façon sublime le déclin de ce bas-monde. "Anteroom" n'est pas un album à mettre dans les tympans de personnes sensibles, mais, Diable, que c'est bon pour les nôtres.
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Chronique par
Blut Sauger
Novembre 2025 |
01 - Hyperwar (4:55)
02 - Dig (4:59)
03 - Sun of despair (6:02)
04 - The revealer (ft. Diego - Karras) (4:42)
05 - Burnt velvet retinas (6:42)
06 - Latch on (4:54)
07 - Demiurge data (6:11)
08 - Here comes the war (New Model Army cover) (4:50)
09 - Poison life (5:01) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
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Musiciens
: Joachim Blanchet (Claviers / Machines & Voix), Jean-Baptiste 'Job' Tronel (Batterie) |
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