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Lorsque l'on évoque la première vague du Heavy Metal français des années 80, le nom de HIGH POWER revient régulièrement aux côtés de formations plus médiatisées comme ADX, Warning, Trust, Sortilège ou H-Bomb.
Fondé à Bordeaux autour des frères Malbos, le groupe se forge rapidement une solide réputation de groupe scénique grâce à un jeu de scène époustouffant. Poses, pyrotechnie, éclairage... tout y est !
Mais le visuel ne serait rien si la musique ne suivait pas. Et c'est le cas pour HIGH POWER, qui propose un Heavy Metal énergique, fortement marqué par la NWOBHM mais porté par des textes en français.
Après plusieurs démos au début de la décennie, le groupe publie l'album éponyme en 1983 sur le label "Devil's Records" avant "Les violons de Satan" en 1985. Ces deux albums sont aujour'hui considérés comme des classiques cultes du Metal hexagonal.
Malgré un excellent accueil dans le circuit underground, HIGH POWER ne parvient pas à franchir le cap menant à une reconnaissance plus large et cesse finalement ses activités à la fin des années 80.
Près de 20 ans après, et après le décès de membres charnière du groupe, l'album "Live 84/87" paraît en CD chez Brennus Music en 1999, afin de remettre en lumière cette période charnière de l'histoire du groupe.
Cet album live est la synthèse plusieurs concerts réalisés entre 1984 et 1987 (Rodez, Bagnères-de-Bigorre...). Le groupe est composé selon ces derniers de Patrick Malbos au chant, Jean-Michel Dietsch à la basse, Eric Pouey et Alain Pavon aux guitares. La batterie est assurée par Stéphane Desplat sur les sept premiers titres live et par Georges Moreau sur les morceaux suivants ainsi que sur les bonus studio.
Ce qui frappe immédiatement à l'écoute, c'est le caractère brut du document. Ici, pas de production moderne ni de retouches destinées à maquiller les imperfections. Les bandes accusent évidemment leur âge. Non pas que le son soit excécrable ou bootleg. Ces prestations n'étaient pas destinées à un album live et quelques légères imperfections se font ressentir. C'est brut de décoffrage, mais aussi cette authenticité rare qui fait tout le charme du document.
Et puis quel plaisir de retrouver en conditions live "Avocat", puis "Sous l'oeil du cobra" où l'on retrouve un groupe en pleine possession de ses moyens, capable de transformer des compositions déjà solides sur disque en véritables déflagrations scéniques.
Comme sur "Heavy Rock", parfaitement restitué, avec notamment un intermède mettant le public à contribution.
La voix de Patrick Malbos est constamment à la limite de la rupture, mais toujours dans la justesse, poussant des aigües phénoménales fidèles à celles envoyées sur les albums studio. Et c'est précisément cette intensité qui donne sa crédibilité à l'ensemble.
L'énergie monte encore d'un cran lorsque "Rebelle" déboule avec son refrain fédérateur, tandis qu'un "Instrumental", qui permet aux guitares de s'exprimer, met en évidence le niveau technique des guitaristes, mais également la démonstration d'un solo de batterie de bon niveau.
C'est ensuite au tour d'un long "Medley" de s'exprimer, assemblant "Les violons de Satan", "Par le sang et l'acier", qui apporte le moment émotion avec la ballade parfaitement restituée, et "Comme un damné". Cette séquence résume à elle seule l'identité du groupe : riffs nerveux, goût des mélodies mémorables et sens du spectacle.
L'intérêt du titre suivant, c'est qu'il s'agit d'un titre totalement inédit ne figurant dans aucune autre source officielle du groupe. "Le rescapé" est un morceau typique du style HIGH POWER. Puissant, énergique, il fait regretter que les bordelais n'aient pas continué et sorti un album...
L'hymne sombre "L'ange au regard noir" et le tout aussi grandiose "Offrande Charnelle", longue pièce qui démontre l'ambition musicale dont HIGH POWER pouvait faire preuve lorsqu'il s'éloignait du format le plus direct, sont un vrai régal et terminent cet aspect live.
Car suivent les trois bonus studio de "Heavy Rock", "Sous l'oeil du cobra" et "Rebelle", qui constituent davantage un complément documentaire qu'un véritable argument artistique, mais ils permettent d'effectuer une comparaison intéressante entre la précision des versions studio et la fougue des interprétations scéniques.
Bien sûr, tout n'est pas parfait. La qualité sonore reste fluctuante et trahit l'origine archivistique du projet. Ceux qui recherchent un live irréprochable du point de vue technique risquent d'être frustrés.
En revanche, ceux qui s'intéressent au Heavy Metal français des années 80 mais surtout de HIGH POWER, y trouveront un témoignage précieux.
"Live 84/87" n'est pas un album live spectaculaire au sens moderne du terme. C'est mieux que cela : une photographie honnête d'un groupe qui, malgré une carrière trop courte et une discographie limitée, possédait sur scène cette rage et cette sincérité qui font encore aujourd'hui la différence entre les formations simplement compétentes et celles dont on se souvient.
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