Chronique : "Last call for Rock'n'Roll" – HIGHWAY (2026)


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HIGHWAY

"Last call for Rock'n'Roll"

2026

(Rock City Music Label)

Discographie

Have a beer (2002)
Goodbye money (2005)
United states of Rock'n'Roll (2011)
IV (2017)
The journey (2022)
Last call for Rock'n'Roll (2026)

Vingt-cinq ans de route au compteur et toujours le pied vissé sur l'accélérateur : HIGHWAY fait partie de ces groupes français qui ont choisi la voie la plus exigeante, celle du Hard Rock mélodique à l'ancienne.

Né à la fin des années 90 dans l'Hérault, le combo se fait d'abord les dents sur un EP, "Have a beer" en 2002, avant de poser les bases de son univers avec "Goodbye money" en 2005. Le virage franchement US se confirme sur "United States of Rock 'n' Roll" en 2011, entre gros refrains, groove et amour assumé pour les 70's/80's. "IV" en 2017 pousse plus loin le côté mélodique et les arrangements, tandis que "The journey" en 2022 montre un groupe plus mûr, capable de varier les ambiances en s'essayant à des passages plus Big Rock.

Au fil des années, HIGHWAY s'est forgé une solide réputation live, en ouvrant notamment pour Gotthard, Jeff Scott Soto ou Michael Schenker, et en peaufinant un son qui pioche autant chez Guns N' Roses, Aerosmith, Whitesnake et AC/DC que dans l'héritage vocal et choral de Queen.

Avec "Last call for Rock 'N' Roll", qui sort le 24 Avril 2026 sur le label "
Rock City Music", le groupe ouvre un nouveau chapitre important de son histoire. Le line up historique Benjamin Folch au chant, Ben Chambert à la guitare et Romain Chambert à la batterie, s'étoffe officiellement avec l'arrivée de la bassiste Cerise Pouillart (aperçue chez Ladies Ballbreaker) et du guitariste Florian Arnaud (Virtual Realm, divers tributes), qui viennent épaissir le mur de son et enrichir les chœurs.

L'album a été enregistré entre le "
Stud' du Sud" (chez Paul Viguier et François Kurtz) et le "Tower Studio", puis produit, mixé et masterisé par Brett "Mutt" Caldas-Lima, dont le CV parle de lui-même (Ayreon, Devin Townsend, Megadeth, Adagio, Hypno5e...). Le résultat est massif et lisible : guitares larges, basse bien présente, batterie qui claque et voix mise en avant sans écraser le reste. L'artwork signé Djo Artwork (Djo Art), artiste Sétois, colle parfaitement au propos : un visuel lumineux, comme un appel à se rassembler autour du Rock.

Riff immédiat, tempo enlevé, basse omniprésente et chœurs qui accrochent instantanément : "Last call (For Rock n' Roll)" ouvre le bal comme un coup de semonce dans un Hard'n'Roll festif à la Mötley, taillé pour faire hurler un public le poing en l'air. La production laisse respirer chaque instrument, et la voix de Benjamin, rugueuse mais mélodique, s'impose comme un véritable maître de cérémonie.

"Hi-Way" enchaîne avec un Hard Rock très marqué par les 80's, où le sens de la mélodie fait la différence. Les guitares de Ben et Florian se répondent, alternant riffs accrocheurs et lignes plus chantantes, tandis que la section rythmique maintient un groove solide. Le refrain, très immédiat, reste en tête dès la première écoute, pour un Hard Rock mélodique très bon. Certains phrasés vocaux de Benjamin, soutenus par des arrangements de chœurs travaillés, rappellent clairement l'école Queen sans jamais tomber dans la copie.

Le groupe se permet un pas de côté plus ludique quasi Big Rock sur "¡ Bang Bang !". Le morceau garde le socle Hard Rock, mais se pare d'un léger parfum festif groovy, teinté d'un feeling différent. La structure, les gimmicks vocaux, les guitares plus claires et le refrain... On sent le groupe se faire plaisir, jouer sur le second degré sans jamais sacrifier la qualité d'écriture.

"Nineties action movie" renoue avec un Rock et des gimmicks à la Van Halen. Le morceau balance un Hard Rock aux accents US, avec un groove qui fait bouger la tête et des chœurs féminins qui apportent une couleur supplémentaire. Là encore, HIGHWAY démontre qu'il sait jouer avec les codes sans perdre son identité : c'est catchy, visuel, et taillé pour la route.

Démarrant sur une ambiance plus mélancolique, presque ballade, "Peace out" enchaine ensuite avec une rythmique plus Rock et des guitares plus souples qui viennent donner au titre un poids émotionnel plus lourd. Les arrangements de chœurs, très soignés, soulignent un refrain particulièrement mélodique, où Benjamin exploite pleinement sa palette vocale. Le solo, avec ses harmonies et son sens de la ligne chantante, évoque clairement l'école Brian May, tandis que la basse de Cerise assure le lien entre la rythmique et la mélodie. C'est l'un des titres les plus travaillés du disque, qui montre le versant plus sensible du groupe, sans renoncer à la puissance.

C'est sur une note plus douce et intimiste que "Mayday" se déploie. On y retrouve un esprit très chanson, avec des ambiances qui peuvent évoquer Simon & Garfunkel ou les Beatles. Voix en harmonies, guitare claire... La mélodie est d'une grande justesse, portée par une interprétation sobre et touchante. HIGHWAY prouve ici qu'il sait écrire de vraies ballades, qui sont des pièces à part entière dans l'architecture du disque.

Après un tel moment d'apaisement, cela repart en trombe avec "Go! Go! Go!", véritable déflagration d'énergie. Le son se fait plus brut, plus direct, mais toujours porté par un sens du refrain imparable. Les claviers, discrets mais bien placés, ajoutent une touche ensorcelante. Les chœurs massifs et le côté quasi hymnique du titre ajoutent encore en émotion.

"Let me" s'ouvre sur un riff d'entrée impeccable, immédiatement mémorisable, qui installe un climat de Hard Rock classique ultra efficace. Le morceau joue sur la dynamique entre couplets plus retenus et refrains qui explosent, soutenus par des claviers subtils et des guitares qui se déchaînent au moment opportun. On sent une vraie maîtrise de l'écriture mélodique : le titre dégage une émotion positive, presque euphorique.

HIGHWAY propose un titre plus court et compact avec "D.K/D.C", qui va droit au but : riff nerveux, rythmique serrée, chant plus incisif, le tout emballé en un peu plus de trois minutes. On y retrouve le goût du groupe pour les références de l'école Bon Jovi ou des formations américaines. C'est un break d'adrénaline au milieu de la seconde moitié de l'album.

Avec ses six minutes qui permettent au groupe de développer davantage les ambiances, "Rat race" prend le temps de s'installer sur la durée. Le titre joue sur les contrastes, alternant passages plus tendus et envolées plus larges, avec des guitares qui se permettent quelques échappées plus longues. La section rythmique y est particulièrement mise en valeur, soutenant des lignes vocales qui prennent parfois des accents presque épiques. C'est un morceau plus ambitieux, qui montre que HIGHWAY sait aussi étirer son propos sans perdre le fil.

"Action" revient à un format plus direct. On est dans le Hard Rock pur jus, avec un groove qui donne envie de taper du pied et un refrain taillé pour être repris en chœur. Les guitares y sont particulièrement mordantes, et la voix de Benjamin, toujours soutenue par des chœurs solides, garde ce grain Rock qui fait la différence. Simple en apparence, mais bourré de détails dans les arrangements, le titre est énergique et nous accompagne de son tempo rapide.

Enfin, "(Don't) Look back" referme l'album sur une note mélodique. Le morceau garde l'énergie Rock, mais avec une touche plus délicate dans les lignes vocales et les harmonies. On y sent comme un bilan, un regard sur le chemin parcouru, sans nostalgie plombante : le message est clair, il s'agit d'avancer, de continuer à jouer, à croire au Rock'n'Roll. Musicalement, le titre reste dans la lignée du reste de l'album, avec un soin particulier apporté aux chœurs et aux guitares, qui se répondent jusqu'aux dernières secondes.

Avec ses douze titres pour près de 58 minutes de musique, "Last call for Rock 'N' Roll" sonne comme l'album de la maturité pour HIGHWAY : un sixième opus où le groupe assume pleinement ses influences, de Queen aux Beatles en passant par l'école Hard US, tout en affirmant une identité bien à lui, forgée sur les routes et en studio.

Le nouveau line up apporte une vraie plus-value en termes de puissance et de richesse vocale, et l'écriture, solide de bout en bout, ne laisse quasiment aucun temps mort.

Pour qui aime le Hard Rock mélodique, généreux, taillé pour la scène et les nuits d'été, ce "dernier appel" ressemble surtout à une promesse : HIGHWAY est de retour, plus fort que jamais, et n'a visiblement pas l'intention de raccrocher.
Chronique par Duby
Mai 2026

01 - Last call (For Rock'N'roll) (5:11)
02 - Hi-Way (4:40)
03 - ¡ Bang Bang ! (3:47)
04 - Nineties action movie (5:16)
05 - Peace out (5:44)
06 - Mayday (4:25)
07 - Go! Go! Go! (5:48)
08 - Let me (4:54)
09 - D.K/D.C (3:16)
10 - Rat race (6:00)
11 - Action (4:32)
12 - (Don't) Look back (5:09)

Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles ICI Cliquez pour ajouter les paroles

Musiciens : Benjamin Folch au chant, Ben Chambert à la guitare et Romain Chambert à la batterie – s'étoffe officiellement avec l'arrivée de la bassiste Cerise Pouillart (aperçue chez Ladies Ballbreaker) et du guitariste Florian Arnaud

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