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CHRONIQUES |
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KLAXON
"Musique dans la peau"
1982 (WEA)

Discographie
Musique dans la peau (1982)
Klaxon (1985) |
En venant s’installer sur Marseille, le
chanteur Régis Lesieur fait la connaissance du guitariste Christian Polloni et
du bassiste Bernard Marocchino qui ont déjà pas mal roulé leurs bosses dans le
milieu musical de la cité phocéenne.
Régis présente le claviériste André Thus à ses 2 comparses et il ne manque plus
qu’un batteur pour que l’équation soit complète.
Le chaînon manquant sera Johnny Van Hooland (ex TRASH) qui intégrera KLAXON au
début de l’année 1982.
Bien que majoritairement originaire de Marseille, le quintet va néanmoins
choisir de "s’expatrier" sur Paris afin de mettre toutes les chances de son
côté pour faire carrière.
Alors qu’il n’a enregistré qu’une maquette et en est resté au stade des
répétitions, le combo va bénéficier d’un coup de pouce inespéré du destin.
En effet, le groupe Gamma de Ronnie Montrose se désiste au dernier moment alors
qu’il devait honorer la première partie de Foreigner alors en plein support de
son album "4".
Il faut agir vite. Dans l’urgence le nom de KLAXON est lancé et c’est ainsi que
le 12 mai 1982, le quintet français joue à Pantin devant plus de 6000 personnes
en première partie de la bande à Mick Jones et Lou Gramm alors au sommet de son
art.
Difficile de trouver meilleur accélérateur de carrière, WEA publiant dans la
foulée "Musique dans la peau" le premier album du groupe.
Dès le premier morceau "N’ai qu’une idée" et son intro sur des claviers bien
d’époque, on comprend pourquoi le combo a décroché la timbale en support de Foreigner.
En effet, les marseillais pratiquent un Hard FM / AOR qui rappelle clairement
celui des Américains et qui me fait aussi songer à un autre combo US en vogue à
l’époque, en l’occurrence Survivor ("Avant de parler" ou "A peine lui dire").
Style oblige, les claviers sont omniprésents et si certaines sonorités sonnent
aujourd’hui très datées ("5 dollars pour Manhattan", "Superstar") André a
su utiliser un panel suffisamment large de son tel que l’orgue ("La belle
allemande", "Musique dans la peau") ou le piano ("Avant de parler",
"5
dollars pour Manhattan" et plus encore le festif "Permission de minuit" avec
son côté Boogie-Rock) qui passent plus facilement l’épreuve du temps.
Pour autant, la guitare de Christian n’est pas remisée aux oubliettes et sait se
faire entendre pour apporter un peu plus de virilité à des morceaux tels que "Assez de sévices",
"Avant de parler" ou encore "Musique dans la peau".
Celle-ci, à l’instar des claviers, sait aussi se montrer versatile en étant tour
à tour bluesy ("A peine lui dire"), quasi pop ("5 dollars pour Manhattan" avec son intro arpégée et son solo en son clair) ou flamboyante pour
d’excellents soli ("N’ai qu’une idée", "Assez de sévices" ou encore "La
belle Allemande") qu’elle n’hésite pas à partager avec les claviers pour notre
plus grand plaisir d’auditeurs ("Laisse aller", "Musique dans la peau").
La section rythmique basse / batterie quant à elle reste sobre mais se révèle
efficace en mettant en place de solides bases permettant aux autres musiciens de
s’exprimer pleinement.
Après les instrumentistes, comment ne pas vous parler de Régis Lesieur, le
chanteur de la bande, dont la voix constitue assurément un point fort de KLAXON,
seyant parfaitement au style pratiqué tout en renforçant son côté mélodique.
Le vocaliste a de plus le bon goût de s’exprimer en français, ce qui nous permet
de profiter au mieux des qualités et des subtilités de ses textes.
L’amour de la musique ("Musique dans la peau") et de la mécanique ("La belle
allemande" et son double sens savoureux) sont célébrés mais Régis sait aussi
écrire des textes plus sérieux sur la tolérance ("N’ai qu’une idée"), la
prison ("Assez de sévices" pour relater une expérience malheureuse lié au se(r)vice
militaire), la cause des Indiens d’Amérique ("Laisse aller") ou encore la
vision désabusée du show business (Ou quand la "Superstar" devient la supertare).
Autant de sujets toujours abordés avec une certaine forme de sensibilité par le
vocaliste, ce qui contribue clairement à la réussite de ce premier opus.
Vous l’aurez compris, au contraire de nombre de ses contemporains, KLAXON ne
puise pas ses influences dans le Heavy Metal d’outre Manche (la fameuse
N.W.O.B.H.M.) mais plutôt dans le Hard FM en provenance des États-Unis.
Il en résulte ainsi une musique où la mélodie est primordiale avec des refrains
de qualité et un rôle accru des claviers dont, il faut bien l’avouer, certaines
sonorités n’ont pas forcément bien résisté à l’épreuve du temps.
Il n’empêche, ce premier album est de très haute qualité dans le style, avec en
plus un chant en français qui prouve, s’il en était besoin, que la langue de
Molière peut parfaitement s’adapter à une musique mélodique et FM.
"Musique dans la peau" est selon moi une pierre angulaire du Hard Rock
français des années 80 que tout fan de la période se doit absolument de posséder
dans sa discothèque.
A ce sujet, il convient de souligner l’excellente initiative de Eric Courbard
dont le label "Bad Reputation" a mis sur le marché, à un prix tout à fait
abordable, une réédition CD remasterisée de l’album, accompagnée d’un livret
bourré d’informations et d’anecdotes.
Malheureusement, ce début de carrière en fanfare n’apportera pas la stabilité
suffisante au quintet puisque des dissensions internes vont aboutir à une
scission entre Régis Lesieur et le reste du groupe, qui se retrouve alors sans
chanteur.
Il faudra attendre 1985 et l’album éponyme pour que le quintet revienne sur le
devant de la scène avec une nouvelle chanteuse loin d’être une inconnue.
Mais cela est une autre histoire... |
Chronique par
Lolo36
Décembre
2024 |
01 - Avant de parler
02 - Assez de sévices
03 - A peine lui dire
04 - La belle Allemande
05 - Superstar
06 - Permission de minuit
07 - Laisse aller
08 - 5 dollars pour Manhattan
09 - Musique dans la peau |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
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Musiciens
: Régis Lesieur (Chant), Christian Polloni (Guitares), Bernard Marocchino (Basse), Johnny Van-Hooland (Batterie), André
Thus (Claviers) |
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