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CHRONIQUES |
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LES BÂTARDS DU ROI
"Les chemins de l'exil"
2025 (Les Acteurs De L'Ombre)

Discographie
Les Bâtards du Roi (2024)
Les chemins de l'exil (2025) |
Avis à la population ! Notre bon roi vient d'être lâchement assassiné par trois renégats. Avec la mort de notre regretté souverain, la destinée de notre contrée se fait compromise. Le grand chambellan ordonne à toutes les forces vives, soldats sous l'ost et toutes personnes saines de corps, de prendre les armes et de traquer ces vils personnages jusque dans les terres les plus reculées du royaume, des plus arides territoires aux marais les plus boueux, pour que Justice divine soit rendue.
Ainsi commence un long exil de trois frères... Un voyage introspectif et spirituel à travers un paysage torturé.
Créé à Orléans en 2002 par quatre cavaliers, comme ils se décrivaient, le quatuor sort un album éponyme en 2024 via le label de "L'Ordalie Noire" (Guru, Initiation, Terres Froides...). Un album, dira-t-on, de présentation avec son prologue et des thèmes épars distillés par des titres tels que "Jeanne", "Pestilence" et "Un jour, je quitterai cette Terre". Le cadre médiéval est ainsi planté et le style de ce Black Metal mélodique institué.
Désormais, LES BÂTARDS DU ROI sont trois enfants du label "Les Acteurs De L'Ombre" (Versatile, Borgne, Raüm, Galibot...) qui sort "Les chemins de l'exil" le 10 Octobre 2025. "Season Of Mist" distribuera cette galette de neuf titres sous forme de CD, vinyle noir et splattered noir et blanc.
Si pour le premier album, Régicide le chanteur, Daemonicus le batteur et leurs deux acolytes de l'époque avaient réellement été les artisans de leur succès, aujourd'hui, avec Aeni, le nouveau guitariste, ils ont fait confiance à Will Argunas, célèbre illustrateur que l'on croise régulièrement au Hellfest, spécialiste du noir et blanc, qui dépeint cet exil forcé. Quant aux photos du groupe, le travail a été confié à Manon Huré, alias Faalaway, qui a entre autres signé les photos extérieures de Houle, Blod, Sylvaine et Gravecult.
Cette fois-ci, il n'y a plus d'introduction, mais une entrée en matière directe avec "La forêt". Après quelques pincements de cordes, les guitares agissent comme une vielle de gambe pendant le début et le refrain. La voix de Régicide, désormais reconnaissable entre mille et assistée de façon parcimonieuse de celle d'Aéni, déclame un long texte magnifique. La batterie est puissante, les coups de sticks s'abattent tels des fers à cheval sur les pavés.
Les riffs annoncent "L'âme sans repos". Ce titre est un contraste : d'un côté, la partie instrumentale se fait d'une rapidité déconcertante, tandis que les parties à voix se font de manière mid-tempo incluant un texte parlé.
Petit anachronisme mais tellement beau et utile dans cet album-concept : "Vers l'étoile solitaire" est une adaptation musicale du poème "L'exil" de Victor Hugo, paru dans le recueil "Les quatre vents de l'esprit", écrit en 1870 mais publié onze ans plus tard. Une introduction douce et triste annonce les proses du poète banni. Les stridulations de la guitare définissent toute la détresse de l'orateur qui se déchire la voix au fur et à mesure de l'avancée des strophes pour un arrêt net.
Deux croassements et la guitare répétitive retentit pour "Le chevalier au corbeau", un titre extrêmement varié en terme de changement de rythmes, d'alternance de voix. Avec ses textes poignants, ce titre se montre dynamique.
De son côté, "Ord Vil Merdos" désigne une insulte que l'on pouvait entendre dans les tavernes avant que Louis IX ne les ferme le soir. L'introduction se fait apaisante, la taverne étant un refuge aux trois fuyards, alors qu'un vacarme de fond se fait sourd. La musique s'intensifie comme la tension autour d'une partie de dés pipés, joués par des clients avinés. On imagine aisément la faible lueur des lampes à huile, la crasse, la laideur et les chopes de terre cuite s'entrechoquant. Pour calmer le jeu, un troubadour intervient, laissant place à un long moment instrumental.
Après le tumulte de ce lieu de débauche, il est temps de reprendre la route et de se retrouver face-à-face avec soi-même, ayant un peu de sérénité, de réflexion personnelle et de nostalgie. "Le val dormant" étonne par son côté apaisant et le chant clair d'Aéni, laissant peu à peu la place à celle de Régicide. La ritournelle électrique ponctue la longue partie instrumentale. Le deuxième couplet suit la même structure que le premier. Diable ! Que ce morceau est beau !
Après quelques pas, on repart dans le son plus médiéval, une rapidité d'exécution, et un chant caractéristique au trio pendant le titre éponyme "Les chemins de l'exil". Le morceau ressemble énormément au titre "Les Bâtards du Roi" du précédent album.
"La chevauchée cadavérique" est un titre très énergique, très rythmé et aux textes fleuves. Daemonicus s'éclate derrière ses fûts. Ça donne juste envie de slammer et de danser une tarentelle.
Enfin, "Sous la couronne de l'éternité" est entamée par un son d'orgue, appuyé par une batterie qui laisse la place à un défouloir de double pédale et de riffs. Les textes et la guitare ont un caractère dramatique.
Au terme de quarante-cinq minutes d'écoute, on se retrouve tel après une ruade de son palefroi : sur le cul, hagard. Déjà pour le premier album, LES BÂTARDS DU ROI avaient été une superbe révélation avec un son et un style si particuliers. Pour "Les chemins de l'exil", Régicide, Daemonicus et Aéni révèlent davantage de maîtrise, de charisme et de maturité. Le trio arrive sans peine à nous faire imaginer les cavalcades, les escales poisseuses et les différents sentiments des protagonistes. Et que dire de cette production de haute volée signée B-Blast Records.
L'œuvre des LES BÂTARDS DU ROI est prévue de s'étaler en trois albums. On attend déjà avec impatience le prochain tout en se délectant de ce nectar que l'on peut considérer comme l'un des grands événements de l'année.
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Chronique par
Blut Sauger
Octobre 2025 |
01 - La forêt (5:25)
02 - L'âme sans repos (4:27)
03 - Vers l'étoile solitaire (3:52)
04 - Le chevalier au corbeau (3:44)
05 - Ord Vil Merdos (5:00)
06 - Le val dormant (7:25)
07 - Les chemins de l'exil (4:11)
08 - La chevauchée cadavérique (4:36)
09 - Sous la couronne de l'éternité (8:08) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
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Musiciens
: Regicide (Chant, Guitare rythmique), Æni (Guitare, Chant), Daemonicus (Batterie) |
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