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On croyait LES CHANTS DE NIHIL définitivement aphones, mais c'était sans compter sur le perfectionnisme de David Loisel, plus connu sous le nom de Jerry, artiste peintre, poète, auteur, compositeur, chanteur... le genre de personne qui ne produit pas une œuvre sans réflexion, ni passion.
En 2007, il met ses inspirations sur portée en compagnie de son ami de longue date, Mist. Les premières démos sur cassette apparaissent... LES CHANTS DE NIHIL sont nés.
S'étoffant d'un véritable line-up dans le but de monter sur scène, le groupe breton sort son premier EP en 2009, puis l'album "La liberté guidant le fer" en 2010 sur le label de Quetigny "Dernier Bastion, qui abrite, entre autres, Autarcie et Ciel Nocturne.
Jerry développe le concept de la méta-politique satirique avec l'album "Propagande érogène" en 2011, puis "Armor" en 2015, une rondelle plus personnelle, qui est un recueil de poèmes mis en musique.
Petit à petit, le groupe se stabilise en intégrant le batteur Sistre, évoluant désormais dans le groupe basque Numen, Öberkommander 666 à la basse et surtout, cette époque marque le retour de Mist, fondamental pour le bien-être du groupe.
Ainsi, en 2021, sort l'album "Le tyran et l'esthète", un album puissant, dans la lignée du premier LP qui est aussi la première concrétisation de la collaboration avec le label nantais "Les Acteurs De L'Ombre" (Galibot, Les Bâtards Du Roi, Houle...).
Entre 2021 et aujourd'hui, Jerry a fait évoluer son deuxième projet Gùrù, avec deux albums "Nova lux" et le petit dernier "Revel in the end of the world" sorti en 2025 chez "L'Ordalie Noire".
LES CHANTS DE NIHIL redonnent de la voix le 6 Novembre 2026 avec "Graines", un album traitant d'écologie et de la création, avec un regard toujours acerbe, tentant de répondre à cette question : si la Terre avait une âme, qu'aurait-elle à nous dire ? Ici, notre planète personnifiée se met à nu quant à ses désirs, son innocence perdue, et sa rébellion contre sa progéniture.
Pour illustrer cet album, quel artiste serait le mieux concerné que Jerry, qui nous propose cette Mère Nature, martyrisée telle Saint-Sébastien. D'ailleurs, on peut voir l'évolution de la conception de l'oeuvre dans le clip du single "Saigner".
Le livret incluant les photos bucoliques d'Aurélie Parramon est réalisé par Sauge Noire, qui auparavant, a œuvré pour Borgne, Déjà, Houle, RuYYn... mais déjà pour le précédent opus du groupe.
"Graines" sera déployé en CD, vinyle noir, et splatter transparent vert et vert/doré aux couleurs dominantes de l'artwork.
On entame les cinquante minutes de l'album par une note de basse et un cri de Jerry avec "Ignares", pour laisser une grande place à une période instrumentale, martelée par la batterie, le chant caractéristique poussif reprenant l'ascendant avec un texte volontairement compréhensif, puis "Saigner" nous fait changer complètement d'ambiance avec ses envolées lyriques et cette alternance de voix, entre celle de Jerry et les chants secondaires grandiloquents, toujours au rythme rapide de la baguette de Sistre.
Ce même tempo se pose pour "Garnies" et ses distorsions de guitares, marquant fortement le titre de ses textes presque parlés. Quelques cordes frottées de façon répétée et "Regains" démarre à fond de balle avec le cri et le chant saccadé du frontman.
Puis après quatre titres aux noms disparates, quatres autres "Graines" suivent, comme si l'album était coupé en deux, tout en gardant l'essence et la force des morceaux précédents.
"Graines I : L'imprégnation" est toujours marqué par ce chant profond, cette batterie rapide et omniprésente, mais avec des chœurs en arrière-plan donnant un caractère dramatique.
Quant à "Graines II : Le temps suspendu", il ne s'agit "que" d'un court morceau de piano dont les notes tantôt apaisantes, tantôt terribles, semblent flotter dans l'atmosphère. Puis la puissance reprend avec "Graines III : L'étincelle primale", telle une renaissance, une force tranquille alternant chant lent et paroles. Un grand moment calme annonce cette flammèche et l'explosion de la Nature. Le chant clair qui occupe la moitié des neuf minutes de cet item propose une belle perspective.
En effet, "Graines IV : Pour un ailleurs" reprend le chant grave et le rythme soutenu du début de l'album. Les guitares s'envolent pour ce dernier titre, qui ressemble à un bouquet final de feux d'artifice.
Ainsi s'achève "Graines", un album fort... Si fort qu'il peut paraître épuisant par tant de blasts, de riffs et d'énergie, le rendant parfois un poil inaccessible pour certains auditeurs. Cependant, LES CHANTS DE NIHIL nous délivre un excellent album qui marque le grand retour du groupe... Et franchement ça valait le coup d'attendre !
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