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CHRONIQUES |
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MALARIII
"Like a mountain that lies in pain"
2025 (Autoproduction)

Discographie
Disgracious dance of eternity (2021)
Apostropaïc void (2022)
Garden of lies (2023)
Like a mountain that lies in pain (2025) |
Il y a des artistes et des albums qui paraissent être des extraterrestres et des vaisseaux passés trop facilement et malheureusement sous les radars. C'est le cas du toulousain Mathis Denis, à travers son one-man-band, MALARIII, qui nous invite dans sa quatrième aventure avec l'opus "Like a mountain that lies in pain".
Ce manipulateur d'instruments, dont le saxophone, évolue dans deux formations de Prog : The last Dodo et Big Blue Girafa, lui donnant ainsi une autre image. En parallèle, l'artiste monte donc MALARIII en 2021 et sort un album par an. Ce dernier, sorti le 1er Août 2025 de façon indépendante, nous transporte dans un voyage introspectif.
L'artwork signé de la main du graphiste russe Mosa Eye, spécialiste des visions d'horreur et adapté en incorporant le logo par Yas donne le ton : la forme humanoïde, sombre, inquiétante et difforme décrit l'état d'esprit lors de l'écriture.
Le titre de l'album évoque un passé prometteur, concrétisé par un océan et un avenir incertain sous la forme d'une montagne abrupte et vertigineuse, jonchée d'obstacles qu'il faut gravir.
Enregistré, mixé et masterisé dans le home studio de l'artiste, l'album est téléchargeable sur les différentes plateformes, et franchement pour une dizaine d'euros, on n'hésite pas une seconde.
"Like a mountain that lies in pain" commence par un tintement de clochettes et de choeurs, un moment heureux, lové dans l'opulence, mais par pour longtemps : le tourment arrive rapidement à l'approche des riffs lourds, des guitares et de la voix profonde. Cette mixité marque la transition de ces états d'esprits.
Le premier titre "Blessed be" est déjà un moment puissant. Les changements de rythme sont de plus en plus dramatiques au fur et à mesure que les sept minutes s'égrainent.
On repart sur du son lourd et pesant mais plus rapide pendant "Lightbringer". La voix se fait vraiment inquiétante, assistée par une batterie et des cymbales insistantes. La confrontation des choeurs plus clairs et le chant profond est un combat. L'ambiance est malsaine et austère, entre tristesse et rage.
"La jetée" offre un moment paisible entre pincements de cordes et clétages de saxophones, rendant forcément le morceau mélancolique. Le chant presque parlé, déclaratif, se veut parfois poussif, parfois calme. "La jetée" est rapidement envahie par la tempête de l'esprit, par de gros riffs et la voix caverneuse, relayée par l'instrument de cuivre. ce titre de presque dix minutes est tout simplement énorme, terrible, et un chef-d'œuvre à lui tout seul.
A l'image du titre de l'album, la mer est un élément central, tantôt d'encre, tantôt déchaînée. Si le morceau "Mare tranquillitatis" paraît apaisant, les accords de guitares et de basses fortes, reliée par des cymbales, ne sont que déferlantes et ressacs.
Pour sa part, "Toteninsel" est un titre bizarre. Il désigne le point de départ d'une série de cinq peintures "L'île des morts" d'Arnold Böcklin, peintre, sculpteur et dessinateur suisse né en 1827 et décédé en 1901. Représentant du symbolisme allemand, il fut salué comme "un artiste génial et ironique" par les surréalistes Ernst, Dali et De Chirico. Rachmaninov composera son poème symphonique "L'île des morts" à partir de ses œuvres.
Le saxophone se fait grave et triste pour ce "Toteninsel". La batterie bat le rythme pendant que la guitare est en fond. Le chant se fait épique... Presque wagnérien.
Le titre éponyme de l'album est entamé par des stridulations d'une guitare 8 cordes, rapidement rejointe par une batterie frénétique et un chant en anglais fort et profond. Le rythme ralentit, mais sans baisser d'intensité. La cymbale sert de métronome avant de changer à nouveau d'univers musical. L'orchestration se fait paisible, presque Prog. On stagne dans la noirceur la plus totale pendant la fin du titre qui, decrescendo, laisse l'auditeur dans sa torpeur.
On revient dans la langue de Molière pour "Les confins vermeils", dans lequel Élie Delbreil, la protagoniste du projet solo "Dusk of Winter" , intervient pendant les soli de guitares. Les instruments électriques et électroniques sont des courants marins nous entraînant dans des tourbillons d'eau glacée.
Seconde collaboration pour cet album, Dorian Pied de The Last Dodo est présent dans "Oblivion wells", un titre bien différent des autres, avec un jeux de voix changeantes et une ritournelle de cordes entêtantes... Jusqu'aux deux dernières minutes, où l'inquiétude revient dans nos pavillons avec un choeur de tristesse et un final instrumental de haute volée.
Enfin, "Tu les piétines" est à l'image de l'ascension de la montagne. La guitare évoque la difficulté, et chaque riff, un pas vers la cîme. La voix est meurtrie, écorchée... Plus de huit minutes de souffrances et de peines.
Rarement un album ne s'est démarqué par son atmosphère aussi chargée d'émotions. Pendant plus d'une heure, "Like a mountain that lies in pain" nous transporte dans le déchirement de l'introspection, mélant DSBM et Jazz. le voyage personnel ne pourrait être complet sans une expérience en concert. Mathis Denis vient de recruter un batteur, et d'autres musiciens devraient très vite les rejoindre. Alors, après s'être imprégné de cette ambiance incroyablement lourde mais tellement plaisante de MALARIII, on guette son passage sur scène avec la plus grande des impatiences.
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Chronique par
Blut Sauger
Novembre 2025 |
01 - Blessed be (7:22)
02 - Lightbringer (5:06)
03 - La jetée (9:44)
04 - Mare tranquillitatis (7:13)
05 - Toteninsel (6:12)
06 - Like a mountain that lies in pain (8:19)
07 - Les confins vermeils (7:24)
08 - Oblivion wells (8:43)
09 - Tu les piétines (8:28) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
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