MISANTHROPE – Embrasement (2026)


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MISANTHROPE

"Embrasement"

2026

(Holy Records)

Discographie

Holy inductive theories (1989)
Crisis of soul (1990)
Hater of mankind (1991)
Promo Tape '92 (1992)
Variation of inductive theories (1993)
Miracles : totem taboo (1994)
1666... Theatre bizarre (1995)
Libertine humiliation (1998)
Immortel (2000)
Recueil d'écueils (2000)
Sadistic sex daemon (2003)
Metal hurlant (2005)
IrremeDIABLE (2008)
Misanthro-Thérapie (2008)
Lumières et obscurité EP (2012)
Aenigma mystica (2013)
ΑXΩ (2017)
Bâtisseur de cathédrales : Les fissures de l'édifice (2020)
Les déclinistes (2022)
Live - Immortal wars in Eden (2024)
Death ascent (2025)
Tribute to their majesties (2025)
Embrasement (2026)

S'il existe une légende française du Death Metal discrète mais toujours bien présente, c'est bien MISANTHROPE. Actifs depuis 1988, les Angevins sont nés à la même époque que les LOUDBLAST, AGRESSOR et DEATH, dont S.A.S de l'Argilière est fan au point de réaliser un rêve en enregistrant un album dans les studios de Tampa en Floride, au Morrisound Recording.

Le monde de MISANTHROPE tourne autour du personnage d'Alceste, emprunté à Molière, figure à l'esprit torturé criant ses colères contre la médiocrité de l'espèce humaine, évoluant entre religion, histoire et royauté, philosophie et forcément misanthropie.

MISANTHROPE est un exemple de longévité dans la sphère Metal. Philippe Courtois est toujours accompagné de Gaël Féret à la batterie, Anthony Scemama à la guitare et de son comparse de toujours Jean-Jacques Moréac à la basse. Cette cohésion, visible sur scène et perceptible sur disque, existe depuis 2002 et l'album "Sadistic sex daemon.

Ainsi, de cette constance est né le 29 Mai 2026 "Embrasement", leur onzième album, mais dans la continuité de "Alpha X Omega" de 2017, le groupe ayant privilégié les sorties événements tel le "Death ascent" (2025) et l'album hommage "Tribute to their majesties" (2026).

C'est donc tout feu tout flamme que la bande de Philippe Courtois revient sur le devant de la scène (mais l'avait-elle réellement quitté ?) avec cette fresque historique en français, dans laquelle Alceste observe cette inévitable autodestruction de la société, entre guerres de religions et déclin de civilisations, le feu étant l'élément moteur, central et purificateur.

MISANTHROPE n'a pas fait dans la dentelle de jabot pour cet album, à commencer par cet artwork flamboyant et explicite à la rapière misanthropique, planté dans un Paris dévasté, signé de l'artiste grec Giannis Nakos de
Remedy Art Design qui a, par le passé, travaillé pour les pochettes de Whiplash, Vomitory, Suffocation, Ashen et Evergrey.

De plus, enregistré, mixé et masterisé par le partenaire Frédéric Gervais dans ses studios
Henosis, comme à l'accoutumé, l'album compte treize titres, dont la durée minimale est de quatre minutes, si l'on exclut le dernier instrumental, servant d'outro. Enfin, "Embrasement", naturellement produit par Holy Records est édité en version CD, cassette, et double vinyle marbré ambre à quatre-vingts exemplaires et marbré rouge à cent-soixante, rendant l'objet iconique.

L'album commence très fort avec "i>Le diagnostic des aiguilles"... Après quelques accords répétés et l'auditeur se retrouve dans un growl étonnamment jeune et un chant scandé de Philippe, entre touches légères de clavier baroques et de guitare délicate, entrecoupées de textes parlés par une voix claire et geignarde.

"Helloïse", change de cap puisqu'il s'agit d'un titre du plus pur Death Metal avec un chant plus crié, la guitare d'Anthony Scemama dominatrice et une batterie martelée à outrance. De son côté "Édificateur de l'Anjou" est épique en partant dans un amble avant que le cheval de Gaël Féret démarre au triple galop. S.A.S. de l'Argilière prend son chant profond et envolé sur un mélange de claviers et de cordes.

"A nos fils vainqueurs" à un caractère plus grandiloquent et baroque dont seul MISANTHROPE a le secret. L'air de ce titre est lourd et malsain, entre pleurs et chants profonds, tandis que "Rapaces" comme celui planant au-dessus de la capitale de la pochette, est une métaphore musicale. Le chant semble évoquer le vol tourbillonnant de l'oiseau de proie. Quant aux instruments, ils symbolisent l'attaque des serres acérés. Le titre est extrêmement dynamique avec des parties de guitares presque Heavy et un flot de paroles incessant.

"Trismégiste" était le surnom que les Grecs donnaient à Hermès et qui signifie "
trois fois plus grand". Le titre est tellement alambiqué qu'on a l'impression d'un désordre de notes mais organisé entre riffs, solo, scansion, ce qui le rend énigmatique et énorme, avant que "Ancrage" ne reparte à toute vitesse, dans les accords rapides d'un Death Metal plus traditionnel, avec quelques touches de clavier.

Le titre éponyme "Embrasement", dans la même vibe, est marqué par un chant enragé et des changements de tempo, appuyé par la basse de Jean-Jacques jusqu'ici discrète.

"Comtesse vampyr" est magnifié par un clip tourné au Musée des Beaux-Arts d'Angers, cher à Philippe Courtois, qui y a trouvé l'œuvre de la pochette de "Spleen angel" du projet annexe qu'est Argile. L'approche musicale est différente avec un thème et une composition passant pas très loin du Metal Noir. Cependant, le "Comtesse vampyr" s'intègre parfaitement dans l'album.

"Le couvent des maudites" revient dans le giron du bon Death mélodique qui tabasse, entre rapidité, riffs et chant guttural.

Dans la mythologie grecque, le Léthé était le fleuve des Enfers où les ombres allaient boire pour oublier le passé. "Sous moi coule le Léthé" est écrit dans la pure tradition de MISANTHROPE avec des envolées lyriques de claviers et de distorsions pendant un chant martelé et de chants clairs et éthérés.

Les secondes sont égrenées par la batterie, le face à face basse - guitare annonce "L'affrontement" final violent sera sans issue, ni arrêt. Chaque syllabe, chaque note, chaque coup de stick est un coup porté avec hargne jusqu'à la mort.

Titre instrumental ultime, "Aube nouvelle" vient conclure "Embrasement" d'une façon paisible, avant que l'envolée lyrique donne une perspective positive, telle une fenêtre ouverte sur un paysage de carte postale.

Ainsi s'achève "Embrasement". Avec celui-ci, MISANTHROPE met le feu à la platine. Neuf ans après "Alpha X Omega", S.A.S. de l'Argilière et ses trois comparses n'ont pas dû souffler longtemps sur les braises pour raviver le grand brasier. "Embrasement" est théâtral à souhait, magique et tragique, bref tout simplement énorme, avec, comme d'habitude des textes baroques extrêmement travaillés.

C'est donc un magnifique album de MISANTHROPE qui n'a vraiment rien perdu de sa superbe. Aeternitas !
Chronique par Blut Sauger
Juin 2026

01 - Le diagnostic des aiguilles (5:20)
02 - Helloïse (4:23)
03 - Édificateur de l'Anjou (5:42)
04 - À nos fils vainqueurs (4:57)
05 - Rapaces (5:03)
06 - Trismégiste (5:45)
07 - Ancrage (4:55)
08 - Embrasement (5:49)
09 - Comtesse vampyr (5:26)
10 - Le couvent des maudites (4:01)
11 - Sous moi coule le Léthé (5:30)
12 - L'affrontement (4:57)
13 - Aube nouvelle (3:01)

Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles ICI Cliquez pour ajouter les paroles

Musiciens : S.A.S de l'Argilière (Chant), Anthony Scemama (Guitare, Claviers), Jean-Jacques Moréac (Basse, Claviers), Gaël Féret (Batterie)

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