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CHRONIQUES |
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NARAKA
"Born in darkness"
2025 (Art Gates Records)

Discographie
In tenebris (2021)
Born in darkness (2025) |
Manier le Metal est tout un art : du gisement des années '70 aux alliages d'aujourd'hui, les techniques ont bien évolué, les forgerons de l'époque laissant place aux orfèvres. C'est ce statut que peuvent revendiquer les quatre membres de NARAKA, qui trempent leurs lames dans l'acide infernal, le nom désignant les Enfers dans le Bouddhisme et l'Hindouisme.
Créé en 2020, NARAKA est une guilde composée de quatre maîtres-ferronniers : Pierre-André Krauzer (du groupe Vestige) à la basse, Jean-Philippe Porteux à la guitare, Théodore Rondeau au chant et celui que l'on ne présente plus, reconnaissable à son bandana noir dans ses cheveux tressés, membre de Black Rain et des Tambours du Bronx, le Marseillais Franky Costanza. Ce combo francilio-méridional sort un premier album "In tenebris" un an seulement après sa création.
Et cet opus n'est pas de l'artisanat, c'est une pièce d'orfèvrerie, comme un sabre d'apparat dans votre discothèque-musée, grâce notamment à une première pochette signée Seth Siro Anton, chanteur de Septic Flesh et graphiste de talent ayant réalisé de nombreux artworks, mais aussi à des intervenantes de qualité : Veronika Bordachinni de Fleshgod Apocalypse et Lindsay Schoolcraft de Cradle Of Filth... Autant dire, du bel art.
Après une pochette froide comme l'acier, "Born in darkness", qui sort le 24 Octobre 2025 sur le label espagnol Art Gates Records, possède un artwork signé, encore une fois d'un grand, puisqu'il a été confié au Roumain Andreas Bathory, spécialiste des représentations de diables et de vampires. Il nous présente un Baphomet de ¾ sur un fond rouge brasier.
Quant au mixage et à la masterisation, on les doit, comme pour le premier album, au Canadien Logan Mader, guitariste de Meshiaak, Once Human, Savage Existence, et qui est également intervenu pour Machine Head.
Le Metal de NARAKA est une lame d'acier damasquiné : une couche de Death Metal à la voix bien chargée, une couche de mélodies, une bonne couche d'orchestrations parfois bien épaisse, une fine épaisseur de Black, une strate d'ambiance sombre et démoniaque, le tout martelé avec précision et expertise par un Franky Costanza, au sommet de son art.
L'introduction "Apocalypsis Diem" présente d'abord un clavier, puis une batterie forte, des riffs arrivant progressivement annonçant la voix puissante qui surplomble l'ensemble, pour nous laisser avec notre asphyxie avant que le titre éponyme de l'album "Born in darkness" ne mette en avant les arpèges de guitares, qui se transforment en accords bien lourds. La voix et le refrain sont très "Early Death Metal" avec un chant crié.
L'orchestration entame "Something woke up", marqué par son rythme rapide et un chant tout droit sorti du Styx. En arrière-plan, un clavier et une voix enregistrée viennent accentuer le climat délétère pendant la partie instrumentale, alors que "Blazing sun" (soleil de plomb) vient nous écraser par ses changements de rythmes et son mélange de chant clair et de growl. Un titre assez académique qui peut dénoter avec l'aspect novateur du groupe.
Un piano démoniaque, puis une double pédale entament "Hellhound". Le morceau se veut mid-tempo, avec un apport synthétique de voix, tantôt de harpies, tantôt plus saines, ainsi que d'un violon. On ne peut que penser à l'influence du groupe de Dani Filth.
Tic-tac, une sirène d'alarme... et "Tyrants" se lance sur des accords de guitare et un chant toujours aussi profond, se transformant en voix plus Heavy pendant le refrain. Le titre se veut technique dans un grand classicisme.
Du clavier, des fûts et pédales mis en avant, voici la caractéristique de l'épique "Sorcerer". Pendant que Théo déblatère son texte, Franky semble s'éclater derrière son kit, tant "Sorcerer" semble écrit pour lui. Puis un changement d'ambiance s'opère pour ce titre flippant qu'est "Deus Belli". La voix acérée cède la place aux trompettes, claviers, chœurs inquiétants et batterie funèbre.
Avec sa rythmique dynamique, "Lost" présente une voix nonchalante, proche de la New Wave lors des couplets, qui se transforme en cris de désespoir pendant le refrain. Le titre est déroutant par sa cadence Rock 'n Roll, ce gros changement de timbre de voix et sa caisse claire.
Et on reste dans l'atypisme avec un piano et un chant clair qui annoncent une apocalypse : double pédale, choeurs et chants mystérieux, entre Doom et Growl qui agrémentent "The reign in red".
Décidément, avec "Parasite", nous avons vraiment affaire à un vocaliste qui aime montrer ses capacités à changer sa voix, laquelle est associée à un bon gros son Death Metal.
Pour le titre le plus long de l'album, "The last day on earth", le quatuor a fait appel à un invité de marque : le Patrinien Sotiris Anunnaki V, de Septic Flesh, rend l'éther encore plus lourd avec son jeu de guitare caractéristique.
Et, pour finir, la version acoustique de "Lost" semble faire office d'onguent cicatrisant sur une profonde estoque.
"Born in darkness" est un album déroutant, étonnant et dérangeant par son originalité et son aspect novateur. Avec des influences Death, Black, une orchestration à outrance, le traitement des cordes et des peaux ainsi qu'une voix changeante, NARAKA fait d'un couteau suisse une arme aiguisée comme un couperet, tranchante comme un rasoir, puissante comme une machette et tueuse comme un glaive.
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Chronique par
Blut Sauger
Octobre 2025 |
01 - Apocalypsis Diem (1:41)
02 - Born In Darkness (5:29)
03 - Something Woke Up (4:37)
04 - Blazing Sun (5:07)
05 - Hellhound (3:57)
06 - Tyrants (4:11)
07 - Sorcerer (4:00)
08 - Deus Belli (3:32)
09 - Lost (4:25)
10 - The Reign In Red (5:18)
11 - Parasite (3:31)
12 - The Reign In Red (feat. Sotiris Anunnaki V) (5:51)
13 - Lost (Acoustic Version) (3:54) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
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Musiciens
: Théodore Rondeau (Chant), Jean-Philippe Porteux (Guitare), Pierre-André Krauzer (Basse), Franky Costanza (Batterie) |
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