PRESAGE – III (2026)



CHRONIQUES


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PANAMA

"III"

2026

(Autoproduction)

Discographie

Fireball (1996)
Dog's piss (1997)
It's alive (1999)
Stick to it (2000)
III (2026)

Nés au milieu des années 90 dans la région parisienne, les Français de PANAMA se forgent d'abord une réputation de chiens fous en écumant bars, clubs et concentres bikers en France, Espagne, Portugal et Italie, armés d'un répertoire quasi intégralement dédié à AC/DC et Led Zeppelin.

Le quatuor, composé de Christophe Labaume au chant, Jacques "Rebel" Manoukian à la guitare, Jérôme Chaboseau à la basse et Stéphan Baudouin à la batterie, glisse peu à peu ses propres compos dans les sets, jusqu'à sortir un premier single "Fireball" en 1996, écoulé à plus de 2000 exemplaires en sortie de concerts.

Suivent l'album "Dog's piss" en 1997, le live "It's alive" en 1999 puis "Stick to it" le 21 juin 2000, toujours dans un Hard Rock binaire, frontal, nourri de AC/DC et de Led Zep, avant une looooooooooooongue mise en sommeil du groupe.

Des milliers de dodos après, soit près de vingt‑six ans, PANAMA ressort de sa tanière à la surprise générale, avec son nouvel album "III", qui propose 11 compositions dans la caisse. Un opus autoproduit qui sort le 1er mai 2026, sans changement de line‑up, ce qui, en soi, tient déjà du petit miracle. Stéphane Daireaux rejoint la bande en guitares additionnelles.

Musicalement, on reste en terrain Hard Rock, mais le propos s'est clairement affiné : moins de clones d'AC/DC en pilotage automatique, moins de fougue et de hargne... davantage de compositions travaillées, mélodiques, avec un vernis plus "classique" et un feeling qui évoque parfois ce Hard australien moderne dont les Français sont manifestement friands.

Dès l'ouverture, le riff de "Be alone" balance un son massif mais lisible, groove carré, chant rauque et habité de Labaume qui n'a rien perdu de son grain. Le propos est ici bien plus ténu et la mélodicité est en avant, montrant un groupe qui a pris le temps de peaufiner ses ambitions.

Dans la foulée, "Born under a bad sign" enfonce le clou sur un groove et un mid‑tempo bien tassé, où la section rythmique Chaboseau/Baudouin joue la carte de la simplicité efficace, laissant à Rebel tout l'espace pour dérouler un solo old school, avec ce qu'il faut de feeling. Les choeurs évoquent Def Leppard et la mélodicité est encore une fois prégnante.

Quand "All for money" et "Two hearts" déboulent, on entend clairement cette évolution vers un Hard Rock plus "classique" : structures plus riches, refrains taillés pour être repris en chœur, petites variations qui évitent l'effet rouleau compresseur monotone. Le groupe garde son amour des trois accords qui cognent, mais les habille de lignes vocales plus travaillées, parfois presque FM sans jamais tomber dans le sirupeux.

PANAMA à clairement évolué musicalement parlant, abandonnant son Hard Rock teigneux pour présenter ici un Hard Rock plus varié et mélodique dans le style, la musicalité et le chant, les deux guitaristes apportant en sus, davantage de textures sonores et d'harmonisations.

La suite se joue autour de morceaux comme "Moonlight shadow" et surtout "Time to go", où la voix est mise au premier plan. Le chant se fait plus nuancé, presque poignant, et l'on comprend pourquoi certains y entendent un parfum de ANGEL CITY : même façon de faire monter la tension sur un couplet retenu avant de lâcher un refrain lumineux, porté par une guitare qui sait quand se faire tranchante et quand simplement soutenir la mélodie.

Plus loin, "Back to the future" et "It's my life" ramènent PANAMA vers un terrain plus direct, parfait pour la scène : riffs immédiats, breaks simples mais efficaces, chœurs qui sentent la sueur de salle Rock... avant un "Free bird sky" qui offre un moment plus aérien, sans pour autant sombrer dans la ballade larmoyante : on reste dans le Hard, mais avec un côté qui élargit un peu la palette du disque.

Impossible de passer à côté de "Zombie des temps modernes", unique titre en français du lot. La voix rauque de Labaume y trouve un terrain de jeu idéal, entre Blues et Rock, et le choix de la langue renforce encore l'impact des lignes vocales. On sent le groupe totalement à l'aise, comme s'il réglait ses comptes avec l'époque sur un Boogie sombre et poisseux.

En clôture, "High on fire" renoue plus franchement avec la veine acédécienne des débuts : tempo enlevé, riff Boogie, batterie qui martèle en mode marteau‑pilon, parfait générique de fin pour un album qui, sans renier ses racines, montre un PANAMA plus mûr, plus mélodique et clairement de retour pour autre chose qu'un simple coup de nostalgie.

Au final, "III" sonne comme le disque que l'on n'attendait plus : celui d'un groupe français de Hard Rock resté fidèle à son line‑up, à ses influences 70's et à son amour d'AC/DC et de Led Zeppelin, mais décidé à faire évoluer sa formule vers quelque chose de plus classe, plus léché, sans perdre la puissance ni la sincérité.

Un retour différent mais réussi, qui pourrait déstabiliser les fans de la première heure, et qui donne surtout envie de voir ces morceaux prendre vie sur scène, là où PANAMA a toujours construit sa légende.
Chronique par Duby
Août 2026

01 - Be alone
02 - Born under a bad sign
03 - All for money
04 - Two hearts
05 - Moonlight shadow
06 - Time to go
07 - Back to the future
08 - It's my life
09 - Free bird sky
10 - Zombie des temps modernes
11 - High on a fire


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Musiciens : Christophe Labaume (Chant), Jacques "Rebel" Manoukian (Guitare), Stéphane Daireaux (Guitare additionnelle), Jérôme Chaboseau (Basse), Stéphan Baudouin (Batterie)
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