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Pochette REPUBLIC OF ROCK'N ROLL
"Baudelaire le revenant"
2021
(M&O Music)

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Discographie

Golden place (2014)
Upside down (2016)
The last of us (2019)
Beaudelaire le revenant (2021)
Fragile (2023)

Depuis 2013, les parisiens de REPUBLIC OF ROCK'N ROLL se sont fait un nom en délivrant un Power Rock Mélodique teinté Stoner, voire Glam, avec déjà trois albums à leur actif "Golden place" (2014), "Upside down" (2016) et "The last of us" (2019). Diversifié et efficace, ce dernier fut l'une des belles surprises de l'année 2019.

Deux ans plus tard, le combo refait parler de lui avec un projet surprenant : "
Rendre Hommage à Charles Baudelaire" pour les Deux Cent ans de sa naissance (9 avril 1821 à Paris, décédé le 31 août 1867 dans la même ville). Célèbre poète, notamment pour ses "Les fleurs du mal" (1857). Etrange gageure que de vouloir rendre hommage à cet homme en reprenant quelques-uns de ses poèmes et en les délivrant en version Rock. Vaste projet qui me fait penser à l'album de WILLOW, défunt groupe de la Roche s/Yon et son album sorti en 1998 "Le mort joyeux" et ces mots sur la pochette : "Dans une terre grasse et pleine d'escargots...", les quelques mots débutant le poème du même nom du Sieur Beaudelaire. Mais ici, l'on parle bien d'un album entier et c'est ce que se sont attelé à faire les musiciens de REPUBLIC OF ROCK N'ROLL en enregistrant et publiant "Baudelaire le revenant" le 25 juin 2021.

Stephan Poupeau et Greg Ferkins se sont creusé les méninges et ont assemblé les notes pour créer dix chansons avec dix poèmes piochés dans la richesse des écrits de Beaudelaire. C'est toujours Greg qui a produit et arrangé l'album au Studio Richelieu. L'artwork de la pochette, signé Damien J. Jarry, est plutôt réussi. On y voit, dans une rue ténébreuse, une femme aux mœurs légère qui fait le tapin, adossée contre la façade d'un bâtiment. En gros plan, un homme en costume d'époque, que l'on devine être Beaudelaire, traîne derrière lui, tel un boulet, une énorme montre à gousset, image du "temps qui passe". Le décor est planté... place au son :

"A celle qui est trop gaie", issu à l'origine des "Fleurs du lal" (1857), est l'un des six poèmes censurés à l'époque par la société assez conservatrice. Les parisiens nous proposent ce premier texte sous forme de petite bluette musicale, guitare acoustique-voix, un léger côté Bluesy Folk pour une entrée en matière plutôt calme. Tiré du même recueil mais de la partie "Spleen et idéal", "Je suis comme le roi d'un pays pluvieux" arrive sur un rythme bien Rock. Les guitares se veulent mordantes, la rythmique entraînante, avec un côté Rock British bien revendiqué. La voix de Stéphan est habitée et se marie admirablement aux textes de Beaudelaire.

On monte d'un ton et on accélère le tempo avec le très NOIR DESIRien "J'ai plus de souvenirs que si j'avais 1000 ans". Un morceau agressif à souhaits, Stéphan scandant littéralement les Mots, ponctué par une rythmique puissante rehaussée par l'énorme travail de la batterie. Une certain "urgence" et un côté Punk se ressent à l'écoute de ce titre, avec son format court d'un peu plus de deux minutes vingt, accentuant cette sensation. L'auditeur est happé et l'attention à son comble.

Alors que l'on est toujours dans "
Les fleurs du mal", "Chant d'automne" poursuit dans un registre Rock, alternant les passages plus mélodiques et riffs bien sentis. Le soufflet tombe un peu de temps en temps, mais Grégory relance l'attention en attaquant méchamment ses fûts. On est quand même un peu déconcertés, ayant du mal à retrouver l'énergie et la patte musicale dont nous avaient habitué les parisiens...

Et ce n'est pas avec "La fontaine de sang" que cette sensation va disparaître. On pense grandement au TELEPHONE de la grande époque, voire STRYCHNINE par moments. Ce n'est pas désagréable, loin s'en fau, mais cela aura du mal à subjuguer les Metalleux purs et durs ! Dans ce texte toujours issu des "Fleurs du mal", le poète utilise l'érotisme et le plaisir de la chair comme échappatoire à la condition humaine...

On poursuit avec un poème plus connu "L'albatros". Ici, REPUBLIC OF ROCK N'ROLL nous le propose sous forme de petit Rock plutôt guilleret. Avec un côté lancinant dans la voix et des chœurs bien présents pour rajouter un peu d'attractivité. L'accent est évidemment mis sur les textes, et la voix de Stéphan module les mots pour en faire ressortir toutes leurs nuances. "Tout entière" a des accents à "La bombe humaine" de TELEPHONE, le chant du leader y étant pour beaucoup. Saluons à nouveau le travail de la batterie, et cette fin tout en accélération bien sympathique.

Un côté énergique que l'on retrouve sur le plutôt réussi "Le revenant", un titre qui devrait bien passer l'épreuve du Live. Les soli de guitares sont enfin de la partie, le groupe jouant sur les ambiances et l'alternance des mélodies. "Alchimie de la douleur" au tempo plus rapide force l'intérêt. On y retrouve un côté Punk, avec un aspect "Folie" communicatif !

Dernier titre choisi en hommage au poète "Sed Non Satiata" conclut l'album. J'y retrouve une nouvelle fois du STRYCHNINE dans l'interprétation plutôt Rock. Un titre accrocheur, des passages calmes et un superbe solo de guitares, des soupirs féminins, une rythmique habitée...

Il faut donc considérer cet album comme une aparté dans les œuvres des parisiens de REPUBLIC OF ROCK N'ROLL. Un album plutôt Rock avec quelques belles envolées au service des textes de Maître Beaudelaire. Chacun suivant affinité y trouvera de-ci, de-là son plaisir. Plutôt réservé aux amateurs des groupes cités dans cette chronique, n'hésitez à jouer de votre fibre de la curiosité. Peut-être serez-vous de ceux qui adhéreront à cet album.

En attendant que REPUBLIC OF ROCK N'ROLL poursuive de nouveau son exploration musicale au son du Power Rock Stoner, redécouvrez une nouvelle façon d'appréhender certaines œuvres de Charles Beaudelaire en écoutant ce "Beaudelaire le revenant".
Chronique par Dom Baillon
Juin 2022

01 - A celle qui est trop gaie (1:00)
02 - Je suis comme le roi d'un pays pluvieux (3:56)
03 - J'ai plus de souvenirs que si j'avais 1000 ans (2:24)
04 - Chant d'automne (2:59)
05 - La fontaine de sang (3:52)
06 - L'albatros (3:12)
07 - Tout entière (3:08)
08 - Le revenant (3:26)
09 - Alchimie de la douleur (3:39)
10 - Sed Non Satiata (3:42)

Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles ICI Cliquez pour ajouter les paroles

Musiciens : Stephan Poupeau (chant+guitare), Gregory Canone (guitare+basse+batterie)

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