|
Messages |
|
|
|
Tous les évènements
ICI |
|
|
CHRONIQUES |
|
SILVER
MACHINE
"III - The sound of the shell"
2016 (Autoproduction)

Discographie
Silver Machine (MCD 2013)
II (MCD 2015)
III - The sound of shell (CD 2016)
IV - Gamma geminorum (MCD 2017) |
Après les Charentais de THE SOUNDROOTS, dans la
série "Les Furieux du Poitou" qui font parler d'eux en 2016, voici les Jonzacais
(17) de SILVER MACHINE. Le groupe s'est formé en juillet 2012 autour de
musiciens issus plutôt de la scène extrême : le guitariste Raphaël Henri (ex
Evil Speed, Asmodée, Odem Arcarum...), le Lead guitariste Nicolas "Gropoil"
Michaud (ex Asmodée, Offending...), le bassiste Vincent Mattana (ex Fate of
Fallacy, Neverland, Havenless, Ossuaire...), le batteur Vincent Roubière (ex
B.S.D., Reverence, Sael, Offending...) et enfin Brice Bonnard au chant.
L'objectif initial était pour les musiciens,
qui la plupart du temps ne jouaient que du Death ou du Black Metal, de jouer un genre
qu'ils ont toujours adoré mais jamais joué : un Hard Rock
Classique et Heavy Metal. C'est donc tout naturellement qu'ils tirent leur nom
du célèbre single "Silver machine" classé numéro 3 dans les charts U.K. de 1972,
du groupe anglais de Heavy Psychédélique/ Space Rock Hawkwind, avec l'optique de
créer un Heavy Metal dans "la mouvance d'un Rainbow ou Uriah Heep".
Les musiciens composent un répertoire qu'ils bonifient et testent sur les scènes
de la région. En novembre 2013, ils sortent une première démo 6 titres
entièrement auto-produite, enregistrée et mixée "At home" et sobrement intitulée
"I". Vu la qualité du produit n'ayant rien à envier à celui d'un label, que ce
soit côté packaging ou son, on peut sans se tromper qualifier cet enregistrement
de EP.
Musicalement, ce premier essai est le
résultat de leurs diverses influences allant de Pentagram à Blue Öyster Cult
pour le côté sombre, aux débuts de Maiden ou des eighties de Judas Priest, avec
des sonorités à la Thin Lizzy ou Alice Cooper.
Les premiers retours sont unanimement bons,
confortant les musiciens dans leur recherche d'identité. 2014 voit le premier
changement de line-up avec le départ du bassiste Vincent, remplacé par
Yannick Bizeaud (Death Lab, Strynn, ex-Vivant dissection, ex-Bemskiant).
L'année où je découvre enfin le groupe en
live, leur version de "Holy diver" de Dio me file des frissons et me fait monter les larmes aux
yeux ! Je suivrai donc le groupe à partir de ce jour sur plusieurs concerts, pouvant ainsi
apprécier l'évolution musicale et scénique de SILVER MACHINE. Année 2014 cruciale
pour leur batteur Vincent qui, après leur concert sur la même scène que KILLERS
à Bressuire le 29 mars, devint le batteur "live" des Bayonnais, lui
permettant entre autres de "brûler" les planches du Hellfest le 21 juin
2014. Il deviendra d'ailleurs l'année suivante le batteur officiel du groupe, jouant entre
autres à l'édition 2015 du Motocultor et de la 25ème édition du festival de
Vouziers.
Après cette aparté, revenons-en à l'historique de nos charentais, qui
produisent une seconde démo/EP "II" de six titres en août 2015, toujours enregistrée
"à la maison", mais cette fois-ci, le mixage est effectué au célèbre Drudenhaus
Studio.
Cet opus conforte le talent de
SILVER MACHINE auprès d'un public grandissant, dévoilant les prémices de l'évolution musicale des
Charentais. En effet, tout en creusant dans leurs influences déjà suscitées, les
musiciens commencent à y apporter de nouvelles choses.
Le second enregistrement est à peine sorti qu'ils commencent
le suivant : leur
premier album. Un projet ambitieux sous forme de concept-album.
Les musiciens subissent une nouvelle déconvenue avec le départ de Yannick,
rejoignant ainsi leur compatriote Charentais des THE SOUNDROOTS dans le club des
: "recherche désespérément un Bassiste" !
Mais le changement le plus notable
est celui du lead guitare, puisque "Gropoil" est remplacé en janvier 2016
par Julien, bien connu de la bande puisqu'il joue aux côtés de Vincent
dans Fall of Seraphs, groupe de Death Metal que ce dernier a formé lors de la
dissolution d'Offending. Julien apporte donc désormais sa pierre à l'édifice
avec son propre son, donnant ainsi une nouvelle couleur à SILVER MACHINE. C'est
particulièrement notable en live où les anciens morceaux sonnent désormais différemment,
offrant ainsi aux spectateurs de les redécouvrir.
L'album est enregistré durant l'été 2015, toujours "at home", le mixage
se déroulant en hiver, de nouveau au Drudenhaus Studio. Les parties de basse
sur l'enregistrement sont signées Mathieu Gervreau (ex-Asmodée, Sael).
Initialement prévu pour leur concert au "Festival de Pâques" fin mars à Saintes, la sortie du disque sera repoussée à
cause d'aléas postaux. "III - The sound of the shell" est disponible
durant la période printanière.
L'objet a de la
gueule ! Notamment grâce à la beauté de son artwork signé
Miss Octopussy, mettant en valeur le thème traité par ce concept-album basé sur
le roman "Lord of the lies" (Sa majesté des mouches) de William Golding. On y
retrouve les jeunes gens issus de la haute société anglaise, survivant au crash
de leur avion sur une île déserte, sans adultes. Ils sombrent peu à peu dans la
violence, la barbarie. Un régime tribal sous base d'intolérance religieuse,
parfaitement mis en image par Miss Octopussy. Au premier plan une paire de
lunettes brisées baigne dans une mare de sang, côtoyant des viscères, au milieu
desquels est planté un pique surmonté d'une tête de cochon sauvage que
survole une nuées de mouches. En arrière plan, les jeunes vêtus de pagnes et
armés de lances sont autour d'un feu dans un paysage représentant l'île déserte.
La plage est visible sur la droite ainsi que la mer. Un artwork réussi, qui tape
à l'œil et qui mériterait une version vinyle pour lui rendre l'hommage qu'il
mérite. Le livret, plutôt complet, propose la retranscription des paroles des
huit chansons proposées sur cet album. A son centre, une photo des musiciens
signée Adrien Aucher. On y trouve des renseignements sur l'enregistrement et divers
remerciements, ainsi que cette diatribe : "Support the underground : keep buying
records from small labels and bands and move you lazy ass to small gigs before
it's too fucking late and there's only big Festival and those horible MP3s.
Don't be a dick".
Comme à leur habitude, les
Charentais proposent un très bel objet pour un autoproduit n'ayant rien à envier à d'autres plus professionnels. Et côté son, chaque instrument est plutôt bien perceptible et le rendu typé
autoproduction plutôt authentique. Toutefois, mais, cela n'est que mon simple ressenti, le tout manque légèrement de puissance. Un tout léger
regret qui ne nous empêche point d'apprécier la qualité des morceaux proposés.
"The sound of the shell" ouvre les hostilités de manière
magistrale, avec ses riffs accrocheurs et hargneux. La rythmique est
entraînante et la voix puissante nous embarque à suivre son épopée. On est
plutôt dans un registre classique déjà dévoilé dans les précédentes réalisations
de SILVER MACHINE. Les soli sont d'une efficacité magistrale. En un peu plus de
trois minutes, "The sound of the shell" a ferré l'auditeur pour ne plus le
lâcher tout au long de ces presque cinquante minutes de voyage musical.
L'influence flagrante de la NWOBHM de ce premier morceau se diversifie au fil des morceaux. "Fire on the mountain" se veut plus lourd avec
des riffs bien saccadés. Idéal pour meurtrir les nuques. Une excellente entrée en
matière qui se calme avec la voix de Brice qui se fait "douce" pour un passage
plus calme montant en puissance sur un refrain fédérateur. Cette alternance de
douceur et de fulgurance est la force de ce morceau, porté littéralement par le
chanteur charismatique à la voix puissante. Chaque musicien connait parfaitement
son instrument et le manie avec efficacité, à l'image de Vincent qui nous
entraîne grâce à ses fûts à des cavalcades effrénées, comme sur ce passage pour
nous entraîner dans la partie instrumentale du morceau. La mélodie est
omniprésente dans le monde musicale de SILVER MACHINE, où les solos s'enchaînent
avec une facilité et une efficacité déconcertante.
La musique se teinte d'une certaine noirceur avec "Painted faces
(White clay, red blood)". Un mid tempo plutôt plombant dans son ton, qui
s'accélère sur les solos. Un nouveau titre efficace sur lequel vous vous
surprendrez à chanter : "Kill the pig ! Cut her throat ! Bash her in !", avec
l'image de l'artwork de l'album qui nous revient au yeux ! Le Heavy mélodique
de SILVER MACHINE fait mouche !
De la mélodie, il en est question avec "Beasts from water and air", dont l'entame
instrumentale toute en douceur est d'une réelle beauté, avant que des riffs
rageurs secondés par une batterie non moins furieuse n'entrent en jeu. Les guitares nous assènent
des rafales de notes, nous fusillant littéralement les tympans. SILVER MACHINE a la faculté de nous proposer une musique riche et
complexe, enchaînant différentes atmosphères et ambiances dans le même morceau,
tout en happant l'attention de l'auditeur pour ne plus la laisser s'évaporer.
Si les quatre premières chansons étaient plutôt dans un registre standard de trois à
quatre minutes, la suite de l'aventure se veut encore plus complexe et
progressive, s'enrichissant de nouvelles influences, mêlant allègrement mélodies
et Heavy dans des ambiances résolument sombres. Malgré toutes ces influences,
discernables par-ci par-là, dont on pourrait citer pèle mêle Iron Maiden,
Manilla Road... et pas mal de groupes de la NWOBHM en général, SILVER MACHINE a su
s'inventer son propre son et son propre Heavy, reconnaissable entre mille (le
timbre de Brice y est pour beaucoup, mais pas seulement) et en perpétuelle
évolution.
Petite intro aux cymbales plutôt surprenante, pour
entrer dans "Shadows and tall trees" qui dépasse les six minutes. Après une mise en ambiance, les riffs
entraînants nous happent une nouvelle fois. A noter dans la
deuxième partie du morceau un extrait du discours sur "l'origine et les
fondements de l'inégalité parmi les hommes" de Jean-Jacques Rousseau (1755),
déclamé par Brice. Que dire de la partie instrumentale ? Magistrale et à écouter
et savourer d'urgence !
"Gift for the darkness" se veut plus lourd, avec encore
un gros travail sur les ambiances. Un morceau qui marque durablement les nuques
! Les Charentais ont le chic pour taper où ça touche. Impossible de
résister aux headbangings ! Le tout en proposant une musique riche et complexe,
mais jamais ennuyeuse !
Comment résister à la beauté sombre de "View to a death" ? Résolument
progressive, on a la fausse impression d'être dans une power ballade aux saveurs
lugubres. La noirceur des solos donne l'impression d'entendre un chant funèbre
de démons. Un morceau résolument sombre et envoûtant ! Un voyage aux bords des
abîmes avoisinant les huit minutes, qui ne laisse par indemne.
Mais les Charentais ne s'arrêtent pas là et nous assènent une pièce maîtresse de douze
minutes cinquante neuf en guise de dessert : "Cry of the hunters" est représentatif de la musique de SILVER
MACHINE. Malgré le ton résolument sombre,
la chanson nous entraîne dans un voyage onirique, alternant les ambiances
tels les chapitres d'une histoire. Le tout savamment joué et proposé pour nous
faire oublier la durée du morceau. Tel un enchanteur des temps maudits, SILVER
MACHINE se sert de sa musique pour nous transporter dans son monde lugubre et
angoissant baignant dans une beauté mélodieuse.
Suivant le groupe depuis un petit moment, j'ai
eu le temps de voir l'évolution, découvrir les nouveaux morceaux, les voir
prendre leur maturité et leur efficacité scénique. Si les premiers
enregistrements étaient prometteurs, ils étaient toutefois très emprunts de leurs diverses influences,
dont le groupe se libère aujourd'hui sans les renier, mais s'en servant pour
créer son propre son et faire évoluer leur Heavy résolument sombre et mélodique
en une empreinte complexe et riche tout de suite identifiable.
"III - The sound of the shell" est un très bel album qui ravira tous les aficionados du Heavy
Traditionnel et Moderne, mais aussi de Progressif voire de Doom... Le groupe
travaille déjà sur son successeur, en leur souhaitant qu'il trouve enfin leur
bassiste.
En attendant, nous ne saurions trop vous conseiller de vous procurer
d'urgence cet album, ainsi que les enregistrements précédants. SILVER MACHINE est un groupe à découvrir et suivre d'urgence !!! |
Chronique par
Dom Baillon
Septembre 2016 |
01 - The sound of the shell (3:25)
02 - Fire on the mountain (4:32)
03 - Paintet faces (White clay, red blood) (3:26)
04 - Beasts from water and air (4:40)
05 - Shadows and tall trees (6:22)
06 - Gift for the darkness (5:51)
07 - View to a death (7:54)
08 - Cry of the hunters (12:59) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
ICI  |
|
Musiciens
: Brice Bonnard (Chant), Julien Rémond (Lead Guitare), Raphaël Henri (Guitare),
Vincent Roubière (Batterie) |
|
|