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SILVERTRAIN
"Walls of insanity"
2016 (Brennus Music)

Discographie
Which platform please ? (LP 1979)
Keep the flame (SP 1980) Which platform please ? (CD 2013)
Silvertrain (CD 2014)
Walls of insanity (CD 2016)
No illusion (CD 2017)
Steel against steel (2021)
Bring back the silence (2023) |
Philippe Yborra, leader et fondateur de Silvertrain est quelqu'un d'humainement gentil et passionné et l'amour du Metal rapproche.... De longs échanges ont eu lieu. Je vous en propose ici la teneur, ainsi que la
dissection du nouvel album de Silvertrain "Walls of insanity", sorti le 25 mars 2016.
Commençons par un plongeon dans le passé...
"Les origines de Silvertrain remontent à 1975, suite à ma rencontre avec Chris Lane du côté de Strasbourg. Il a fallut un
peu de temps pour réellement démarrer,
donc le vrai départ de Silvertrain c'est de 1978 jusqu'en 1986".
Pourquoi avoir choisis
de prendre des pseudos ?
"Avec Chris Lane, notre ambition... plus qu'une ambition, c'était une volonté,
et on l'a fait ! On était Pro, et pour être Pro, qu'est-ce qu'on fait ? On a
d'abord trouvé un lieu, une gare désaffectée (grâce à ma tante qui travaillait à
la SNCF), que nous avons aménagée pour y vivre tous ensemble. En 1975, j'ai
rencontré Chris Lane. Les semaines qui suivent se furent Martin et Christian, le
bassiste et batteur. Etant donné que nous résidions à proximité de Strasbourg et de
l'Allemagne, on voulait faire une carrière internationale. Pour
ça, on ne s'appelle pas Durant ou Dupont. Nous avons donc décidés d'utiliser des
noms d'artistes. Pas vraiment nouveau aussi à l'époque puisque Eddy Mitchel,
Johnny... ont des noms d'artistes. On a cherché et trouvé vite fait, bien fait !
C'était comme ça, le petit truc, le côté sophistiqué du groupe pour avoir une
carrière internationale".
Une carrière qui
démarre sur les chapeaux-de-roues avec près de 440 concerts !
"L'ADN de Silvertrain a toujours été le concert, la route. On a eu la
chance pour trouver ces tournées. Nous n'avions pas de Tour Manager à l'époque.
C'est nous-mêmes qui faisions tout ! A force, nous avons commencé par
cinquante, soixante concerts... Puis j'ai eu la chance de rencontrer Michel Kilhoffer par l'intermédiaire de Patrice Boutin, qui était le patron du journal
Best, mensuel similaire à Rock & Folk à l'époque. Michel m'a appelé dans son
bureau à Mulhouse. Il m'a dit :
"Phil, je vois que vous tournez beaucoup, je vois passer les dates. Je vous ai
aussi vus en concert. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir si vous seriez
d'accord pour faire la première partie d'un grand groupe."
"Ben oui, aucun problème Michel, c'est qui le groupe ?"
"Bon ben voilà, je ne vous donne pas de cachet, vous n'avez pas d'intendance,
déplacement, bouffe, etc... Vous n'avez rien ! vous montez et démontez le
matos. Est-ce que ça t'intéresse ?"
"Tu peux me dire le nom du groupe ?"
"Non. Tu réfléchis et tu me dis". Dans la seconde, j'ai dit :
"Banco !". On se serre la main et c'est là qu'il m'annonce que c'est la tournée
"Bomber Tour" de Motörhead. On a donc enclenché sur la tournée Bomber Tour
de Motörhead. Le côté magique de cette tournée, c'est que Lemmy est venu nous
voir lorsque nous montions le matos et nous a dit "le contrat c'est ça !". On
fait le premier concert à Bordeaux et à la fin de la soirée, nous sommes allés
dans les loges de Motörhead. Lemmy vient me voir et me dit : "Phil, dorénavant,
vous ne montez ni ne démontez le matos".
C'est pas génial ça !?! Maintenant il y
a prescription, et je peux le dire : Lemmy, Phil "Animal" Taylor ou Fast Eddy
Clark (le line-up Motörhead de l'époque) sont des mecs... sont des sucres quoi !
Fallait pas casser l'image, mais ce sont de vrais gentils ! On croit toujours
que c'est des baroudeurs, des mecs qui font n'importe quoi. Non, non non ! Ce
sont des personnes vraiment gentilles. Mais il fallait être à la hauteur,
c'était vraiment des professionnels. Idem, lorsqu'on a fait la première partie
de Rose Tattoo, qui est tombée après celle de Motörhead. Avec ces derniers nous
avons effectués treize dates en Allemagne. La Prod allemande qui avait acheté
la tournée à Michel était tellement satisfaite de cette première partie dans leur
pays, qu'ils nous en ont proposé une autre : c'était celle de Rose Tattoo.
On a donc fait la tournée Allemagne + France, et également avec Foreigner. Tous
ces gens-là, ce sont de grands professionnels. A côté d'eux, au démarrage, tu
es tout petit et tu apprends énormément ! Il faut savoir apprendre, savoir
être humble et surtout, se laisser guider, conseiller. Ils avaient énormément
d'expérience et de grosses dates. Et quand tu joues, que ce soit avec Motörhead, Rose Tattoo
ou Foreigner, dans des salles de cinq mille,
huit mille, dix mille personnes... Ouch ! ça fait chaud ! Parce que nous,
nous ne faisions que les MJC avec cent, cent cinquante voire deux cent
personnes ! Donc, tu vois ! La notoriété de Silvertrain a été acquise grâce à ça
!".
Cela ne vous a pas
donné "La grosse tête" ?
"C'est une question de caractère. Quand tu es professionnel, tu
fais ton truc jusqu'au bout. Tu essaies d'être le meilleur possible,
d'équilibrer les comptes le plus juste possible. J'ai malheureusement rencontré
en France beaucoup de gens qui avaient les chevilles qui enflent, le melon !
Trop ! La meilleure
façon de remettre les cons à leur place, c'est de leur montrer ce que tu es
réellement. C'est comme un artisan. S'il fait de la merde, tu vas lui dire.
Par contre, si c'est fait avec passion, avec amour, c'est un vrai pro. Tous les
métiers c'est pareil. Dans la musique, il faut être partant. Regarde AC/DC. Ils
ont changé Brian. C'est Axel qui le remplace. Bien sûr c'est pas Bon Scott,
c'est pas Brian, mais il fait ce qu'il peut ! J'ai écouté leur concert
et c'est pas si mal que ça ! Ca veut dire que quand tu es pro, tu ne te prends pas la
tête et tu fais vraiment ce que tu aimes faire !".
Parlons un peu de la
discographie de l'époque...
"A l'époque, pour l'album "Which platform, please ?" et ses deux ans de
préparation, on écoutait beaucoup Kansas, Boston, Slade, Jetthro Tull... ça,
c'était plus Chris. Moi c'était plutôt Black Sabbath, Ozzy Osbourne, Rainbow,
des noms comme ça. C'est un patchwork intéressant. Et à l'écoute, avec des morceaux comme "Magic man", "Nearer to the light"... Tu retrouves vraiment
cette période très très belle, très créative. Ces morceaux représentent
vraiment cette période. Cet album est vraiment un condensé de ce que l'on
écoutait à l'époque. Le style de Silvertrain a commencé à se dessiner à cette
époque. Et surtout cet album a
tout de suite été chroniqué "car un mec chantait
bizarrement". Un chant différent de ce que l'on entendait à l'époque, une voix
particulière. Et cela mettait les gens dans un contexte très simple : on aime ou
on n'aime pas ! Cela a donné de belles chroniques.
Ça nous a permis d'avoir
cette particularité de la voix, ajoutée à la création de Chris pour les compos.
Tout cela a donné l'ADN de Silvertrain. Si l'on écoute bien des morceaux comme "Nearer
to the light", "Magic man", "Farewell"... dans le fond, si tu regardes bien
tous ces morceaux et que tu écoutes le dernier album que l'on a fait aujourd'hui,
bien sûr ce n'est pas pareil ! Mais tu as des relances. C'est à dire que ce que je veux
toujours, c'est garder cet ADN. Quand tu écoutes "Which platform, please ?", "Silvertrain"
ou "Walls of insanity" tu sais que c'est Silvertrain ! C'est notre signature
et je fais très attention à tout ça".
Un album suivi d'un 45
tours, c'est quand même étonnant...
"L'histoire du 45 tours est très simple : on tournait en promo de
l'album "which platform, please?", première partie de Motörhead, etc.....
et
nous étions sur un rail plus Metal. Et pour la tournée Rose Tattoo, il fallait
tout de suite sortir un test titre. Pour la préparation et pour la conception,
c'était encore plus long. Quand je dis plus long, pour un album c'est minimum
huit mois entre la création, la préparation, studio, etc... alors, Diliana
Verohoeven (véritable protagoniste de la tournée Rose Tattoo, c'est elle qui a
négocié avec Michel Kilhoffer) nous a dit "vous faites deux titres, vous
rentrez en studio et on promotionne ça". En un mois on l'avait fait, pochette
comprise. Tout compris. Et mine de rien, on en a vendu plus de dix mille de ce
petit truc là ! C'est quand même pas mal pour l'époque ! Avec "Keep the flame",
on est vraiment rentrés dans le vif du sujet, avec le Hard-Rock pur et dur qui
deviendra du Métal plus mélodique par la suite... Quand j'ai repris le flambeau
en 2013, j'ai fait sortir un album qui s'appelle "Which platform please ?" qui
est une compilation regroupant l'album et le 45 tours, plus trois morceaux inédits en
live, enregistrés à Nancy lors de la tournée en première partie de Rose Tattoo.
Ces trois chansons en live montrent vraiment le vrai virage musical de Silvertrain.
C'était vraiment important !".
J'imagine que ces
tournées incessantes laissent des marques...
Dans la vie, tu peux où du moins tu essaies de tout contrôler, sauf le destin.
Celui de Silvertrain a été provoqué tout simplement, sans le vouloir. On
tournait énormément et ce qui s'est produit lors des dernières tournées,
lorsque nous faisions une vingtaine de concerts en 84, 85, Chris se fatiguait
énormément. On était obligés de s'arrêter. On a fait un break, deux breaks,
trois breaks... un moment donné, il a été obligé de consulter et ils lui ont
découvert une insuffisance sanguine. On a donc arrêtés ! Moi, je ne pouvais
pas imaginer tourner sans Chris ! Quand tu vis dix ans avec une
personne, on vivait tous ensemble dans notre gare, c'était nous, nos copines,
les femmes, les enfants, tous ensemble ! Et donc quand tu vis ça, tu ne peux pas.
Ce n'était pas dans notre esprit. On a donc arrêtés dans l'espoir de recommencer
plus tard. Le plus tard n'est jamais arrivé. C'est malheureux, triste... Chris
n'a pratiquement jamais travaillé, handicapé à cause de ça. Il a fait des petits
boulots. Il s'est retrouvé très très bas, mais on l'a toujours aidé, que ce soit
Chris, Martin ou moi. On le suivait, on allait le voir. Même lorsque j'ai
déménagé j'allais le voir trois fois dans l'année. On ne s'est jamais perdus de vue. Même en 2009, 2010, j'essayais de
faire imaginer à Chris que nous allions reformer
le groupe. Mais il dépérissait, dépérissait... jusqu'à ce jour fatal du 8
mai 2013 où il est partit.
C'est à ce moment-là que je me suis dit : "Phil, tu te donnes un coup de pied au
cul, tu te regardes dans la glace, tu reprends le flambeau et tu y vas !".
Quand tu fais un break comme celui-là, tu as deux possibilités : soit tu continues
à y croire, à imaginer que tu vas reprendre le flambeau, mais là il y avait eu trop
de temps. Martin et Chris ont rencontré quelqu'un. Ils se sont installés. J'ai posé la question à Martin, il
m'a répondu "Phil c'est pas qu'on ne veut pas, mais on n'a plus la niaque qu'on
avait à l'époque. Mais par contre on va t'aider pour le groupe". Ils l'ont
fait et m'aident toujours ! D'ailleurs Martin et Chris sont les ambassadeurs
de Silvertrain en Allemagne. Ce sont eux qui sont chargés de communication avec
les prod' allemandes et ça va payer, puisqu'ils sont en pleines négociations. On travaille ensemble, même s'ils ne
montent pas sur scène avec nous. Je les vois régulièrement. On se tient au
courant toutes les semaines concernant leurs activités en Allemagne. Donc ils
sont très présents !".
Le retour
Pour relancer la carrière du groupe, Phil sort une compilation CD "Which platform,
please ?" regroupant les titres de l'album, le 45 tours et trois titres live
enregistrés à Nancy en 1981 : "L'idée était très simple : Silvertrain a arrêté
en 1985-86 pour des raisons qui n'étaient pas de notre ressort, c'est le
destin qui nous frappait comme ça ! Il n'était pas question que l'on reste sur
cette fin-là ! Donc on va continuer l'aventure, mais avant tu réfléchis. Comment
? Avec qui ? Parce qu'on n'est plus en 1985 mais en 2013. Tu te
poses beaucoup de questions, sur un plan budget, communication... Plein de
choses ! Tu repars quasiment à zéro ! Le train s'est arrêté en gare pendant
un certain temps, alors maintenant il faut le dégripper. Il faut faire tout ça
en amont et c'est ce que j'ai fais ! J'ai passé tout 2013 pour remettre le
train sur les rails et démarré en 2014"...
2014 et un nouvel
album
"Le premier album nouvelle mouture a été un sacré boulot. Il a fallu "cacheter" une
centaine de guitaristes. Si je n'ai pas cacheté une centaine de guitariste en
France, c'est que j'ai rien cacheté du tout !!! J'ai vu beaucoup de gens au nord,
au sud, à l'ouest ou à l'est. Et puis je m'attendais à trouver quelqu'un sur Paris,
Marseille, Lille ou même Strasbourg... mais je l'ai trouvé à Montluçon, aussi
bizarre que cela puisse paraître ! Ce mec (Mathieu Colin) m'a plu par son jeu de
guitare, son comportement intellectuel... par son comportement tout court, sa
volonté d'en faire sa profession. Il a trente deux ans. Son seul but c'est de
vivre de sa musique. Donc on a fait des tests pendant deux mois et on voit si on
peut faire des trucs. On a fait quelques petites sessions dans des bars, des
petits pubs autours de Montluçon, à Clermont et puis la mayonnaise a bien pris.
On s'est bien plus et il m'a dit "Phil, si tu es ok, moi je suis partant !".
Partant de là, on a trouvé un premier line-up avec Erwan Eveno à la batterie,
Fred à la deuxième guitare et Marine à la basse. Puis, il s'est avéré au fil des
semaines que c'était incompatible avec la mentalité
du groupe. J'ai dit
à Mat : "On va booster. On va travailler à quatre. On va transcender. C'est à
dire qu'on a une musique assez pleine, mais on va se démerder et le faire à
quatre. Il a dit "Banco, j'accepte le défi !". On a réalisé ce défi ! D'où le
premier album avec des titres comme "Heroes", "The night of oblivion"...
même s'il n'y avait pas la prod'... D'ailleurs comme l'a dit François Blanc
dans sa chronique dans Rock Hard, la première chronique "c'est vraiment
surprenant et intéressant de voir qu'un groupe qui s'arrête en 86, refasse
surface avec la même conviction, la même émotion...". La seule chose qui
était négative dans cet article, c'est que la prod' était nulle à
chier ! On avait un petit budget et donc la production n'était pas à la
hauteur. Mais ça nous a permis avec Mat, de bien définir de se booster pour
en sortir très vite un deuxième. Et là on a mis les bouchées doubles. On a multiplié
ça par dix ! Ce premier album est vraiment une reprise de Silvertrain pour
dire "Silvertrain est là" ! Les français, les allemands et ceux qui veulent bien
nous entendre et bien on est là, ne nous oubliez pas ! On va essayer de faire
des titres qui vont vous plaire et voilà !
Ça s'est avéré
payant. Cet album
marche encore très très bien. On a contacté le label Brennus Music,
puis le tourneur Rock City Agency (Mass Hysteria, Vulcain, Satan
Jokers...). On est bien placés là-dessus. Avec ce premier disque, on a planté le
drapeau en France signalant que Silvertrain est de retour".
L'album "Walls of
insanity"
"On a réfléchis avec Mat : "Qu'est ce qu'il faut pour avoir
un très bel album : 1 sur le plan prod', c'est à dire son. 2 sur le plan
communication. 3 sur un plan musique". On a donc travaillés avec Mat quinze heures
par jour sur chaque compo, pendant six
mois en immersion totale. J'ai créché chez lui. On travaillait matin, midi et soir.
On se levait la nuit, on se couchait le matin. Une quinzaine de morceaux étaient là ! Ensuite, il nous fallait le son. Qui va-t-on prendre ? J'ai laissé faire Mat.
Il a cherché et trouvé Fred, le guitariste de Bukowski qui fait également du son. J'ai écouté ce qu'il faisait et il m'a
scié ! C'est vraiment super ce qu'il fait ! J'ai donc pris mon téléphone
et je l'ai appelé : "Bonjour, je suis Phil le chanteur de Silvertrain". "Oui j'en
ai entendu parlé qu'est-ce que je peux pour toi ?". "Ben j'aimerais bien que tu
sois notre prod' si ça te dit ?". On a parlé bien sûr, mais pas simplement un ingénieur du son qui fait le son et basta, non ! C'est
un prod' qui va mettre sa patte, qui va travailler réellement l'artistique du
groupe. Il me dit qu'il va réfléchir à tout ça et que je lui envoies les
maquettes... Je le fais, une semaine, deux semaines, j'ai rien ! Troisième
semaine, je reçois un appel de Fred qui me dit "Bon Phil je suis partant. Je suis
Ok. Je m'embarque dans l'histoire". Là on a commencé à parler budget. Effectivement ce n'est pas donné, mais on tombe d'accord. Plus d'un mois et
demi de prod' avec Fred, c'est énorme. C'est beaucoup, mais je pense qu'avec le bébé
qui est sortit là, on a fait du très bon boulot sur un plan son. On a été
studieux, on a dit "bien chef !" à chaque fois. On était aux ordres et on a
fait vraiment comme Fred sentait la chose. Il m'a fait évoluer dans des
registres que je ne connaissais pas, et ça c'est vraiment intéressant. Des
morceaux comme "Agony" ou "Redemption", c'est plus la voix très aiguë de l'époque.
Il m'a fait travailler dans des registres un peu différents, qui apportent beaucoup
plus d'amplification et d'ampleur aux mélodies. Et par l'intermédiaire de Fred,
on a eu des conseils pour avoir des gens qui gravitent autour de nous. En
l'occurrence, le mastering a été fait par Magnus Lingberg qui est en Suède, et qui
nous a fait la gentillesse d'accepter de le faire. Et on travaille maintenant
avec Roger Wessier pour tout ce qui est promo, qui gère l'intermédiaire entre
le label, le tourneur et les médias. Donc la structure est bouclée. Le disque
est sorti le 25 mars 2016, le vinyle sort plus tard. Je tiens à préciser que pour cet
album la quasi totalité des morceaux est composée par Mat. Il a fait réellement des
prouesses en composant et en gardant l'identité Silvertrain, il s'est d'ailleurs
accaparé le nom. Donc ça fait plaisir !".
L'artwork
"Quand tu veux t'affirmer en faisant du haut niveau, il te
faut donc un bon son, une bonne prod', un bon mastering, une bonne
communication, des bons éléments, un bon guitariste... avec une particularité
qui est une griffe, une signature ! Tout ce qui est visuel, c'est Stan W-Decker
qui s'en occupe. On l'a rencontré quand on a invité son groupe en
2014 pour jouer à "La puce à l'oreille" à Clermont. Nous avons sympathisé.
Ça
a vraiment fusionné et il m'a dit "je fais ça et ça, si tu veux je travaille
pour vous". Je lui ai demandé de me montrer son travail. Il commençait mais
travaillait déjà
pour des groupes comme Vanden Plas. Aujourd'hui il travaille
avec beaucoup de groupes américains. Il commence à avoir une super notoriété. On s'est mis d'accords avec Mat et on lui a donné l'idée de base : il fallait qu'il
y ait un dôme sur la pochette. Un dôme qui représente à l'extérieur le passé et
à l'intérieur le futur. Le présent, c'est le mec qui rentre dans le dôme, c'est
un passage. On a voulu marquer le passage de l'ancien Silvertrain vers le nouveau
Silvertrain. Donc on lui a demandé un dôme avec le passé, le présent le futur.
Il nous a pondu des maquettes, et on était sur le cul ! Parce que ça me
plaisait. Il avait tout compris ! Il n'y a pas à discuter cent sept ans. On lui
a juste dit dôme, passé, présent et avenir et il nous a pondu ça ! La première
maquette qu'il nous a présenté est représentée au centre du livret avec le dôme
et les rails qui rentrent et qui sortent. Quand il nous a envoyé ça on était
aux anges ! Il a ensuite fignolé tout ça, le livret, etc... Même au niveau des
images... Par exemple la photo du groupe en deuxième page : "Tu vois là, t'as une gueule de con.
On dirait que t'as pris une murge
de deux ou trois jours", mais il me dit "Cette photo elle est bonne !". Bon
effectivement, j'ai une tronche de cake, mais ce n'est pas grave. Ca donne une ambiance.
On la trouve bien cette ambiance et avec
ce titre "Walls of insanity" c'est à dire le mur "pas des lamentations", mais de
toutes les doléances, de tout ce qui se passe sur la planète. Tu peux tout
mettre dedans ! Et tous les titres de cet album peuvent rappeler ce titre qui
est le dénominateur commun".
Comme à son habitude, Stan a fait du très beau boulot avec ce nouvel artwork
de qualité. L'explication de Phil est la bienvenue, balayant
toute ambiguïté avec une éventuelle série télévisée "Under the dôme"
tirée d'un récit de Stephen King. Le "passé" est représenté par un paysage
dévasté post apocalyptique, jonché de carcasses
automobiles. Une silhouette (le présent) se dirige vers le dôme, dont les portes
sont représentées par le logo du groupe. "Le logo tel qu'il est là est très actuel car il a été
inventé en 2013". Les rails sont bien présents, et on devine une cité futuriste
sous le dit-dôme. On attend avec impatience la version vinyle qui donnera un
rendu encore plus percutant à cette œuvre. Le livret, plutôt consistant, est lui
aussi des plus réussi. Alternant photos des musiciens, paroles des chansons,
renseignements sur l'album, dessins et remerciements. A préciser que si l'on
retrouve les photos de Patrick Gaudron (basse) et Romaric Rzucidio (batterie),
actuels musiciens du groupe. C'est Mathieu Colin qui s'est chargé de la basse
sur l'enregistrement de l'album et Erwan Eveno pour la batterie. Le décor est
splendide... place à la musique.
"Walls of insanity" se compose d'un format standard très eighties.
Dix titres
oscillant entre trois et quatre minutes, pour un total dépassant à peine les
quarante minutes. Ne vous attendez pas toutefois à faire un plongeon dans cette
époque luxuriante pour l'épopée du Metal. Silvertrain nous propose une musique
au son bien moderne dans un registre Hard/Heavy aux mélodies omniprésentes.
Dès l'entame et son "Rock or burn" le ton est donné. Le genre de titre que
l'on trouve dans le track-listing d'un AC/DC, bien que musicalement on soit plus dans
un format Hard US combiné à un Heavy mélodique. On évolue dans un registre
plutôt mid-tempo. Le groupe n'hésite pas de
temps en temps à accélérer le rythme pour flirter avec le Speed. D'entrée les
guitares sont acérées. On retrouve avec plaisir le chant si particulier de Phil.
Ce dernier a gagné en maturité. Le son est parfait, rendant honneur à chaque
instrument. La rythmique fait
le boulot et Mathieu nous prouve d'entrée que nous allons avoir affaire à un
album de guitares, joué avec maestria comme en témoigne les soli regorgeant de
feeling, pour une délivrance de notes scintillantes. Le refrain est efficace,
taillé pour la scène. Une légère accélération du tempo en fin de morceau et "la
messe est dite" ! Après ce premier morceau, les alsaciens nous entraînent à la rencontre de "Loreleï".
"Tiré de la légende allemande et de son fleuve
: le Rhin. Il y a un rocher qui
s'appelle le "Loreleï" qui fait une trentaine de mètres de haut et qui surplombe
le Rhin. La légende dit que la Loreleï, qui est une dame, est partie avec son
amant alors qu'elle était mariée avec un grand seigneur. Mais son amant l'a
laissée tomber et depuis ce jour, elle a tellement envie de vengeance que du haut
de ce rocher, elle détourne tous les navires qui passent et les fait sombrer. Un
peu comme dans Ulysse. Elle envoûte les marins qui passent et les fait
couler... Je met en scène cette légende avec des gens d'aujourd'hui qui sont
affamés d'expectatives, de gens qui veulent faire des choses pour faire du
papier, qui veulent tout accaparer à leur niveau, ils veulent tout maîtriser...
Tout est à eux. Ils asservissent la presse et les médias. Ils rentrent dans ce
cocon-là. Ils sont tellement mégalos qu'ils ne peuvent plus en sortir et
ne regardent que leur nombril ! C'est un peu les médias d'aujourd'hui par rapport à
une légende que je connaissais et qui m'avait vraiment plu. On essaie de capter
les politiques, de sucer tout ce qu'ils peuvent te sucer, et puis en fin de
compte tout est dirigé, tout est conditionné !".
Pour embellir cette légende en
la mettant au goût du jour, les musiciens ont durcit le ton. A l'image de
cette entrée en matière, tous fûts dehors menés de main de maître par Erwan Eveno. Les guitares agressives à souhait le rejoignent.
Le ton est résolument plus Heavy. Un énorme travail sur les voix est ici proposé, Phil modulant au gré de
l'évolution de l'histoire. L'apport de chœurs apporte un plus mélodique au
refrain. La partie instrumentale n'est pas en reste, Mathieu continuant à nous
faire partager sa maîtrise pour sa six corde, alors que la rythmique agit
hypnotiquement sur nos nuques, les poussant aux headbangings.
On monte en puissance avec "Raptor's mind"
: "Ça traite des traders qui sont dans
leur tour d'ivoire. En un clic ils arrivent à gagner un milliard
ou perdent un milliard ! C'est la nouvelle économie, qui encense le monde. Il y a
peut-être une dizaine de sociétés comme ça sur la planète, c'est eux qui gèrent
le monde. Ils n'ont aucun scrupule. Ils peuvent démolir une vie comme ils veulent
! "Raptor's mind" dénonce et montre du doigt tous ces gens
qui veulent le pouvoir à l'argent. Il y en
a qui veulent le pouvoir et qui deviennent dictateurs, mais là c'est le
pouvoir par l'argent. On domine le monde par l'argent".
Toutes guitares en avant,
on plonge dans un Heavy Speed. Le refrain est fédérateur et ces "Raptors mind"
pénètrent dans nos cervelles. Les solos sont une nouvelle fois de qualité et pour
nous en remettre, le groupe propose un petit break bienvenue sur lequel on
entend les riffs de guitares au loin montant crescendo, avant que la batterie
ne relance le débat. Des voix se succèdent, s'entremêlent et on imagine aisément
les traders jouant l'argent des autres au téléphone, alors que Phil mène le
débat. Du grand art !
Le titre éponyme nous éclate littéralement aux écoutilles ! La qualité et la
puissance du son y sont plus que flagrantes. "Walls of insanity" nous
propose
aussi de découvrir un guest et pas des moindres, puisqu'il s'agit du bassiste de Symphony X, Mike Lepond ! "Avec Mike Lepond, ça s'est passé en 2012, 2013. Mat
l'a rencontré en Belgique lors d'un festival. Ils ont sympathisé et sont restés
en contact. Lorsque nous étions en immersion pour faire l'album, Mat me dit
"Tiens ce serait pas mal de faire venir un guitariste, un bassiste ou un batteur
en guest". "Oui j'y avais pensé pour un guitariste". "Moi ce serait pour le
bassiste Mike Lepond". "Ok, on va lui demander". Il habite à New York.
On lui a
téléphoné, il nous a dit oui, et il est sur trois morceaux. Quand tu travailles
avec un pro ça va vite. On a eu des échanges de fichiers et en une semaine, le
boulot était fait !". Le tempo se veut plus pesant, limite lourd. Phil nous
bluffe littéralement avec sa voix, lui donnant un côté Deep Purple... un côté
arabisant aussi. Silvertrain a l'intelligence de varier les plaisirs pour un
rendu des plus addictifs !!! Le morceau évolue au gré des mélodies, embarquant
l'auditeur.
"Burning land" parle des mines anti-personnel.
"Il y a plein de villages en
Afrique, dont les bandes armées de dictateurs viennent violer, tuer ces tribus.
Même de grands pays comme la Russie, l'Amérique, il faut savoir le dire aussi.
Ils viennent, ils ravagent tout. La terre brûlée. Ils partent en bourrant les
villages de mines anti-personnel, et tu y vois des gamins qui n'ont plus de
jambes, des mômes qui meurent, des mères qui sont complètement déchiquetées,
des familles entières laminées ! "Burning land" parle de ça et de la peur.
Surtout la peur ! Tu es dans un village, tu entend un boum... tu sais qu'il
y en un qui s'est fait explosé ! En fin de compte, quand je parle de serpents
dans le texte, le serpent qui fuit dans la tribu, c'est pour montrer les gens, à force d'entendre les explosions,
qui suivent un petit sentier
de cinquante centimètres de large. Ils avancent pas-à-pas car là, il n'y a pas
de mines, ça crée un chemin, comme un "snake", un serpent. Si tu prends de la
hauteur, tu vois ce serpent et les gens ne voient la vie que par ce chemin-là !
C'est pas gai, mais ça parle de la réalité des choses. On ne vit pas dans un
monde de Bisounours". Malgré son thème très noir, le morceau est très
mélodique. Son entrée en guitares et de toute beauté. La voix de Phil se veut
elle-aussi plus mélodieuse avec un côté Sting. D'ailleurs un aspect Police s'y
dévoile légèrement à mon sens. On est dans un registre Hard Mélodique,
dans la lignée d'un grand Vandenberg ou d'un Dokken. Le refrain est accentué par
les chœurs et le solo est tout simplement de toute beauté.
Un morceau qui ferait
le bonheur des radios US. Malgré la noirceur de son sujet. "Burning land" est
flamboyant ! J'ai d'ailleurs posé la question à Phil "J'ai toujours dit à Mat : ce qu'il faut
c'est dénoncer, mais il ne faut pas dénoncer avec un côté grave. On ne fait pas du
Wagner, on n'est pas là pour atomiser le monde. Si c'est l'apocalypse, no future,
on ne peut plus rien faire, rien n'est possible, c'est la mort... ça c'est de la
connerie ! Il faut se dire que l'espèce humaine est ce qu'elle est. Elle a
beaucoup de mauvais côtés, mais aussi de très très bons côtés ! Il faut
toujours être positifs et la musique de Silvertrain c'est d'être positive et de
montrer cette positivité ! Que ça soit beau ! Parce que la beauté, les bons
côtés de la vie, c'est l'espoir. L'espoir de rendre les gens heureux, de leur
donner le sourire, de nouveau converser ensemble, d'aller vers l'autre... On
sait que tout cela est très difficile. Beaucoup de gens ne veulent pas
ça et sont là pour détruire, mais ils sont moins nombreux que ceux qui veulent
être positifs. Silvertrain est positif. Même si on parle de choses très
délicates et lourdes, il faut montrer que l'on est positifs, que l'on donne des
solutions. On dénonce, mais ça ne veut pas dire que l'on doit être Thrash
ou Death".
L'album se poursuit avec le morceau le plus long...
"Et encore on l'a raccourci. Il faisait huit minutes au début. C'est le rythme du titre qui
fait qu'il ne fasse plus que cinq minutes. "Metempsychosis" est un état de la
société. C'est un peu comme je te disais : "les gens voient tout noir, pas
beau, tout moche. On te montre que le mauvais côté des choses, que des guerres,
des avions qui s'écrasent, vraiment c'est tout mauvais.
Ça parle de ça.
Il ne faut pas
croire que tout est mauvais dans la vie, il y a de très belles choses et il
faut y croire. Il faut que l'on se donne la main pour voir ces belles choses, et
que l'on arrive à s'écouter, à être heureux ensemble. On tend la main vers l'autre.
Et maintenant avec la toile, avec Facebook, il y a de belles choses. Tu peux échanger. Alors bien sûr, il y a de très mauvaises choses mais "Metempsychosis" c'est ça
: il ne faut pas croire que tout est mauvais. C'est un morceau très lourd, et en
public ça paie bien ça !".
Et il est vrai que ce morceau est lourd. La
rythmique se fait pesante, les riffs sont bien gras et le tempo plombant. Les
musiciens ont l'art de pouvoir changer d'ambiance tout en suscitant l'intérêt de
l'auditeur. Il faut dire que ça joue grave sévère !
La voix de Phil se marie parfaitement à cette lourdeur. Le refrain se veut plus
mélodique, bien que la rythmique y soit plus mordante. Le morceau subit une
accélération avant que les soli diaboliques de Mathieu ne nous assaillent.
Après toute cette lourdeur "Fly towards the stars"
attaque dans un registre Heavy Speed
Mélodique du meilleur aloi. Le refrain fédérateur est superbe et les musiciens
prouvent qu'ils sont à l'aise malgré les changements de registres musicaux. A
préciser que Mike Lepond est une nouvelle fois de la partie. "Fly towards the stars" est
l'une de mes chansons préférées. Elle parle d'une
personne dont on a décelé une maladie incurable. Elle sait qu'elle va mourir et
son seul délire est de montrer aux gens et de dire à la planète qu'elle veut vivre
ailleurs. On la met dans une fusée et elle part, sachant qu'il n'y aura
pas de retour. Elle traverse le système solaire,
les nébuleuses, voyant d'autres systèmes solaires. Elle sait qu'un jour elle va
mourir, mais en attendant elle envoie toutes les informations de ce qu'elle voit.
C'est un message d'espoir vraiment important ! C'est aussi un
clin d'œil à Chris, il est parti..." (La douleur et la tristesse sont toujours
là, l'émotion est forte et Phil a du mal à continuer)... "Tu vois c'est
ça, c'est un mec qui est malade, qui va mourir et qui part, mais il a la force
de dire "les gars, je vais vous raconter tout ce que je vois".
Le morceau suivant est un très bon Heavy aux riffs acérés. Le headbanging est
de circonstance, tant on se laisse transporter par le tempo. La partie
"scandée" par Phil est idéale pour la scène. Un titre qui sera surement un grand moment de la set-list de Silvertrain.
"Agony" est plus terre à terre. Des résidences se montent sur tout le territoire français, de petits
immeubles sympas. Les gens achètent ces appartements, ils sont contents, ils sont
chez eux. Puis un jour une famille arrive dans ces résidences-là, avec une culture
différente. Elle s'implante, puis il y a le cousin, la cousine, le frère, etc, etc... En fin de compte, au bout d'un moment les gens qui ont achetés se cassent car ce n'est pas la même culture. Et puis il y a une autre culture
qui vient et ça devient un ghetto. Des zones comme il y en a de plus en plus en
France. C'est le choc des cultures, l'immigration... J'ai voulu parler de ça
car j'ai connu ça. Mon papa est d'origine basque, Bayonnais, ma maman est
d'origine alsacienne, et leurs parents, ils sont partis vivre en Algérie à
l'époque des colonies. Ils sont revenus en 1962 comme tous les pieds-noirs de
l'époque. J'étais tout petit, j'avais sept ans. On a vus, par exemple à
Perpignan, qu'il y avait ces petites résidences qui donnaient la possibilité à des
gens qui n'avaient pas beaucoup d'argent d'acheter leur maison. C'était
vachement important, c'est De-Gaulle qui avait instauré ça. Tu avais la
possibilité d'acheter et du temps pour rembourser. Mais à un moment donné des
communautés musulmanes se sont mises là-dedans et les rapatriés sont partis
ailleurs. Puis il y a deux, trois familles qui sont venues. Maintenant ce sont
des ghettos. J'ai habité Marseille pendant quatre ans, donc je sais de quoi je
parle. C'est cette situation-là que je voulais un peu montrer. Et là où il y
avait de beaux parcs, de belles pelouses, des immeubles nickels, des pots de
fleurs aux fenêtres... et bien maintenant c'est remplacé... par de la merde quoi !
L'agonie, la mort lente à petit feu".
On poursuit avec une grosse surprise : la première chanson chantée dans la
langue de Molière par Silvertrain : "On rentre en studio, on avait neuf titres et
Fred dit à un moment donné : "Ce que je vous conseille, c'est de faire un
morceau en Français, parce que vous êtes Français. Si vous faites un morceau
en Français, il y a peut-être des agents, des prog de tournées qui seront
sensibles car vous chantez en Français". "En fin de compte, tu veux une carte
de visite ?". "Oui c'est ça ! Je vous donne trois jours et vous me balancez un
texte en Français"... Je te raconte pas... on en a chié comme c'est pas permis !
Avec Mat on s'est mis en immersion totale à l'hôtel pendant trois jours, et on
griffonnait, griffonnait du papier, des tonnes de papier. Puis on a pondu ça !
Dans l'idée d'avoir notre carte de visite en Français".
Passée la première surprise d'entendre Phil chanter dans sa langue
originelle (on est tellement habitués à son timbre dans la langue de Shakespeare
!!!), le résultat est bluffant, avec un refrain marquant qui fera un malheur en live,
malgré un sujet grave et d'actualité : "La petite histoire parle des
attentats de Novembre et du Bataclan. A l'époque, on
produisait un festival en Alsace. On gagnait des sous pour
s'acheter du matos, etc. Fred Chapelier est venu nous voir jouer. Il avait
treize ans et il est tombé amoureux de ma voix. Pourquoi ? Je ne sais pas ! C'est devenu mon pote et c'est toujours mon ami aujourd'hui quarante ans après
! Il était super content quand je lui est proposé, tout comme Mike, de jouer
sur l'album. Et ça le fait, car c'est un grand professionnel. Puis il y a sa
griffe, son solo de Lead guitare, sa marque... et ça le fait bien je trouve
!".
L'apport de Fred Chapelier fait encore plus ressortir la chanson du lot.
Il
est un excellent guitariste et ses parties de soliste en sont un bel
exemple. Vous sortez de cette chanson et vous vous surprenez à chanter encore
"Pacte de sang, larmes de sang...".
La fin de l'album se dessine déjà :
"Avec "Redemption" on finit par la note positive.
On voit que tout se casse la gueule autour de nous. Du moins, on
nous dit que tout se casse la gueule, mais il faut toujours avoir l'espoir qu'il
y a des gens de bonne volonté qui vont se retrousser les manches et qu'il va y
avoir une personne qui va naître sur cette putain de planète et
rassembler plein de gens autour.
Ça s'est passé dans toutes les périodes depuis
que l'homme existe. De grands hommes ont généré des choses
magnifiques, d'autres des choses incroyablement négatives, néfastes, funestes...
Je parle des dictateurs, des guerres mondiales... Mais il va y avoir un homme,
il faut y croire, qui va arriver et nous montrer la voie. Un Martin Luther King,
un Ghandi... des gens qui vont fédérer autour d'eux et qui vont y arriver
! C'est de finir l'album par une note super positive, de croire que l'on n'est
pas dans un monde aussi négatif qu'on veut bien nous le faire croire !!!".
Avec "Redemption" on reste dans un registre Hard/Heavy efficace, alternant passage plus posé et
riffs bien agressifs. On comprend mieux à son écoute, l'apport de Fred sur le
travail de Phil. Son chant est tout simplement superbe ! C'est le troisième
morceau sur lequel intervient Mike Lepond. C'est avec une accélération tous
riffs dehors que se conclut cet album, et quel Album !
Vous l'aurez compris, tout comme Mass Hysteria, le maître-mot de Phil Yborra
c'est d'être Positif !!! Et il peut l'être avec ce nouvel album qui est une vrai
réussite ! Avec cet opus Silvertrain à la Classe Internationale !
"Walls of
insanity" est un album varié plutôt teinté Heavy, n'hésitant pas à lorgner vers
le Speed, sur lequel le maître mot est la mélodie. A l'heure ou vous lirez ces
lignes, la version vinyle devrait être disponible. Le groupe la considère comme
"Une cerise sur le gâteau. C'est comme à Noël sur le sapin. Si tu ne mets pas une
belle étoile, ça le fait pas ! Pour finaliser tout notre travail, la prod', la
cover, la communication, etc... il fallait finaliser par un bel objet qui est le
vinyle. Un objet avec la même photo, la même cover mais c'est un vinyle qui va
s'ouvrir, comme le premier album. On reprend la même physionomie que "Which
platform please ?".
Donc à vous de faire votre choix, mais il serait vraiment
dommage de passer à côté de cet album. Pour une fois, les éloges sont unanimes et méritées,
"Walls of insanity" est d'ores et déjà un album indispensable !!! Avec un disque
de cet acabit on voit mal le train dérailler. La carrière de Silvertrain s'annonce sous les meilleurs auspices. En espérant pouvoir enfin
voir le groupe sur scène, je retourne à l'écoute de ce "Walls of insanity". |
Chronique par
Dom Baillon
Juin 2016 |
01 - Rock or
burn (3:14)
02 - Lorelei (3:21)
03 - Raptor's mind (3:45)
04 - Walls of insanity (guest Mike Lepond on bass) (3:33)
05 - Burning land (3:49)
06 - Metempsychosis (5:04)
07 - Fly towards the stars (guest Mike Lepond on bass) (4:23)
08 - Agony (3:55)
09 - Pacte de sang (guest Fred Chapellier on lead guitar) (4:29)
10 - Redemption (guest Mike Lepond on bass) (4:52) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
ICI  |
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Musiciens
: Philippe Yborra (Chant), Mathieu Colin (Guitare), Patrick Gaudron (Basse),
Romaric Rzucidlo (Batterie) |
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