|
Lorsque TRUST remonte sur scène en 1988, le groupe revient d'une période trouble : séparation en 1985 après l'accueil mitigé de leur album "Rock'n'Roll", qui glissait vers un style Rock'n'Roll assumé, et au travers duquel les fans ne se reconnaissaient plus...
Avant d'immortaliser leur retour, TRUST rôde sa nouvelle dynamique lors de trois dates à Monaco, Marseille et Nice, puis s'installe deux soirs au Palais Omnisports de Paris‑Bercy, dans le cadre du festival Monsters of Rock, aux côtés d'Iron Maiden, Anthrax et Helloween. C'est là que naît "Paris by night", premier album live de TRUST, capté les 24 et 25 septembre 1988.
Le line‑up réuni pour l'occasion Bernie Bonvoisin au chant, Norbert "Nono" Krief à la guitare, Yves "Vivi" Brusco à la guitare, Frédéric Guillemet à la basse et Farid Medjane à la batterie. Une formation en béton, énergique, déterminée à prouver que TRUST reste une force scénique majeure.
Le mixage se déroule aux Studios de la Grande Armée, et le mastering est confié au Hit Factory, proposant un rendu massif et clair, sans trahir la rugosité du groupe.
Cet album live sort en double vinyle 33T (avec un 45T bonus incluant une version "feu de camp" du titre "Antisocial"), CD et cassette, immortalisant un témoignage complet de ce moment charnière.
Sur scène, TRUST pioche dans toute sa discographie, offrant un panorama de son identité. "Paris by nigh" attaque pied au plancher. Le titre AC/DCien fait son effet, face à une foule enthousiaste. La puissance est là et le chant de Bernie puissant et hargneux...
Le chanteur harangue la foule : "Tu vois, là y'a un micro, là y'en a un autre ! Tu sais ce que ça signifie ? Ce soir, on enregistre ce concert pour faire un album live ! Alors, j'espère, que tu vas te faire entendre !!!"...
... et le public répond au quart de tour, comme sur "Sors tes griffes", morceau phare de TRUST, surgit comme un coup de poing, nerveux et incisif, tandis que "Les templiers" dévoile une facette plus martiale, portée par les riffs tranchants de Nono.
Tout est parfaitement rendu. Les riffs et soli sont incisifs, le chant agressif... même si par moments quelques courts passages laissent percevoir un peu plus de retenue...
L'atmosphère change lorsque résonne "Paris". Morceau beaucoup plus Rock, il fait partie des causes de la culbute du combo par le passé. Malgré tout, Vivi pousse de belle manière son second chant, qui est pour le coup beaucoup plus agressif que celui de Bernie.
"Nous allons vous parler d'une ville de France"... "Saumur" et sa lourdeur Bluezy reprise en choeur par un POPB en feu et où la basse de Fred Guillemet impose une lourdeur palpable... Il n'y a pas à dire, les classiques sont vraiment puissants...
"Instinct de mort" poursuit. Parfaitement interprété. Le public explose évidemment sur "Antisocial", joué avec rage, comme si la bande reprenait possession de son propre mythe. Le groupe fait participer le public qui fait entendre sa voix : "A Marseille, ils étaient dix fois moins nombreux que vous... Ils gueulaient dix fois plus fort ! Vous charriez où quoi ???... Ca manque un peu de couilles !!!"...
C'est ensuite "Par compromission" qui envoie son groove, avant un "I shall return" et son aspect plus lissé... Le public est plus froid. Moins réceptif... Tu m'étonnes !
Le groupe alterne ainsi entre puissance des anciens classiques et mélodies plus mielleuses des dernières compositions... avant que "Marche ou crève" ne relance la machine avec son tempo implacable.
La fin du concert est un enchaînement de classiques tueurs : "Fatalité" frappe par son efficacité brute, "Ton dernier acte" trempe dans sa tension dramatique, puis "Au nom de la race" ramène le groupe à son Hard Rock frontal.
Enfin, "L'élite" clôture l'ensemble avec une puissance et une rage qui rappelle pourquoi TRUST à marqué son époque...
Cet album live "Paris by night" est un beau focus de notre TRUST national revenu d'entre les morts, galvanisé par un public immense et par l'urgence de prouver qu'il n'a rien perdu de sa force après le flop de son opus précédent.
Même si l'on sent dans les temps plus calmes ou certains passages qu'il se force à mettre les watts et que les grattes et chants, même si hargneux, sont légèrement plus lisses, cet album en public reste un document essentiel, brut, vibrant, qui capture TRUST au moment exact où la légende se réactive... pour le meilleur où pour le pire...
|