|
Messages |
|
|
|
Tous les évènements
ICI |
|
|
CHRONIQUES |
|
WOEST
"Vomir à outrance"
2025 (Source Atone Records)

Discographie
La fin de l'ère sauvage (2017)
Le gouffre (2019)
Vomir à outrance (2025) |
WOEST est un adjectif néerlandais signifiant "féroce". Ce mot court, cinglant et percutant, correspond tellement bien à la musique de combo méridional : féroce comme son Black Metal Indus sombre et froid, furieux comme le Punk qui le teinte et violent comme l'éructation créée par le dégoût prononcé pour la société.
Cette aversion est transmise à l'auditeur dès 2016. Formé dans la Cité Phocéenne, WOEST sort une première démo "La fin de l'ère sauvage" en 2017 et un premier album appelé "Le gouffre" deux ans plus tard.
Cette envie de gerber nous submerge, entre autres, à cause de l'iconographie et de ces maquillages hideux qu'arborent ces véritables virtuoses : Malemort à la programmation et à la guitare, son camarade de Filthy Charity, Torve au chant, que l'on connaît plus sous le nom de Guibz Zilla : illustrateur, à qui l'on doit, entre autres, les dessins du jeu "Mal Ardent" du label Les Acteurs De L'Ombre et la pochette de "Black hole district" de Monolithe. A la basse, Lazharus et à la seconde guitare, Wÿntër Arvn, arrivé cette année 2025, ex-membre d'Aorlhac et ex-musicien live de Belore. Enfin le bulgare Dimitar Dimitrov, alias Daemonicreator de Corpus Diavoli, joue les batteurs de session pour l'occasion et se charge de l'enregistrement, du mixage et de la masterisation.
Pour ce deuxième album, au nom évocateur convenant tellement bien à l'état d'esprit, "Vomir à outrance", le haut-le-coeur est également provoqué par cet artwork horrifique aux spirales malaisantes, signé Camille Murgue, artiste lyonnaise spécialiste de l'onirisme effrayant.
Ce cauchemar expérimental de cinquante-et-une minutes sort sur le label Source Atone Records, qui décidément est dénicheur de perles (Korsakov, Alta Rossa, usquam, Parlor, Berlial...) qui le distribue sous forme de CD cristal depuis le 28 Novembre 2025.
Avec une maestria nauséabonde, "Vomir à outrance" est entamé par une "Intro" nous mettant tout de suite mal à l'aise par ses sons électroniques et sirènes d'alarme, annonçant "Dionysiaque". La référence au dieu grec de l'ivresse et de la démesure se fait ici par un chaos musical, mêlant riffs et cris à la basse, pendant un extrait parlé du chef d'oeuvre du Comte de Lautréamont "Les chants de Maldoror", évoquant l'Horreur avec un grand H, le Mal et la déchéance.
Optant pour une autre dynamique, plus rapide, marquée par une batterie puissante, "Sous-sol" se démarque du précédent titre par une voix Punk et le brutalisme de l'Indus. Le chant scandé, flippant et lourd, fait de cet item un voyage dans les tréfonds de l'âme, assimilé à l'urbanisme égoutier et la misère.
Le tempo se fait lent pendant "L'Humiliation par Le Sang", rendant l'atmosphère encore plus lourde, permettant ainsi à l'auditeur de se focaliser sur les paroles. Sous des accords acérés et répétitifs, le chant se transforme en ire froide contre une lutte quotidienne pour la dignité. Malgré cet état d'esprit, les six minutes passent à la vitesse de l'éclair. On continue dans la misère psychique et sociale avec "Les Déchets De L'Âme"... La musique agit comme une oraison funèbre, le chant étiré et faussement faux se fait aussi laid que la salissure qu'il décrit. Le titre est du plus pur Black avec une petite ressemblance à celui des Canadiens de Neige et Noirceur dans "Les Ténèbres Modernes". Par contre, le titre éponyme "Vomir À Outrance" utilise plus le côté Indus et sa musique synthétique. La fracture opérée entre ce morceau et le début de l'album exprime le désir de se vider de toute la négativité en soi : le mal-être, l'humiliation et tous ces "déchets de l'âme" jusqu'à l'épuisement. "Vomir A Outrance", à travers toute sa force, est un exutoire, une libération.
Ce rejet de la société s'exprime dans "Déterminé A Puer La Merde". WOEST déclare préférer ne pas se plier aux normes sociales. Les parties rapides révèlent cette détermination quant aux temps calmes, ils concrétisent l'apaisement de l'âme.
"Brûler" est un titre très changeant, le rendant bizarre : du chant, du texte, des changements de rythmes et ce mot-titre scandé faisant office de refrain. "Brûler" est une étape entre acceptation et le rejet, le feu étant irréversible.
Enfin "L'Ode A La Pluie", dernier titre de l'album paraît plus apaisé, entre son plus posé et méditation parlée, un peu comme au moment où le souffreteux retrouve son calme et ce sentiment de vide une fois qu'il a fini de dégueuler. L'eau du ciel nettoie ce bas-monde de cette gerbe, cette merde et le résultat du brasier pendant plus de huit minutes.
"Vomir A Outrance" n'est pas un simple constat fait de titres percutants, destinés à choquer. Voici, ici, un voyage introspectif vers une évolution personnelle, du rejet de cette société malade à s'en marginaliser, en passant par l'acceptation de ce statut social jusqu'à en être fier.
Finalement, les Marseillais de WOEST expriment une misanthropie assez classique dans le Black Metal, mais leur expression est malsaine comme jamais, novatrice et tellement symbolique. "Vomir A Outrance" sera à coup sûr l'un des grands albums qui marqueront l'année 2026.
|
Chronique par
Blut Sauger
Décembre 2025 |
01 - Intro (2:01)
02 - Dionysiaque (5:55)
03 - Sous-sol (4:24)
04 - L'humiliation dans le sang (6:20)
05 - Les déchets de l'âme (6:30)
06 - Vomir à outrance (5:26)
07 - Déterminé à puer la merde (6:03)
08 - Brûler (5:08)
09 - Ode à la pluie (8:19)
10 - Hidden track (1:11) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
ICI  |
|
Musiciens
: Torve (Chant), Wÿntër Arvn (Guitare), Malemort (Guitare), Lazharus (Basse), Dæmonicreator (Drum machine, technoid chaos, and mixing) |
|
|