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CHRONIQUES |
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YÜ
"The calling"
2026 (M&O Music)

Discographie
The calling (2026) |
YÜ est un duo singulier, formé par Noémie Alazard (chant/batterie) et Yoann Laven (guitare/chœurs). Ils fonctionnent comme une seule entité, un organisme à deux têtes qui frappe, gronde et murmure dans un même mouvement.
Leur univers puise autant dans Chelsea Wolfe, Royal Blood, Hole, le Grunge, le Stoner, le Punk ou le Garage Rock, que dans un imaginaire nourri d'art, de mythologies, de symbolisme et de cinéma - David Lynch et Tarantino en tête... Tout celà donne vie à YÜ, une entité rituelle et sauvage, oscillant entre idole, clown ou chimère.
C'est dans cette logique que le duo dévoile son premier album "The calling", qui sort le 20 Février 2026 via "M&O Music". Huit titres, vingt-huit minutes d'un rock brut, sans concession, habillé d'une pochette totalement déjantée qui reflète parfaitement l'esprit du projet.
L'écoute démarre de façon très étrange. En effet, "Kiss the dog" est rapidement désagréable pour les oreilles. Un titre qui à mon sens a souffert du pressage CD, comme si plusieurs pistes se chevauchaient. Il en ressort un foutoir sans nom... Une entrée en matière déroutante, mais dû à un problème technique sur les CD Promo.
Cela est d'autant plus problable qu'avec "Wildfire" le duo retrouve toute sa clarté. Le morceau respire davantage, tout en conservant une lourdeur Grunge et une tension sous-jacente. Plus lourd dans sa première partie, le duo joue sur la montée en intensité, pour finir sur un tempo rapide et un chant rageur (mais toujours clair). L'énergie live est palpable pour ce titre à la fois glauque, sombre et aéré. Il oscille entre moments apaisés et d'autres plus électriques et nerveux dans un Grunge Rock assumé, avant de finir dans une débauche d'énergie Metal. C'est un titre sombre, nerveux, mais traversé d'aérations qui lui donnent un relief saisissant.
Plus frontal, avec une guitare abrasive et un rythme martelé, le duo déploie sur "Burning dreams" son énergie Punk, brute, urgente... sans perdre la dimension émotionnelle, pour un style global plus Hard Garage, direct, presque primal.
Selon les passages, on sent l'influence Grunge dans la rugosité du son et dans le style des guitares sur "Try to run". La lourdeur est de mise, suivant un tempo lent et lourd, avec une émotion et une douceur perceptibles lors des phases plus apaisées. L'atmosphère est lourde, presque anxieuse.
Ce qui marque dans cet album, c'est cette tension permanente. Rien n'est lisse, rien n'est poli. La voix de Noémie est un mélange rare de fragilité et de rage contenue, à la fois fragile et féroce, agissant comme un fil rouge. La guitare de Yoann, elle, ne cherche jamais à être jolie : elle mord, elle racle, elle insiste.
"Is it the world ? (Or is it me ?)" est plutôt varié dans son style, débutant avec une énergie Punk dans le chant, et un Hard crade Garage dans la musique et les ambiances. Certains refrains sonnent plus Rock dans leurs mélodies. L'énergie est mise en avant grâce au chant hargneux et agressif de Noémie. Sa voix se pose comme un cri intérieur, un exutoire.
YÜ refuse la surproduction et revendique un son capté au plus près du corps. La batterie de Noémie Alazard frappe comme un cœur en surcharge, tandis que la guitare de Yoann Laven taille l'espace en éclats abrasifs. Leur son est brut et direct, donnant à l'album une énergie immédiate et sans artifice. Le groupe développe une identité forte, avec une direction artistique très personnelle. Un style hybride, entre sauvagerie et poésie sombre. L'ensemble évoque un Grunge réinventé, débarrassé de nostalgie, où l'urgence prime sur la nostalgie.
C'est dépouillé, presque à cappela que la majorité de "Outside" se déploie. Le chant plein d'émotion, doux et clair de Noémie est juste accompagné d'une guitare toute aussi claire et douce. Presque acoustique. Une parenthèse fragile, suspendue.
Lourdeur sombre. Guitares saturées à la Black Sabbath, basse qui vrombit, swing batterie, ligne mélodique vocale attachante... "Wake up" agit comme un électrochoc, fidèle à l'esprit de l'album : pas de compromis, pas de fioritures... tout comme "Kings" qui referme cet opus dans l'énergie, avec un chant habité pour un Hard fougueux, avec un petit aspect seventies dans les guitares.
L'album est un bloc. Un bloc sombre, intense, qui ne s'autorise aucune respiration lumineuse. Pour certains, cette cohérence sera une force. Pour d'autres, une forme de radicalité qui peut fatiguer. Mais c'est précisément cette absence de compromis qui donne à l'album son identité.
C'est le genre d'opus qui ne te laisse pas tranquille. Tu le lances juste "pour voir", et tu te retrouves happé par une énergie qui ressemble à un orage intérieur, une curiosité qui se transforme en intérêt...
"The calling" est un album vivant, viscéral et cohérent, qui affirme YÜ comme un duo à l'identité artistique singulière. Il séduira particulièrement les amateurs de Punk Grunge, de son brut et d'univers sombres. Un projet qui ne cherche jamais à plaire, mais à s'exprimer, et c'est précisément ce qui le rend si attachant.
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Chronique par
Duby
Février 2026 |
01 - Kiss the dog (3:52)
02 - Wildfire (3:20)
03 - Burning dreams (3:47)
04 - Try to run (3:26)
05 - Is it the world ? (Or is it me ?) (4:50)
06 - Outside (2:30)
07 - Wake up (2:52)
08 - Kings (3:26) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
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Musiciens
: Noémie Alazard (Chant/Batterie), Yoann Laven (Guitare/Choeurs) |
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