France Metal Museum : Hard-Rock et Metal français

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COMPTE-RENDU LIVE

 

La 23ème édition du Muscadeath festival nous proposait son nectar de musiques extrêmes à Vallet (44) en Loire Atlantique, les 19 et 20 Septembre 2025.

Blut Sauger nous partage son ressenti au sujet de ce festival qui se présente de plus en plus comme un incontournable du style.

Les terres du Muscadet ont désormais l'habitude de trembler trois mois après le Hellfest. Tous les ans, des troupes noires envahissent la salle communale du Champilambart de Vallet. Pour sa vingt-troisième année, le Muscadeath se tenait le 19 et 20 Septembre avec, comme à son accoutumée, une journée dédiée au Black et une seconde au Death. L'organisation de ce festival, créé par Carnage Asso, sous la direction de deux passionnés, désirant faire connaître la culture alternative à un large public, est désormais bien rodée. L'accueil de l'espace presse est toujours aussi chaleureux et c'est avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons Alexandre Saba de M&O Music en maître des lieux.



Après avoir récupéré nos bracelets, nous nous mêlons aux festivaliers. A l'entrée, nous sommes plongés dans l'espace Merch avec ses exposants assez divers : tout d'abord les labels, les Nantais de l'Ordalie Noire, Frozen Records, Epidemia et plus loin Les Acteurs De L'Ombre et leur big stand. Puis les Éditions des Flammes Noires, Rouque Moute, les artistes Bloody Mary (la dessinatrice historique du Fest) l'illustrateur NewSalem, le tatoueur de Clisson Djevel Tatoo et les boutiques Agony, Adipocere, Casimor et Chez l'Hippogriffe, boutique de jeux de société. Perpendiculairement, un couloir le long de la salle de concert accueille le merchandising des groupes et surtout le stand de prévention monté par Eva du site Girls'N Nantes et tenu par ses soins et par trois autres bénévoles formés et très à l'écoute : Isa, Laurie et Seb. ils proposent non seulement des capotes de verres et d'autres, les traditionnels bouchons d'oreilles mais ont à notre disposition diverses documentations concernant le harcèlement, les addictions... Le bar vantant les mérites de la brasserie Mélusine occupe le bout de la salle pouvant accueillir environ 500 personnes.





VILLES ARDENTES

D'ailleurs, le public arrive pour écouter Villes Ardentes, mené par Ooan au chant, encapé et visage grimé. Avec des textes basés sur les différentes révolutions italiennes, le groupe ouvre le bal avec "Famine", premier titre de l'album de l'album "Années Rouges" de 2023, puis dans la foulée, enchaîne dans l'ordre de l'opus "Victoria", "Terres Rouges, Chemises Noires", "Valle Giulia", "Corso Traiano" et "Brigades Rouges".



Si le chanteur, John, reste assez rigide, le guitariste Damned se démène. Le concert prend une autre tournure avec un nouveau titre ("Carrier") et deux morceaux de l'EP éponyme de 2023, "Commune" et "Régicide", mettant en avant la batterie.



Pour l'ouverture, Villes Ardentes, avec son Black Metal au chant rapide, aux riffs lourds et aux textes documentés, nous promet de très bons augures pour ce qui va suivre .



USQUAM

Un premier grand phénomène est annoncé : les Parisiens d'Usquam ont sorti leur premier diamant "Ex Nihilo" en janvier dernier chez Source Atone Records. Al-Wan et ses acolytes montent sur scène, frappant des tambours sous les lights tamisés. Jessy, en grande prêtresse, dans sa longue noire, les yeux cernés de khôl, fait tintinnabuler la coche qu'elle porte à bout de bras pour "Alter Ego"... La cérémonie peut commencer.



"Bonsoir Muscadeath, Approchez-vous, le prochain morceau, c'est la guerre". Il faut rappeler que Jessy Christ a une formation de coach vocal et a pour élève Adsagona de Houle, alors pendant le furieux "Egocide", elle joue de sa voix puissante et met tout le public en émoi. "Athanor", aux rythmes introductifs plus doux, est entamé par une courte danse orientale.



Puis déferlent des riffs puissants lancés par Al-Wan, guitare en l'air. Suivront "Ego Sum", "Arcana Nox" et "Symbol". "Merci ! Merci à vous pour l'accueil. Ceci est le dernier morceau : Perseverance"." Sur un mid tempo, tous les acteurs se mettent en place, les guitares se font face, la chanteuse, bras en l'air, est prête à ce dernier combat lyrique sous une lumière blanche.



Les riffs se calment, s'éteignent. Seule, Jessy reste sur scène pour une très belle fin. Les applaudissements sont fournis et à très juste titre. Usquam, après l'avoir scotché avec son disque, continue de fasciner l'auditoire en live.



VERSATILE

Ce Muscadeath 2025 est décidément l'édition de l'événement. Le premier groupe international est attendu de pied ferme. Il est 20 h 45, le soir tombe sur les vignes et l'ambiance est idéale pour accueillir un deuxième phénomène : les Suisses de Versatile déboulent avec un Black Metal Indus sentant l'égout et la crasse de la cour des Miracles.



Sous les lumières bleues, Hatred Salander au corpse paint noir et blanc éclaboussé, entouré de la blonde Cinis, du fou famine encapuchonné à la guitare et du puissant morphée derrière les fûts. les masques effraient, l'ambiance est délétère, le show sent la folie à l'état pur. Après l'intro "Géhenne", Versatile enchaîne à la suite "Enfant Zéro" et "La Régente Blême" passent à la moulinette.



Puis arrive un invité surprise, offrant un duo de voix pendant que Morphée quitte son kit pour un fût au centre de la scène. Cinis agite un encensoir maudit pendant le début d'"Alter Ego" pour reprendre rapidement sa gratte. Hatred Salander, semblant atteint de démence, reprend son chant pour ce titre très Indus.
De l'album "Les litanies Du Vide", sorti chez les LADLO en 2025, sera également joué "Monstre" coincé entre "Un Hiver de Cendres" et "la Marque Du Chaos", extraits de l'EP "Atra Bilis" de 2022. De véritables cadeaux que nous font ce soir les membres de Versatile . Les quarante-cinq minutes sont passées bien trop vite pour le public médusé du Champilambart déjà plein comme un œuf.



DEATHCODE SOCIETY

A un moment donné, il faut bien se sustenter. L'occasion pour nous de tester les sandwiches américains nantais à la saucisse au Muscadet préparés avec amour par l'équipe de bénévoles.. Du coup, nous avons raté une bonne partie de DeathCode Society. A regrets, tant les Hauts-Savoyards nous délivrent un Black Metal péchu et froid, sans contact direct avec le public.



Visages masqués, les gratteux sont bien généreux en riffs et le chant d'Arnwald est puissant. Finalement, DeathCode Society offre un Black Metal assez classique mais qu'il est bon, parfois, d'être dans une zone de confort sans forcément être surpris.



BELPHEGOR

Et d'absence de surprise, il en est également question pour ceux qui devaient être tête d'affiche mais dont l'emploi du temps ne le permettait pas : Belphegor.



Les Autrichiens entrent sur la "Sarabande" de Georg Friedrich Haendel. Trois couos de toms et le vacarme retentit. Helmut, de son regard glacial, scrute le public en entamant Desecreation. Le growl et le cri sont séparés par guitare et cymbale.

De "Profanation of the Chapel" à "Fornication at Immondus Diabolus" de 2005 en passant par "Laceration of the Christians", 34 ans de carrière sont balayés en une heure de show théatral avec, quand même, ce sentiment amer d'un groupe blasé, sans réelles joie et envie de jouer malgré une salle complètement acquise à sa cause... Démarche commerciale ou misanthropique ? Veni, Vidi et... Parti.



ASAGRAUM

Ce soir, le monde du Metal a une muse : Obscura monte sur scène en compagnie d'A. Morthaemer à la batterie. Asagraum (la chambre d'Asag, le démon sumérien) a décidé d'achever l'auditoire. Les Bataves n'ont rien sorti depuis 2023 mais se produisent régulièrement ; on les retrouvera dans un mois au Tyrant fest (Nord), alors gageons qu'il se trame quelque chose de nouveau.



Si Obscura reste plutôt rivée à son micro, la blonde bassiste Makashanah et le guitariste live agissent tels des satellites autour d'elle. Pendant ses titres en néerlandais et en anglais comme "Black Sun Prayer", le chant est puissant et maîtrisé.



Obscura, d'une personne charmante en interview devient une diablesse enragée alors que la batteuse est une moissonneuse. Sous une chaleur écrasante, nous ne pouvons qu'affirmer que la fête a été rendue plus belle encore grâce à Asagraum. Dank U wel !



TANORK

Le programme est chargé pour cette deuxième journée du Muscadeath traditionnellement dédiée au Death Metal, avec, comme l'année dernière, une invité désagréable : la pluie. Mais elle ne perturbe pas un public bien différent de la veille venu accueillir la première formation : Tanork.



Le trio rennais, même pas âgé de 60 ans à eux trois, a déjà une solide expérience en live en jouant entre autres, sur le Hellstage de Clisson et avec une particularité : faire du Death Metal Old-School en breton. Et la recette prend immédiatement avec ce jeu à la Obituary ou à la Sepultura. En commençant par "Frog's Genocide", Melaine, Morgann et Eflam occupent le podium en slammant à s'en décrochant le cou, levant leurs instruments comme des guitar heroes et jouant face à face. Humblement, Eflam lance un "On s'appelle Tanork" avant "Ar Bed Edan Armor".



Ces gamins se montrent tueurs en décochant cinq autres flèches. "Il reste deux morceaux" : "Kurfonk" et surtout la très belle reprise de "Slave New World" de Sepultura. "Faites du bruit pour les bénévoles ! Merci Muscadeath". Le public obéit mais salue surtout la magnifique performance de ce jeune groupe, sympa, talentueux qu'il faudra désormais suivre à tout prix.



SOUTH OF HELL

On reste dans la même veine avec les savoyards de South Of Hell, qui vient nous présenter un nouvel album "Hellfernum" avec un line-up retravaillé. Le combo monte sur scène, horns up, dos au public puis lui, offre une voix caverneuse et forte.



On sent tout de suite que S.O.H; n'est pas là pour faire dans la dentelle, grâce, à son batteur à la frappe chirurgicale, un guitariste chauve slammant à chaque occasion.



Trente-cinq minutes plus tard, Heruforod se trouve face à la batterie de Pierrot, comme pour laisser les instruments finir le show. "Merci Muscadeath, merci à tous".



GURKKHAS

Attention les yeux pour un retour en arrière de... 24 ans. Les Lannionnais de Gurkkhas se sont reformés et comptent bien nous pulvériser les oreilles avec leur Brutal Death aux textes consacrés aux conflits armés.



Alors "Ce soir, c'est la guerre" comme le clame M-50 visiblement heureux d'être présent. C'est assis sur le bord du podium de la batterie que l'on retrouve les Bretons qui font exploser littéralement le Champilambart avec le poing levé de rage ou slammant pendant "A Life Of Suffering" ou encore "A Day Of Battle".



Gurrkhas est de retour sur les champs de bataille, soyez prêts". On est au garde-à-vous même !



DEVANGELIC

Un monstre, Paolo Chiti, bras levés, Mario le guitariste furieux, le mastodonte bassiste, Alessio Pacifici et Marco, le batteur montent sur scène : voici le premier groupe international de la soirée, les Italiens de Devangelic et son Brutal Death des plus efficaces.
Paolo agite ses bras, l'aidant ainsi à choper encore plus d'air dans son grand coffre. "Let me hear you ! ". Le frontman fait des allers-retours sur scène en hurlant pendant de longues secondes. Le blast est ininterrompu, les riffs tentent de suivre la foulée. Un quart de seconde de répit entre chaque titre et ça repart de plus belle. Tout le monde pogote, slamme dans une folie collective. Bizarrement à la fin du set, ce ne sont pas les membres de Devangelic qui paraissent épuisés mais le public. "Merci Beaucoup ! " Arrêt net... Fin de la boucherie.

Nous avons pris le parti de faire une pause pendant Kanine. Non pas que les Strasbourgeois n'aient pas de valeurs, bien au contraire, mais pour se poser quelques instants avant la fin épique que nous offre cette année encore le Muscadeath.



MASSACRA LEGACY

A l'occasion des 30 ans après le décès de Freddeath, le batteur Chris Palengat reprend le flambeau pour raviver la flamme avec Massacra Legacy, avec, au micro, Moreno Grosso. Et ce soir, c'est le premier concert de la formation qui propose des extraits des trois premiers albums du groupe qui a marqué le Thrash/Death à la française dans les années '90.



Le quintet est attendu de pied ferme par une salle pleine à crever. Le kit de batterie est changé pour l'occasion. Moreno Grosso est heureux d'être devant un public ivre de bonheur. On ne sait pas où le chanteur tire son énergie, l'auditoire n'est qu'un énorme pogo pendant "Enjoy The Violence" et "Final Holocaust", "Atrocious Crim" et un wall of death ouvre le public en deux pour "Evidence of Abomination". "Ce soir, nous rendons hommage à Freddeath". Et c'est reparti avec "God Of Hate" et "Nearer to Death".



"Oh yeah ! Merci ! Merci !". Ça slamme de partout, sur la scène dans le public, jusque sur le bar. Des dizaines de personnes passent au-dessus des autres . C'est une véritable frénésie. Puis arrive le moment des présentations et "Sign Of The Decline" et "Ultimate AntiChrist". "Merci, merci, c'est le jour de Massacra, The Day Of Massacra, un moment jubilatoire. Malheureusement ce sera le dernier titre. Arrivent la traditionnelle photo et le jeté de baguettes. Un concert absolument énorme vient d'avoir lieu et le public, éreinté, en a pleinement conscience.



DEMONICAL

Il va en falloir de la hargne pour tenir un public chauffé à blanc... Pas mal de personnes prennent l'air après la prestation des Français. Alors le groupe suivant met les bouchées doubles. "We are Demonical et we are coming from Sweden and we play Old School Death Metal !".



Très Old School même avec des structures de morceau traditionnelles, basiques mais efficaces, tout comme la tenue sur scène et les tourbillons capillaires. La seule vraie folie s'appelle Charlie Fryksell, le chanteur avec son énergie allant jusqu'à se faire transporter par son public et finir son set au son sein.



AVULSED

Il va falloir retrouver des forces pour ce qui va suivre. Ce que le public va voir fait office d'exception. La légende espagnole d'Avulsed entre en lice. Dave Rotten, les avant-bras tatoués Death et Metal est bien décidé de s'éclater et de nous donner du plaisir grâce à son chant guttural parsemé de pig squeal.



Mais cette prestation commence mal avec une corde cassée de la double-guitare. Alors, il faut meubler. Le fondateur du groupe discute énormément avec le public, le remerciant de soutenir la scène Death, remerciant les bénévoles et présentant d'emblée Gog à la batterie, Alex à la basse, Victor et Alejandro aux guitares. Le problême étant résolu, le set peut reprendre.



Point d'orgue de la soirée, Dave sort un bol en forme de crâne pour boire à la rasade le sang, en répandre sur les fans du premier rang avant d'en faire profiter les autres en jetant le reste du contenu. "Blood Monolith" du dernier album peut être lancé. La salle du Champilambart est un volcan et slamme d'un bloc.



UNLEASHED

Ses fumerolles n'ont pas le temps de s'éteindre avant l'éruption finale provoquée par Unleashed.

La bande de Johnny Heylund commence très fort avec "Destruction (of the race of men)" de l'album "Sworn Allegiance" de 2004. "Are you ready ?". On est prêt, archi-prêt pour se déboîter le cou avec "Hammer Battalion" de 2008 et enchaîner sur "White Christ", morceau rare de l'album "Odalheim" édité à 250 copies. Johnny lève sa basse, imposant de maîtrise, laissant le plébiscite lui couler dessus.



Puis arrive le test : "We released a new album in August". "Hold Hammers High" se lance, avec son rythme plus lent et aux parties de textes presque parlés. A voir les montées sur scène, le nouveau morceau est plutôt bien perçu. il est temps pour les présentations. Johnny introduit le nouveau guitariste Thomas, les autres membres bien évidemment, en finissant par le maître des fûts Anders qui nous lâche un petit solo. "This next song is dedicated to you, guys !". Très rythmé "To My Only Son" est animé par de gros riffs avant de s'arrêter net. La batterie reprend de plus belle pour le puissant "No Sign Of Life", pendant lequel Fredrick slamme comme un dingue et enfin "Into Glory Ride", issu du premier album de 1991.



La lumière s'éteint mais le public reste. Le chanteur-bassiste revient, corne à la main, boit un coup et balance le reste du contenu dans la foule compacte... "One more ? One more ? Are you ready ? Death Metal... Death Metal...". Le public exulte. "Death Metal Victory sera le titre apothéotique qui concluera ce concert des plus épiques. L'osmose entre la scène et la salle est perceptible surtout quand l'auditoire reprend le refrain. Johnny joue avec lui, le séparant en deux . A gauche, on crie Death et à droite Metal. "Merci beaucoup, thank you !". Unleashed serre des pognes et s'éclipse définitivement.



La lumière revient. Le Muscadeath s'achève avec ce sentiment de pleine réussite aux vues des sourires des festivaliers et des organisateurs, à qui nous adressons nos plus chaleureuses félicitations pour cette magnifique édition. Bien sûr, nous retenons la gentillesse des bénévoles, la bienveillance des services de sécurité, le professionnalisme du stand de prévention, de très bons exposants, avec un coup de coeur pour NewSalem et évidemment, la qualité des artistes et leurs prestations marquantes. Merci à vous tous, vous avez été extraordiaires et à l'année prochaine sans faute !

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