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Formé en 1981 autour des frères Daniel et Vincent Puzio, VULCAIN s'est rapidement imposé comme l'un des porte-étendards du Hard Rock et du Heavy Metal français.
Après plusieurs démos, le groupe publie en 1984 son premier album, "Rock'n'Roll secours", disque devenu culte pour toute une génération de métalleux hexagonaux.
À l'époque, la formation réunit Daniel Puzio (Chant, Guitare), Vincent Puzio (Basse), Didier Lohezic (Guitare) et Franck Vilatte (Batterie). Dès 1985, Marc Varez remplace Vilatte derrière les fûts et accompagne le groupe sur "Desperados" et les albums suivants : "Big brothers" (1986), "Transition" (1990), "Big bang" (1992), "Vulcain" (1994) et "Stoppe la machine" (1998).
Après une première séparation à l'issue des ces albums et une reformation en 2010, VULCAIN revient avec "V8" en 2013 avant de célébrer, un an plus tard, le trentième anniversaire de son premier album en le réenregistrant intégralement.
Paru le 29 septembre 2014 chez "Desperado Records sous la forme d'un double CD regroupant la version originale de 1984 et sa relecture contemporaine, l'album met en scène le trio Daniel Puzio (chant, guitare), Vincent Puzio (basse, chœurs) et Marc Varez (batterie, chœurs).
La bête est été enregistrée par Vivien Chabin au Studio Auditorium de Saint-Ouen, mixée par Marc Varez et VULCAIN au studio La Grange 69 des Andelys, puis masterisée par Georges Moya au studio La Barnerie.
Comme la musique, la pochette d'époque à subit un beau lifting, modernisée tout en conservant l'esprit de l'illustration d'origine.
L'exercice du réenregistrement complet est souvent périlleux. Beaucoup de groupes y perdent la spontanéité de leurs débuts ou tombent dans le piège du toilettage excessif. VULCAIN évite largement cet écueil.
Dès les premières mesures, on retrouve cette urgence viscérale qui avait valu au groupe son éternelle comparaison avec Motörhead, mais avec un son infiniment plus massif et précis. La basse de Vincent Puzio rugit avec une autorité renouvelée tandis que Marc Varez apporte une assise autrement plus puissante que sur l'enregistrement originel.
L'attaque speed et directe de "Ebony" remet immédiatement les pendules à l'heure. Le morceau conserve son caractère sauvage mais gagne en impact grâce à une frappe plus lourde et à des guitares mieux articulées, et demeure l'un des hymnes les plus irrésistibles du répertoire du groupe.
Dans la foulée, continuant dans un speed endiablé, "Le King" est porté par un refrain qui n'a rien perdu de son efficacité.
Plus sombre et Hard, "Les damnés" profite du gain de profondeur sonore, là où "Pile ou face" continue d'incarner cette science du riff direct et sans détour, et bien sûr la pièce maîtresse "Rock'n'Roll secours", qui reste égale à elle même !
Trente ans après sa création, le titre respire toujours la même passion pour un Rock motorisé, brutal, instinctif et fédérateur. Même constat pour "Le fils de Lucifer", véritable hymne s'il en est, dont l'ambiance menaçante ressort davantage grâce à une production moins étriquée.
Au milieu de cette déferlante, "La digue du cul, irrévérencieuse, conserve son statut d'ovni potache, sans paraître forcée ou embarrassante malgré les décennies écoulées. Elle se voit d'ailleurs modernisée avec l'ajout de guitares et d'une batterie speed sonnante et trébuchante...
La dernière ligne droite ne baisse jamais en intensité, enchainant les hymes : "Vulcain et L'enfer" retrouvent une seconde jeunesse, tandis que "Overdose" et "Bosser" rappellent combien le groupe excellait dans l'art de composer et de condenser énergie, mélodie et agressivité en quelques minutes à peine. Rien ne semble ici dicté par la nostalgie. VULCAIN joue ces morceaux comme s'ils venaient d'être composés.
L'intérêt de "Rock'n'Roll secours 2014" réside justement dans cet équilibre rare entre respect patrimonial et puissance contemporaine. Les puristes continueront sans doute de préférer le grain brut de 1984, mais cette relecture démontre surtout la solidité exceptionnelle d'un album qui a traversé les décennies sans prendre une ride.
Plus qu'un simple produit anniversaire, c'est la preuve éclatante que les premiers classiques de VULCAIN reposaient sur des chansons suffisamment fortes pour survivre à toutes les remises à niveau techniques. Peu de groupes français peuvent en dire autant.
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