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CHRONIQUES |
13 ans, c'est le temps qu'il aura fallu à
Renaud Hantson pour toucher à nouveau au hard rock et donner un successeur au
projet Furioso sorti en 1992.
Il faut dire que dans l'intervalle, notre homme n'a guère chômé, enregistrant 7
albums solos, participant à plusieurs comédies musicales ("La légende de
Jimmy" et "Notre-Dame de Paris" entre autres) et collaborant avec
divers artistes variétés renommés (William Sheller, Michel Berger...).
Renaud, pour ce retour aux sources métalliques, s'est entouré d'une équipe
réduite à sa plus simple expression, avec Benoît Cousin aux guitares et Alfie
Manas à la basse, se chargeant lui-même de l'intégralité du chant, des claviers
et des parties de batterie.
Comme pour mieux se faire pardonner de cette longue absence dans le monde du
hard rock, ce Furious Zoo II est rempli jusqu'à la gueule et contient 18 titres.
Mais à y regarder de plus près, seules 12 compositions sont nouvelles, les 6
autres étant les titres chantés (par Renaud ou par Zouille) issus du premier
Furioso sorti à l'époque chez Food for thought records/Music for nations et
devenu indisponible depuis belle lurette.
C'est évidemment un immense plaisir que de réentendre voire, pour les novices,
de découvrir ces titres d'une autre époque, mais c'est aussi une arme à double
tranchant.
En effet, les "Magic Tokyo girl", "Don't you wanna rock" ou encore
ces "Just keep holding on" et "Get out", magnifiés par la voix de
Zouille, placent la barre très haut.
Et il faut bien l'avouer, les nouveaux titres peinent à soutenir la comparaison
avec leurs glorieux prédécesseurs, tant d'un point de vue qualitatif que d'un
point de vue sonore, la différence étant malheureusement flagrante en défaveur
des nouvelles compositions, qui ont été affublées d'un son sourd bien peu
seyant.
Pour finir d'accentuer cette différence criante, le choix a été fait de
disséminer les 6 anciens titres dans la tracklist de l'album, amenant
immanquablement l'auditeur à constater les dégâts.
Bref, pour la suite de cette chronique j'ai volontairement fait le choix de
zapper ces titres issus de "Furioso" pour mieux me recentrer sur les
nouvelles compositions.
L'album démarre sur un "What you are to me" qui propose un hard FM pêchu
où Benoît Cousin nous gratifie d'un solo impressionnant, dans la plus pure
tradition shred (on pense plus particulièrement à Steve Vai, impression qui se
confirmera en plusieurs occasions tout au long de l'album).
Ce titre s'avère d'excellente qualité mais malheureusement bien peu de morceaux
feront montre d'une telle qualité par la suite, à l'exception notable d'un "She's
a witch" lui aussi superbe ou d'un "I feel blue" somptueux, mais dans
un autre registre plus funky.
Et oui, vous avez bien lu, à plusieurs reprises sur ce CD des titres se parent
d'un côté funky, où la basse de Alfie Manas mène la danse, insufflant le groove
nécessaire. Et il faut bien avouer que ce genre d'expérimentation s'avère
largement réussi comme sur "Good friends" ou encore sur le magnifique "On
your knees", qui permettent à Benoît de démontrer tout son talent et pas
seulement en lead.
C'est d'autant plus flagrant sur ce dernier morceau où sa guitare donne
l'impression de s'emballer. Elle contribue à donner un côté malsain et une
atmosphère de folie qui colle parfaitement aux paroles de Renaud, traitant des
méfaits de la religion, faisant de ce "On your knees" l'un des titres les
plus délectables de cet opus.
Sur le reste de l'album, on trouve des titres Hard FM plus ou moins réussis
comme ce "Killing Queen" typé AOR, où le clavier prédomine et qui est
sauvé par le remarquable travail de Renaud derrière les fûts ou encore un "Believe
it or not" sympathique mais qui ne décolle jamais réellement.
Enfin, on découvre des titres plus ambiancés qui prouvent clairement que les
nouvelles compositions étaient à la base des instrumentaux.
Et si un "Love can break your heart" ou un "Everytime" arrivent,
certes avec un effort de l'auditeur, à devenir des chansons agréables, des "So
many things", des "Tell me what to do" ou des "Come with me"
s'avèrent poussifs voire même soporifiques. Et heureusement que Zouille vient
nous secouer les puces en fin d'album pour nous éviter la léthargie.
Vous l'aurez donc compris, ce deuxième effort peine à rivaliser avec l'excellent
"Furioso" sorti en 1992 et le fait d'avoir ici et là disséminé des titres
issus de cet album ne fait que renforcer ce sentiment.
Les nouvelles compositions sont nettement moins hard rock, tout au plus tend
t'on vers un Hard FM pêchu et une large place a été accordée à diverse
expérimentations plus ou moins réussies (titres funky, ambiances atmosphériques)
propres à rebuter le métalleux pur et dur qui trouvera dans les 6 compositions
de 1992, autant de bouées de sauvetage.
L'auditeur plus ouvert d'esprit réussira quant à lui à trouver son compte dans
ces nouveaux titres et saura apprécier le travail de composition et
d'interprétation de 3 musiciens de talent.
Malgré tout, c'est quand même un sentiment mitigé, voire de la déception qui
nous habite à l'issue de ces 78 minutes dont on attendait assurément mieux.
Renaud et sa bande nous doivent clairement une revanche, et on espère que le
prochain album se montrera autrement plus brillant et inspiré que ce Furious Zoo
II. |
Chronique par
Lolo36
Août 2011 |
01 - What you
are to me (3:10)
02 - Killing queen (3:45)
03 - Sex on the telephone line (4:55)
04 - Magic Tokyo girl (3:44)
05 - I feel blue (3:21)
06 - Believe it or not (2:44)
07 - Don't you wanna rock (4:28)
08 - Love can break your heart (3:39)
09 - She's a witch (3:57)
10 - So many things (3:20)
11 - On your knees (2:20)
12 - Evil lady (Satan's call) (4:50)
13 - Everytime (4:57)
14 - Tell me what to do (3:19)
15 - Come with me (3:48)
16 - Good friends (3:08)
17 - Just keep holding on (3:41)
18 - Get out (4:29) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
ICI  |
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Musiciens
: Renaud Hantson (Chant, Batterie), Benoit Cousin (Guitare), Alfie Manas (Basse) |
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