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CHRONIQUES |
Ce cinquième album de Furious Zoo, intitulé non
sobrement "Furioso V - A.O.R", ou plus précisément "Anal Oriented
Rock", se veut donc volontairement provocateur afin de retenir notre
attention, mais qu'en est-il réellement ?
Sommes-nous juste en face d'un simple coup
d'humour porté en dessous de la ceinture, avec pour titre d'album, le
détournement de l'appellation anglophone "Album Oriented Rock" ou s'agit-il
plutôt d'un véritable coup de dard en guise de piqûre de rappel, pour nous
indiquer que le leader de Satan Jokers est toujours le grand patron du heavy
rock hexagonal ? Et bien, on pourrait dores et déjà dire que c'est un peu tout
ça à la fois.
Il est en effet possible d'être fixé dès la
première écoute, rien qu'en survolant simplement l'épais contenu des 14 titres
de ce nouvel opus, déployant un gros son américain n'ayant rien à envier aux
grandes productions U.S les plus musclées.
Une mise en bouche agréablement surprenante
dont on ne peut que se réjouir, puisqu'on perçoit presque la même sorte de magie
qui se dégageait du 1er Furioso de 1992. La différence étant naturellement que
le premier d'époque, sonnait totalement 80's à contrario de cette nouvelle cuvée
2010, bien plus moderne dans le fond comme dans la forme. Décidément, Hantson
n'aura jamais fini de nous surprendre...
Quant à la petite anecdote concernant la
pochette très sexy du disque, arborant une jolie paire de fesses, il faut savoir
toutefois que cette dernière a tout de même réussi à réveiller les vieux démons
de la censure en France et a bien failli empêcher la sortie de l'album dans
presque tous les points de vente du marché puisque jugée trop dérangeante.
Phénomène assez incroyable de nos jours, vu
l'overdose omniprésente de pornographie faussement aseptisée qui nous est
infligée gratuitement à travers n'importe quel média sans exception et sans
retenue aucune. Lors de la distribution, Renaud Hantson a donc du expressément
demander une rectification sur la pochette afin de se plier à toutes les
enseignes réticentes pour garantir la sortie de son nouveau bébé. En définitive,
ne soyez pas étonné de trouver dans certaines grandes surfaces une version
estampillée d'un ridicule logo "CENSURE" sur la face avant de la pochette du
CD...vPour en revenir aux choses sérieuses, ce
nouveau projet furieux est comme à son habitude accompagné d'un nouveau line-up
de choc réétudié pour l'occasion, avec toutefois la présence de quelques invités
devenus des habitués depuis les deux précédents albums.
Joe Steinmann, vieux briscard frappeur du
groupe "Stallion" dans les 80's, passé depuis chez "Big Ben", était déjà présent
sur Furioso IV en tant qu'invité et se retrouve maintenant finalement à la
batterie sur de nombreux titres.
Nous découvrons ensuite la présence de
Philippe Kalfon, guitar hero français relativement méconnu du grand public mais
loin d'être inconnu du circuit puisqu'il n'en est pas à son premier projet, à
savoir qu'une de ses plus anciennes participations remonte à l'époque de la
bande originale du film "Subway", en collaboration avec Eric Serra, puis plus
récemment six-cordiste à plein temps au sein du groupe "NH3" ainsi que "Shakin'
Street" depuis 2009.
A la basse, le chevronné Florent Lagalice
vient remplacer l'ex jeune recrue Cédric Le Coz, qui ne renouvellera pas son
apparition contrairement à Olivier Spitzer (Stators, Satan Jokers 2009, Furious
Zoo IV) à la guitare rythmique en tant qu'invité et qui n'apparait que très
brièvement sur l'album.
Enfin, Eric Jaouën (WENERJA, MALATESTA) est
également le second et dernier invité (en tant que bassiste) mais ne sera
également présent que de manière très discrète.
Il est maintenant temps de décortiquer un
peu ce somptueux album big rock sauce américaine. Tout d'abord puissance, fun et
excellence avec "Who is Who" qui dépote littéralement notamment grâce à
un superbe refrain plein d'entrain, digne des plus grands standards de rock FM
dans le même registre que ce que nous proposait Glenn Hugues au début des années
90.
Vient ensuite le titre "Go !" qui se
laisse écouter sans problème mais qui ne cassera pas la baraque par son peu
d'originalité, ressemblant d'ailleurs fortement à un des titres les moins
importants qui aurait pu se retrouver dans un entre-deux sur Furioso IV. On
pourrait penser aussitôt qu'il en est de même pour le titre "Tied up" qui
suit juste après, puisque semblable également aux genres de titres qui
remplissent de façon musclée le précédent album, sans énorme conviction pour le
coup, mais qui parvient tout de même à offrir un petit plus grâce à un efficace
refrain qui se retient assez facilement.
Place maintenant à l'intéressant "When
the damage's done", qui remet la barre à niveau par sa composante un peu
plus chiadée, comportant une dramatiquement belle mélodie presque envoutante, de
par son atmosphère atypique assez recherchée et relativement efficace.
Sans s'attarder d'avantage et sans risquer
une seconde de tomber dans le soporifique, vient immédiatement à la suite le
titre "Insomnia", soit l'un des titres les plus pêchus et brillants de
l'album. Chouette mélodie, certes simpliste, mais parfaite dans un esprit
pop-rock ultra-efficace accompagnée d'un refrain dont on se détache
difficilement dû à son côté superbement entrainant. Nous pouvons même juger ce
morceau dores et déjà comme un standard incontournable du groupe Furious Zoo,
car qu'on le veuille ou non, "Insomnia" peut s'écouter en boucle sans
jamais lasser.
Nous avons à faire à la 1ère pépite de l'album.
C'est maintenant déjà le moment d'entamer la
2ème moitié de l'album avec "Spread your wings to fly", efficace big rock
teinté blues-rock, qui se laisse savourer sans problème, sans perdre en vitesse
un seul instant et tout en conservant l'excellent équilibre d'une parfaite
tracklist.
Pourtant déjà satisfait de 6 titres sur 12,
à notre plus grand étonnement, Renaud Hantson prend le risque de nous offrir
sans attendre une seconde pépite intitulée "Heal me". Cette ballade
mélodramatique totalement pop-rock, présentée sous forme d'hommage et de
prévention, est d'ailleurs clairement précédée d'un touchant préambule que vous
pourrez également lire si vous avez l'occasion de visionner le très beau clip de
cette chanson.
"La drogue et l'alcool affectent environ
400 millions de personnes dans le monde. Certains t'apprennent à monter dans le
train des excès mais jamais à en descendre..." "Heal me"
("Guéris-moi") est dédiée à tous ceux qui sont partis trop tôt.
Le ton est donné. La carte de l'émotion est
maintenant dévoilée et Hantson, accompagné de son équipe, nous délivre un
morceau absolument magnifique. Pour être tout à fait honnête, il est impossible
de rester insensible à ce titre évidemment à moins d'être sourd... et encore.
Les mots, les sentiments et les significations, en anglais certes, sont bien là,
et on reste tout simplement cloué. La mélodie grandiose littéralement enivrante
du début à la fin, ainsi que les instruments mêlés à la voix de Renaud Hantson
atteignent leur paroxysme facilement et ce, à plusieurs reprises.
"Heal me" est, qu'on se le dise, sans
conteste le ou l'un des meilleurs titres de toute la discographie de Furious
Zoo, et fait déjà partie des incontournables du groupe. Hantson peut se
féliciter car il aura décidément réussi à laisser plus d'une trace musicale au
travers tous ses différents projets musicaux. Encore bravo l'artiste.
Retour de nouveau sur le big rock avec "Dirty
Diva" puis "Make me believe", efficaces mais toutefois pas
indispensables, peut-être une manière de se remettre doucement de la flopée des
7 premiers titres implacables.
Arrive "Spirits" sur la piste 10,
avec d'avantage un penchant Hard FM correctement teinté 80's, étrangement tout à
fait dans l'esprit des titres qui venaient compléter le 1er Furioso de 1992.
Vague impression d'un bon petit "fond de tiroir" non exploité (ou pas).. Quoi
qu'il en soit, ce titre s'écoute facilement. En somme ce "Spirits" est un
Furioso standard toujours agréable à écouter.
Après réflexion, nous aurions pu penser, vis
à vis de la pochette du disque, qu'il manquait peut-être une touche d'humour
quelque part encore, et bien qu'à cela ne tienne, notre maestro avait déjà tout
prévu et nous gratifie immédiatement avec le morceau numéro 12 intitulé "Big
boobies", d'un bon big rock contenant des paroles exclusivement dédiées aux
gros bonnets et aux fortes poitrines !
Apparemment il s'agit avec ce titre amusant
et entrainant, d'une petite partie de rigolade entre rockers partageant la même
passion pour airbags et gros cylindres de types américains. Pour les plus
coquins ou les plus curieux d'entre vous, vous constaterez que la dernière page
du livret accompagnant le CD est blindée de nombreux noms d'actrices X célèbres
précisément pour leur tour de poitrine hors-normes. Cette anecdote est glissée à
la fin parmi tous les remerciements concernant l'album.
Blague à part, la tracklist continue de
défiler et il ne reste plus que 3 titres à découvrir. "Eye can see"
représentant la piste 12, ne nous ouvrira hélas pas les yeux sur grand chose, un
big rock potable certes, mais peut-être de trop, et qui ne retiendra pas
vraiment l'attention.
Toutefois, nous sommes aussitôt rassurés de
finir l'écoute de l'album en grande pompe avec "Locomotive breath" (très
bonne reprise de Jethro Tull), qui redémarre une dernière fois la machinerie
avec brio.
Au final l'album, se termine judicieusement
sur un somptueux slow acoustique intitulé "I'll go alone", sur lequel on
reviendra facilement car très chouette et très efficace. Une très jolie façon de
clore ce formidable opus, nous laissant une fois de plus présager d'un
excellent prochain Furious Zoo comme nous en avons maintenant l'habitude.
Un bien bel album, dont les quelques rares
points négatifs sont finalement pratiquement inexistants tant ils sont bien
dissimulés. A consommer sans modération et à collectionner autant que les
précédents. |
Chronique par
Fred Ayato
Novembre 2012 |
01 - Who is
who (3:42)
02 - Go ! (3:26)
03 - Tied up (3:09)
04 - When the damage's done (4:02)
05 - Insomnia (3:41)
06 - Spread your wings to fly (4:29)
07 - Heal me (4:11)
08 - Dirty Diva (3:15)
09 - Make me believe (3:54)
10 - Spirits (4:32)
11 - Big boobies (3:47)
12 - Eye can see (3:25)
13 - Locomotive breath (Jethro Tull) (3:21)
14 - I'll go alone (4:27) |
Paroles : Indisponibles. Ajoutez les paroles
ICI  |
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Musiciens
: Renaud Hantson (Chant/Batterie), Philippe Kalfon (Guitares), Florent Lagalice
(Basse), Joe Steinmann (Batterie) |
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